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AGENDA · La Seyne-sur-Mer

Jean Gaumy et la Mer, Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer

samedi 31 octobre 2026 · Villa Tamaris · La Seyne-sur-Mer

Informations pratiques

Début
samedi 31 octobre 2026
Fin
dimanche 17 janvier 2027
Lieu
Villa Tamaris
Adresse
295 avenue de la grande maison, 83500 La Seyne-sur-Mer, France
Ville
83500 La Seyne-sur-Mer
Département
Var

Jean Gaumy et la Mer 31 octobre 2026 – 17 janvier 2027 Villa Tamaris Var

Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
Début : 2026-10-31T13:30:00+01:00 – 2026-10-31T18:30:00+01:00
Fin : 2027-01-17T13:30:00+01:00 – 2027-01-17T18:30:00+01:00

« Photographier c’est comme pêcher ou écrire. C’est sortir de l’inconnu qui résiste et refuse de venir au jour. » — Jean Gaumy

La Villa Tamaris centre d’art accueille « Jean Gaumy et la mer », une exposition conçue et produite par le Musée national de la Marine en partenariat avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), où est aujourd’hui conservé le fonds exceptionnel du photographe. Première grande exposition consacrée aux photographies maritimes de Jean Gaumy, elle célèbre une figure majeure de la photographie contemporaine — membre de l’agence Magnum Photos, de l’Académie des beaux-arts et peintre officiel de la Marine. Aux quelque 150 tirages issus des collections de la MPP, le parcours présenté à la Villa Tamaris ajoute une sélection inédite de photographies plus personnelles.
Une vie face à la mer
Né en Charente-Maritime, à Pontaillac près de Royan, Jean Gaumy a grandi entre rivières et rivages. La pêche, découverte à neuf ans, a été pour lui une école du regard avant la photographie. « C’est en pêchant, enfant, que j’ai perçu et appris le métier de photographe : s’immerger, concentrer son champ de vision, isoler un acteur dans un environnement, tenter l’approche avec le corps, trouver la juste distance avec le sujet. » Installé à Fécamp depuis 1995, il n’a cessé de sillonner les mers du monde depuis ses débuts dans les années 1970 : d’abord à l’agence Viva, puis chez Gamma sur invitation de Raymond Depardon en 1973, et enfin chez Magnum Photos en 1977.
Le rythme de l’actualité brûlante correspond peu à ce photographe qui privilégie le temps long, l’enquête lente, le huis clos. Après ses séries fondatrices sur l’hôpital (1975-1976) et la prison (1976-1979), il fait de la mer son grand atelier, de la Normandie au Groenland en passant par l’Andalousie, Long Island, la Mauritanie…
Le parcours : un inventaire poétique du monde maritime
L’exposition dévoile, à travers une pluralité de supports — tirages, albums, brochures imprimées, diapositives et négatifs —, comment Jean Gaumy saisit avec une intensité rare des thématiques aussi diverses que la pêche artisanale, la pleine mer, le traumatisme des marées noires, le huis clos des sous-marins ou l’exploration des pôles. Du reportage documentaire à une poésie plus contemplative, le « style Gaumy » se révèle au fil de salles thématiques, mêlant images emblématiques et tirages plus confidentiels présentés au public pour la première fois.
La Boucane. À Fécamp, en 1977, Jean Gaumy découvre une conserverie de poisson dont l’énergie sonore et visuelle le sidère. De cet univers qu’il pressent disparaître, il rapporte un premier reportage photographique, puis revient cinq ans plus tard avec un magnétophone à cassettes, et tourne en 1984 son premier court métrage, La Boucane, nominé aux Césars en 1986. L’atelier fermera l’année suivante. La série est un hommage à « l’intimité chaleureuse de cette communauté de femmes, faite de complicité, de coups de gueule, d’éclats de rire, de chants et de silences au labeur ».
La almadraba. En 1982, à Barbate et Zahara de los Atunes, en Andalousie, le photographe documente une pêche au thon ancestrale, antérieure à l’époque romaine. La « chambre de la mort », filet central où s’engouffrent les thons venus de l’Arctique, donne lieu à des images d’une force quasi-mythologique, prélude à la grande série Pleine mer.
Long Island. En 1983, aux États-Unis, il suit une famille de pêcheurs professionnels d’Amagansett, menacés par la pression du tourisme. Ses images participent à l’ouvrage collectif Men’s lives, publié en 1988 pour la défense de cette communauté.
