Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, Ploërmel participera à la 43e édition des Journées européennes du patrimoine. Deux thèmes sont mis à l’honneur cette année : « Patrimoine de la photographie » et « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Dans la cité morbihannaise, le second trouvera une résonance particulière autour de l’ancien couvent des Carmélites, profondément marqué par l’incendie de 2006. Exposition photographique, visites de la chapelle, de la ville close, de l’église Saint-Armel et de l’Hôtel de ville, musée numérique, conférence et cinéma permettront d’explorer un patrimoine qui ne se contente pas d’être conservé : il se relève, se restaure et se transmet.
Aux Carmélites, la mémoire de l’incendie de 2006
À partir du vendredi 18 septembre et jusqu’au 1er novembre 2026, le photographe ploërmelais Jean-François Guillon présentera sur le parvis et dans le jardin des Carmélites une série consacrée aux ruines de l’ancien couvent après l’incendie qui le ravagea dans la nuit du 1er au 2 mars 2006. L’exposition, installée en plein air, sera accessible gratuitement.

L’histoire récente du lieu donne tout son sens au thème du « patrimoine en péril ». L’incendie criminel de 2006 détruisit environ 75 % des 4 500 m² de l’ancien établissement du Sacré-Cœur. Plusieurs siècles d’histoire furent frappés en quelques heures. Longtemps resté en partie inaccessible, le site a depuis fait l’objet d’un important chantier de sauvegarde et de réhabilitation, engagé notamment après sa sélection en 2019 par la Mission Patrimoine. La restauration de la chapelle et des espaces préservés a permis leur réouverture au public en 2023.



Visites guidées de la chapelle des Carmélites
La chapelle pourra elle-même être découverte lors de trois visites guidées : le samedi 19 septembre à 10 h 30 et à 15 h, puis le dimanche 20 septembre à 15 h. L’occasion de comprendre l’histoire de cet ensemble religieux fondé au XVIIe siècle, son architecture, les conséquences de l’incendie et les choix opérés pour sa restauration.
Chapelle des Carmélites, 4 bis rue Sénéchal-Thuault à Ploërmel. Visites gratuites, sans réservation.

Ville close et église Saint-Armel : deux regards sur le cœur historique
Le samedi 19 septembre à 14 h, l’association Traces d’Histoire proposera une promenade dans l’ancienne ville close. Vestiges des remparts, tracé médiéval et demeures remarquables permettront de lire dans le paysage urbain les différentes strates de l’histoire de Ploërmel.
Parmi elles figure notamment l’hôtel Raoul de la Houlle, demeure Renaissance construite en 1610, tandis qu’en haut de la rue de la Gare subsiste un ancien porche du couvent des Carmes édifié vers 1620 : deux témoins de la richesse architecturale de la ville au début du XVIIe siècle.


À 15 h 30, les extérieurs de l’église Saint-Armel
À 15 h 30, Traces d’Histoire poursuivra le parcours devant l’église Saint-Armel. L’édifice actuel fut largement reconstruit à partir de 1511, après l’effondrement de sa tour en 1508, et le chantier se prolongea jusqu’au milieu du XVIe siècle. Son architecture témoigne ainsi de la transition entre le gothique flamboyant et les premières formes de la Renaissance en Bretagne.
Le portail nord, réalisé autour de 1530 et daté de 1533 sur l’un de ses anciens vantaux, constitue l’un des morceaux de bravoure de l’ensemble : frises sculptées, personnages, scènes religieuses ou profanes, animaux et feuillages y composent un décor d’une exceptionnelle densité. L’église Saint-Armel figure dès 1840 sur la première liste des monuments historiques classés en France.


À l’intérieur : voûtes, vitraux et tombeaux ducaux
Les visites de l’intérieur de l’église seront conduites par l’Association de sauvegarde et de valorisation du patrimoine religieux du pays d’Armel : le samedi à 10 h, 11 h, 15 h et 16 h ; le dimanche à 15 h, 15 h 30 et 16 h 30.

