
Dans ce volet de notre dossier consacré aux liens entre BD et artistes, c’est le musée du Louvre qui est a l’honneur. Avec un récit original et décalé signé Etienne Davodeau. Quand une « croute » devient un chef d’œuvre. Ou presque. Il s’agit de percevoir la réalité comme le chien qui louche sous la grande pyramide…
Étienne Davodeau est un dessinateur français des plus connus. Il plante la mine de ses crayons dans la terre avant de dessiner les « gens » qui l’entourent. Il est né dans les Mauges, dans la douceur angevine.

Au premier abord pourtant, rien ne laisse envisager une quelconque divagation. Le livre, son format, le papier rappellent immédiatement « Les Ignorants », dernier ouvrage dans lequel le dessinateur et un viticulteur partagent leur univers respectif. En feuilletant cette nouvelle BD, le lecteur est immédiatement en terrain connu. D’ailleurs, à regarder de plus près les images, une évidence saute aux yeux : Davodeau a pris plaisir à se promener dans Paris comme dans les vignobles de Chalonnes-sur-Loire. Incidemment, l’air de ne pas y toucher, c’est une vraie balade que le dessinateur nous offre le long des quais de la Seine et dans les jardins parisiens. Avec un dessin renouvelé, il retranscrit avec force et une économie de moyens une ambiance, une atmosphère. Le ciel au-dessus de la cour carrée du Louvre a remplacé le ciel d’orage au-dessus de la Loire, mais la magie opère toujours. Dégradé, subtilité, le dessin, en s’éloignant de la couleur a gagné, en douceur, en évocation, en suggestion. Les ciels de Davodeau sont une invite à la poésie.




Au fait, j’oubliais, le scénario de la BD est simple : par amour pour son amie, un gardien du Louvre est sollicité par sa belle famille provinciale pour faire rentrer dans le célèbre musée un tableau, « Le chien qui louche » peint par un arrière grand-père. Une mystérieuse confrérie, « la République du Louvre » devra intercéder pour donner, ou non, satisfaction à ce rêve. Mais vous l’aurez compris, ce scénario, une farce précise la quatrième de couverture, n’est qu’un prétexte. L’intérêt du Livre est ailleurs.
Car finalement Étienne Davodeau n’a pas perdu la raison. Et c’est tant mieux !
Le Chien qui louche, Étienne Davodeau, Futuropolis – Musée du Louvre, 24 octobre 2013, 144 pages, 20 €
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L’art en BD : Le chien qui louche sous la pyramide d’Etienne Davodeau