Pleine mer. Hanté par le regret de n’avoir pas photographié les derniers terre-neuvas portugais, Jean Gaumy embarque en 1984 sur le chalutier Koros armé à La Rochelle, puis en 1992 et 1998 sur le Rowanlea armé à La Corogne. Malgré un mal de mer lancinant, il fixe la mémoire de ces chalutiers à pont découvert appelés à disparaître. Pleine mer, publié en 2001 aux Éditions de La Martinière sous la direction de Xavier Barral, demeure l’un des grands livres de la photographie maritime contemporaine.
De par le monde. De Saint-Pierre-et-Miquelon (1979) à la Martinique, de la Mauritanie (2004) à Fukushima (2012), les missions confiées par Magnum et la presse mènent Jean Gaumy partout où la mer parle aux hommes — et où les hommes la blessent.
Dans le huis clos des sous-marins. En 2004, la Marine nationale l’autorise à passer 300 heures à bord du sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste, lors de l’opération Red Shark entre Djibouti et la Crète. En 2006, il participe à une expédition classée Secret-défense à bord du SNA Perle — une première mondiale pour un réalisateur — dont il tire le feuilleton documentaire Sous-marin, diffusé par ARTE. En 2010, il embarque enfin sur le SNLE Le Terrible. Familier des mondes clos depuis ses séries sur la prison et l’hôpital, il y interroge la promiscuité, l’accommodation des marins et les fraternités qui s’y nouent.
L’Abeille Flandre et les marées noires. Jean Gaumy couvre le naufrage de l’Amoco Cadiz en mars 1978 — la plus grande marée noire par échouement jamais enregistrée. Il est, en décembre 1999, le seul photographe à bord de l’Abeille Flandre lors de la disparition du pétrolier Erika au large de Penmarc’h. Ces expériences traumatiques aiguisent sa conscience écologique et le conduisent vers les plateformes pétrolières (gisement Frigg en mer du Nord, 1979) puis, en 2022, vers la construction du parc éolien offshore de Fécamp, à treize kilomètres seulement de chez lui.
Jusqu’aux pôles. Entre 2008 et 2018, Jean Gaumy accompagne plusieurs expéditions internationales en Arctique : à bord du brise-glace canadien Amundsen (2008), avec la famille Brossier sur le voilier Vagabond dans les îles Ellesmere (2012), au Spitzberg (2013), au Groenland (2014, 2016) puis à Daneborg en 2018. Ses photographies, parfois contemplatives, parfois suggestives, flirtent avec l’abstraction et tendent à rendre visible l’invisible. Elles témoignent, selon ses propres mots, de « l’irrésistible accélération de la rupture qui s’opérait entre l’espèce humaine et son environnement originel ».
Cordouan. Depuis 2012, le phare de Cordouan, qui habitait l’horizon de son enfance royannaise, accueille une recherche plastique au long cours, entre mer, rivage et ciel. Cinq cents ans d’histoire, des lumières, des brumes, des transparences : une « immersion » silencieuse et majestueuse.
Une passion sans fin
Jean Gaumy n’est ni illustrateur, ni ethnologue. Son point de vue est à hauteur d’homme. Il aime saisir le monde de près, mais avec la pudeur et le retrait propres à la solitude de l’artiste. À la Villa Tamaris, le visiteur traverse cinquante ans d’images où des hommes et des femmes se confrontent aux forces de la nature, où un photographe accroché à son ciré et à son objectif n’a jamais cessé, malgré le mal de mer, de repartir.
« L’eau aura été mon échappatoire, une façon de rester fidèle à ma nature et en même temps la façon de m’affirmer, de me trouver. » — Jean Gaumy
Commissariat général : Marion Veyssière

Villa Tamaris 295 avenue de la grande maison, 83500 La Seyne-sur-Mer, France La Seyne-sur-Mer 83500 Tamaris Var Provence-Alpes-Côte d’Azur 0494068400 http://www.villatamaris.fr/ Bateau Ligne 18M, au départ du port de Toulon arrêt Tamaris prendre à gauche au ponton puis prendre l’avenue Thierry suivre le panneau : Villa Tamaris. Ligne 8M, au départ du port de la Seyne-sur-Mer arrêt Tamaris Bus N°83 arrêt Tamaris N°81 arrêt Fort Napoléon Parking Parking gratuit autour de la Villa Tamaris Places adaptés PMR à proximité
« Photographier c’est comme pêcher ou écrire. C’est sortir de l’inconnu qui résiste et refuse de venir au jour. » — Jean Gaumy

© Jean Gaumy, Pêcheur de bar rayé sur la plage, Long Island, États-Unis, 1983 © Jean Gaumy / Magnum Photos

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