Mozart le OFF 2026. À Saoû, l’esprit libre du festival entre exposition, improvisation et fête de village

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Les samedi 4 et dimanche 5 juillet 2026, Saoû accueille Mozart le OFF, aventure artistique parallèle au Festival Mozart dans la Drôme.

Dans le village du OFF, salle multi-activité, concerts gratuits, exposition, danse, repas, rencontres et formes hybrides célèbrent un Mozart fougueux, impertinent, populaire et résolument contemporain, avec notamment Paul Collins, Jacq Pochat, Adlane Aliouche, Le Fond D’La Classe, Voodoo Kane et de nombreuses propositions associées.

À Saoû, Mozart ne se tient pas seulement dans la beauté ordonnée des partitions, des archets et des salles de concert. Il déborde. Il s’échappe. Il traverse le village, gagne les marges, se frotte à l’improvisation, au dessin, à la danse, aux repas partagés, aux surprises et aux formes indisciplinées. C’est tout l’esprit de Mozart le OFF, proposé les 4 et 5 juillet 2026 en parallèle du Festival Mozart dans la Drôme.

Le principe est simple et réjouissant : laisser le champ libre à un festival plus libre, plus populaire, plus expérimental, qui ne tourne pas le dos à Mozart mais cherche au contraire à retrouver son énergie profonde. Non pas seulement le compositeur patrimonial, sanctuarisé par les concerts classiques, mais le Mozart fougueux, joueur, insolent, curieux, capable de faire dialoguer tradition et modernité, grâce et turbulence, rigueur formelle et esprit de fête.

Cette aventure artistique est portée par plusieurs forces locales et associatives : l’association PAGES, Oui On Peut, À la découverte de la forêt de Saoû, avec le soutien du Poney Fringant et de Gasoline Palace. Elle s’inscrit dans un cadre familial et joyeux, où le classique se réinvente au contact du village, des artistes invités et des publics curieux.

Un OFF pour retrouver le Mozart vivant

Le mot « OFF » dit beaucoup. Il ne désigne pas ici une périphérie secondaire, ni un simple supplément du festival principal. Il ouvre un autre espace de liberté. Là où le Festival Mozart dans la Drôme porte l’exigence du répertoire et la délicatesse de ses grands rendez-vous, Mozart le OFF propose une zone plus débridée, où l’on peut expérimenter, mélanger, improviser, manger, discuter, danser, regarder des œuvres et entendre des musiques inattendues.

Le OFF ne s’oppose donc pas à Mozart. Il le déplace. Il cherche moins la citation fidèle que l’esprit. Or l’esprit mozartien n’est pas seulement celui de la perfection. C’est aussi celui de la vitesse, du jeu, de la surprise, de l’ironie, de la sensualité, de la circulation entre les mondes. À Saoû, ce Mozart-là peut rencontrer la no-wave, les synthétiseurs, les saxophones, la danse, l’estampe, le Japon, les cuisines partagées et les formes collectives.

Cette lecture du compositeur est précieuse. Elle évite de réduire Mozart à un emblème figé. Elle rappelle qu’un festival de musique classique peut aussi ouvrir des chemins vers la création contemporaine, les pratiques amateurs, les scènes expérimentales et les rencontres de proximité. Un OFF réussi n’est pas une marge décorative. C’est un laboratoire.

Paul Collins, artiste-passeur entre image et son

L’un des rendez-vous importants de Mozart le OFF 2026 sera l’exposition Paul Collins, visible les 4 et 5 juillet à partir de 15h, au village du OFF, salle multi-activité. Né en 1955 à Toronto, Paul Collins vit en France depuis 1982, entre Paris et Saoû. Son travail mêle peinture, estampe et musique, dans une pratique où l’image et le son semblent relever d’une même recherche sur les surfaces, les rythmes, les répétitions et les accidents.

Après avoir étudié à l’Université York et à la New School of Art de Toronto, Paul Collins s’est installé à Paris, où il a développé une carrière artistique et pédagogique. Son œuvre circule entre l’estampe, l’imprimé, la peinture, les pratiques sonores et les scènes expérimentales. L’exposition de Saoû prend donc une portée particulière : elle présente dans le village même le travail d’un artiste qui y vit aussi, mais dont le parcours s’inscrit dans une histoire internationale de l’art contemporain et de la musique improvisée.

Chez Paul Collins, une surface imprimée peut se lire comme une partition visuelle. Une trame peut devenir rythme. Une répétition graphique peut évoquer une boucle sonore. Une perturbation de motif peut agir comme un frottement, un souffle, un bruit. C’est précisément cette porosité entre les médiums qui rend sa présence si juste dans Mozart le OFF. L’exposition n’est pas un simple accrochage au bord du festival. Elle en prolonge le principe : faire passer l’énergie d’une forme à une autre.

Care NotCare, l’improvisation comme envers sonore de l’exposition

Le samedi 4 juillet, Paul Collins donnera également un concert avec le saxophoniste Jacq Pochat. Sous son versant musical Care NotCare, Collins joue une musique improvisée nourrie d’un amoncellement de styles et d’énergies, entre post-rock et no-wave. Aux synthétiseurs, il dialogue avec les saxophones de Jacq Pochat, dans une matière sonore faite de tensions, de masses, de souffles et de ruptures.

Ce concert permet de comprendre l’exposition autrement. Les œuvres visuelles et la performance musicale ne relèvent pas de deux mondes séparés. Elles appartiennent à un même champ d’expérience. Dans les deux cas, il s’agit de faire surgir des formes par superposition, friction, répétition, saturation ou interruption. L’image devient presque sonore ; le son devient presque graphique.