L’intérieur réserve plusieurs surprises. La grande nef est couverte d’une voûte lambrissée soutenue par de puissantes poutres sculptées, tandis que son plan présente une dissymétrie inhabituelle. Les verrières constituent un autre temps fort de la visite : plusieurs remontent aux XVe et XVIe siècles et côtoient des créations ou restaurations plus récentes.
Un vitrail en huit tableaux raconte la vie de saint Armel, patron de la ville. L’Arbre de Jessé déploie quant à lui la généalogie du Christ. Plusieurs verrières anciennes, endommagées notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été restaurées au cours du XXe siècle. L’église conserve également les tombeaux des ducs Jean II et Jean III de Bretagne, rappelant la place occupée par Ploërmel dans l’histoire du duché.


Le dimanche 20 septembre, l’orgue pourra également être découvert lors de visites spécifiques conduites par un élu. Elles se feront sur inscription, le nombre de places étant limité.

L’Hôtel de ville ouvre ses portes
L’Hôtel de ville de Ploërmel se visitera le samedi à 9 h 30, 14 h 30 et 17 h, puis le dimanche à 11 h, 14 h et 16 h. Les élus feront découvrir l’histoire du bâtiment autant que son fonctionnement actuel. Les visites sont proposées sur réservation, avec un nombre de places limité.
La mairie de Ploërmel a beaucoup voyagé avant de s’établir à son emplacement actuel. Au fil des siècles, les services municipaux ont notamment occupé des locaux dans le quartier des Carmes, près de la place d’Armes puis dans l’ancien couvent des Ursulines. Au XIXe siècle, la nécessité de disposer d’un édifice spécifiquement adapté aux fonctions municipales finit par s’imposer.
Le projet du nouvel Hôtel de ville prend forme dans les années 1880. L’entreprise Jabaud réalise le gros œuvre et 1887, date encore visible sur le fronton, marque la construction du bâtiment actuel. Les travaux s’achèvent à la fin de la décennie, la réception définitive intervenant en 1889. L’édifice raconte ainsi à sa manière le développement administratif et urbain de Ploërmel à la fin du XIXe siècle.

La Bretagne en plus de 300 œuvres à la Micro-Folie
Le Musée numérique de la Micro-Folie sera accessible le samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h, puis le dimanche de 14 h à 18 h. Grâce à plus de 300 œuvres et objets issus de collections bretonnes, le dispositif invitera à parcourir autrement le patrimoine matériel et immatériel de la région.
Peintures, objets, monuments, traditions et documents peuvent ainsi être observés, agrandis et contextualisés sur écran. Une manière complémentaire de visiter le patrimoine : non plus seulement en franchissant la porte d’un monument, mais en réunissant virtuellement des collections habituellement dispersées sur le territoire.

À la Médiathèque Mystringue : comment restaurer les livres anciens ?
Le samedi à 16 h, la Médiathèque Mystringue accueillera Léa Da Silva pour une conférence consacrée à la restauration des livres anciens. Elle présentera le métier de restauratrice, les premiers gestes permettant de conserver un ouvrage fragilisé, les différents types d’intervention mais aussi la déontologie qui encadre une discipline où restaurer ne signifie jamais refaire à neuf.
La rencontre permettra ainsi d’aborder une autre forme de « patrimoine en péril », plus discrète que celle des monuments incendiés ou menacés : celle du papier, des reliures et des ouvrages que le temps, l’humidité, les manipulations ou de mauvaises conditions de conservation peuvent progressivement faire disparaître.

Au Cinélac, le patrimoine passe aussi par l’écran
Le cinéma Cinélac prolongera les Journées européennes du patrimoine du vendredi 18 au dimanche 20 septembre avec une programmation Théma consacrée au patrimoine, à sa préservation et à sa transmission.
Au cœur d’une restauration conduira les spectateurs sur un chantier de restauration et donnera à voir les gestes, les choix et les contraintes qui permettent de sauver un édifice ou une œuvre.
Histoires de Breizh proposera une plongée dans l’histoire et la culture bretonnes et replacera ainsi le patrimoine régional dans une mémoire collective plus large.
Enfin, La Belle et la Bête de Jean Cocteau, réalisé en 1946 avec Jean Marais et Josette Day, rappellera que le patrimoine est aussi cinématographique. Par ses décors, ses trucages artisanaux et son imaginaire visuel, ce classique du cinéma français demeure lui-même un objet de transmission entre les générations.
Les horaires des différentes séances sont à consulter auprès du Cinélac.