Dans le cadre d’un festival associé à Mozart, cette présence expérimentale peut surprendre. Elle est pourtant parfaitement cohérente avec l’esprit du OFF. Elle rappelle que la musique vivante n’est pas seulement celle qui reproduit un patrimoine. Elle est aussi celle qui risque quelque chose au présent, dans l’écoute, l’accident, l’énergie du lieu et la rencontre entre artistes.

Deux jours de création, de musique et de convivialité

La programmation de Mozart le OFF ne se limite pas à Paul Collins. Elle annonce aussi Jacq Pochat, Adlane Aliouche, Le Fond D’La Classe, Voodoo Kane et de nombreuses surprises. Le samedi 4 juillet, le programme fait également apparaître Julien Beautemps, Lionel Marchetti, Yôko Higashi, Lionel Garcin, Laure Kié, Marina Saïki, Aki Ito, Jean-Philippe Lambert, Yui Sakagoshi, Camille et Matthieu Saglio, sans oublier la promesse de bonnes choses à manger.

Le dimanche 5 juillet est annoncé comme « un voyage extraordinaire entre la France et le pays du soleil levant ». Cette orientation franco-japonaise donne au OFF une couleur particulière. Elle permet de croiser musique, cuisine, danse, culture japonaise, rencontres et propositions artistiques dans un cadre ouvert, familial et joyeux.

La présence de repas, de collations et de moments conviviaux n’est pas secondaire. Elle fait partie de la philosophie du OFF. On ne vient pas seulement assister à une succession de performances. On vient habiter un moment commun, passer du concert à la table, de l’exposition à la conversation, de l’écoute à la rencontre. C’est une manière très juste d’ancrer la création contemporaine dans la vie d’un village.

Saoû, village d’accueil et scène informelle

Le choix de Saoû donne à Mozart le OFF une dimension particulière. Le village n’est pas seulement un décor. Il devient l’une des matières du festival. Sa taille, son paysage, sa proximité avec la forêt, son réseau associatif et son art de l’accueil donnent à l’événement une tonalité que l’on ne retrouverait pas dans une salle anonyme.

Le village du OFF, installé dans la salle multi-activité, concentre cette logique de proximité. On y passe, on y revient, on y regarde une exposition, on y écoute un concert, on y mange, on y croise des artistes. Cette simplicité apparente constitue une force. Elle permet de rendre accessibles des formes parfois exigeantes, expérimentales ou hybrides, sans les affadir.

À Saoû, Mozart le OFF agit ainsi comme une chambre d’écho du festival principal. Il en déplace les lignes sans les renier. Il rappelle que la musique classique gagne parfois à dialoguer avec ce qui lui ressemble le moins en apparence : l’improvisation, l’estampe, le bruit, le repas partagé, la danse, les rencontres de village, les cultures venues d’ailleurs. C’est dans ce frottement que l’esprit de Mozart redevient vivant.

Un contrepoint joyeux au Festival Mozart dans la Drôme

Mozart le OFF est à comprendre comme un contrepoint. Au sens musical du terme, il ajoute une ligne, une voix, une circulation supplémentaire. Il ne remplace pas le festival principal. Il l’accompagne, le contredit parfois, le prolonge, l’aère. Là où le programme officiel peut porter une forme de majesté classique, le OFF introduit la fantaisie, la transgression légère, la création en train de se faire.

Cette respiration est précieuse. Elle permet à un festival consacré à Mozart de ne pas devenir un mausolée. Elle donne à entendre que l’héritage classique n’est pas une clôture, mais une énergie disponible. En laissant place aux artistes, aux associations, aux cuisiniers, aux improvisateurs, aux danseurs et aux habitants, Mozart le OFF montre que la tradition peut rencontrer la modernité sans perdre son âme.

Les 4 et 5 juillet 2026, Saoû ne fera donc pas seulement place à une exposition ou à quelques concerts. Le village accueillera une manière différente de vivre Mozart : plus proche, plus libre, plus populaire, traversée par les arts visuels, les musiques improvisées, les cultures japonaises, les repas et les surprises. Un Mozart de plein air, de seuil et de frottement. Un Mozart qui sort de sa boîte dorée pour redevenir aventure.

Informations pratiques

  • Événement Mozart le OFF
  • Dates samedi 4 et dimanche 5 juillet 2026
  • Horaires annoncés à partir de 15h pour le village du OFF ; plusieurs rendez-vous durant les deux journées
  • Lieu village du OFF, salle multi-activité, 26400 Saoû
  • Ville Saoû, Drôme, Auvergne-Rhône-Alpes
  • Temps fort visuel exposition Paul Collins, samedi 4 et dimanche 5 juillet 2026
  • Temps fort musical associé concert Paul Collins / Care NotCare avec Jacq Pochat, samedi 4 juillet à partir de 17h
  • Avec notamment Paul Collins, Jacq Pochat, Adlane Aliouche, Le Fond D’La Classe, Voodoo Kane, Julien Beautemps, Lionel Marchetti, Yôko Higashi, Lionel Garcin, Laure Kié, Marina Saïki, Aki Ito, Jean-Philippe Lambert, Yui Sakagoshi, Camille et Matthieu Saglio
  • Organisation association PAGES, Oui On Peut, À la découverte de la forêt de Saoû, avec le soutien du Poney Fringant et de Gasoline Palace
  • Tarifs concerts gratuits ; collations et repas payants
  • Site programme Mozart le OFF consulter le programme
  • Fiche Office de tourisme Festival Mozart le OFF à Saoû
  • Exposition Paul Collins consulter la fiche exposition
  • Concert Paul Collins + Jacq Pochat consulter la fiche concert

Retrouvez l’agenda de Saoû