Du 11 juillet au 30 août 2026, l’Espace culturel Les Coureaux de Larmor-Plage accueille la cinquième édition de The Mosaic Experience. Cette biennale internationale réunit 58 œuvres de 40 artistes français et étrangers. Verre, pierre, métal, bois, plastique ou coquillages : la mosaïque y apparaît moins comme un art décoratif hérité du passé que comme un langage plastique pleinement contemporain.
Il suffit parfois de déplacer le regard. Longtemps associée aux pavements antiques, aux ors byzantins ou aux ornements architecturaux, la mosaïque s’est largement affranchie du décor et de la représentation. Elle investit désormais le tableau, le volume, l’installation et la sculpture, exploite la matière autant que l’image et fait de la fragmentation elle-même un principe de création.
C’est cette évolution que veut rendre perceptible The Mosaic Experience #5, présentée cet été à l’Espace culturel Les Coureaux de Larmor-Plage. Après des éditions organisées à la chapelle du Saint-Esprit d’Auray et à l’église Saint-Joseph de Pontivy, la biennale créée en 2018 s’installe pour la première fois dans la commune morbihannaise.
Quarante artistes et autant de manières d’assembler le monde
L’exposition rassemble 58 œuvres réalisées par 40 artistes, venus de France, mais aussi d’Angleterre, de Belgique, du Canada et des États-Unis. Cette diversité géographique s’accompagne d’une grande variété de formes, de dimensions et de matériaux.
Les tesselles traditionnelles de pierre et de verre demeurent présentes, mais elles côtoient désormais le métal, le plastique, le bois, le cuir, l’os ou encore les coquillages. Le matériau n’est plus seulement découpé puis assemblé pour reproduire une image : il produit son propre relief, accroche la lumière, crée des aspérités et impose une présence physique.
Les œuvres reproduites dans le dossier de l’exposition donnent un premier aperçu de cette pluralité. Dans Touch d’Elena Kirillova, les fragments blancs, bleus et métalliques composent une surface presque éruptive. Gisèle et l’unité des femmesde Valérie Brownell organise autour d’un noyau bleu une circulation de lignes, de cercles et de matières. Avec The Shadow of the Labyrinth, Ivan Djidjev construit au contraire un disque doré, dense et sinueux, dont les minuscules éléments semblent former une cartographie mouvante.
La mosaïque contemporaine se révèle ainsi moins par une esthétique commune que par une manière particulière de penser la forme : juxtaposer sans effacer les différences, faire surgir une unité à partir de fragments et transformer la discontinuité en rythme.

Un art de la matière, du relief et de la lumière
Le propos de la biennale consiste notamment à sortir la mosaïque de la catégorie réductrice des arts décoratifs. Si ses outils fondamentaux — la marteline et le tranchet — perpétuent des gestes anciens, les artistes contemporains ne travaillent plus nécessairement sous l’autorité d’un dessin conçu par un peintre ou un architecte. Ils définissent leurs propres écritures, choisissent leurs matériaux et explorent aussi bien l’abstraction que le paysage, le corps, la mémoire ou les formes organiques.
Cette émancipation modifie profondément la relation à l’œuvre. Une mosaïque ne se livre pas seulement de face. Elle demande que l’on s’approche, que l’on observe l’irrégularité des fragments, les intervalles, les inclinaisons et les changements de lumière. Vue à distance, elle peut former une figure continue ; examinée de près, elle redevient une constellation de pierres, de verres et d’objets autonomes.
Le titre même de la manifestation, The Mosaic Experience, insiste sur cette dimension sensible. Il ne s’agit pas uniquement de contempler une image achevée, mais d’éprouver la tension entre l’ensemble et ses composants, entre la solidité des matériaux et la mobilité du regard.

Martine Blanchard, une commissaire également mosaïste
Le commissariat de cette cinquième édition a été confié à Martine Blanchard, fondatrice de la biennale. Formée aux Beaux-Arts de Rennes et en histoire de l’art à l’université Rennes 2, l’artiste plasticienne se consacre à la mosaïque contemporaine depuis vingt-sept ans.
Son parcours associe création, transmission et interventions dans le champ psychosocial. Elle a notamment dirigé des ateliers d’expression artistique à visée thérapeutique au sein de différentes institutions, tout en réalisant des œuvres destinées à des espaces publics ou privés et en participant à des expositions en France comme à l’étranger.
À travers The Mosaic Experience, elle défend une conception de la mosaïque fondée sur l’expression personnelle des artistes plutôt que sur la seule virtuosité technique. La sélection ne cherche donc pas à illustrer une école ou une tendance unique, mais à montrer comment un art très ancien peut accueillir des recherches formelles, narratives et matérielles contemporaines.
Une conférence, des visites et des stages
L’exposition sera accompagnée d’une conférence intitulée Histoire de la mosaïque de l’Antiquité à nos jours, donnée le samedi 11 juillet par Emma Simon, historienne de l’art et maître mosaïste. Cette rencontre reviendra sur les transformations successives d’une pratique née dans l’Antiquité, devenue art monumental et sacré avant d’être réinvestie par les artistes modernes et contemporains.
Des visites guidées sont également prévues avec Martine Blanchard et la plasticienne Stéphanie Gontard. Elles permettront d’observer plus précisément les matériaux, les méthodes d’assemblage et les choix plastiques des artistes exposés.
Deux stages de trois jours seront par ailleurs organisés dans l’atelier de Martine Blanchard, à Saint-Goustan, du 20 au 22 juillet puis du 10 au 12 août 2026. Destinés aux personnes âgées d’au moins 16 ans, ils proposeront une initiation ou un approfondissement de la pratique, avec une attention particulière portée à la recherche d’une expression personnelle.
À Larmor-Plage, cette cinquième édition invite ainsi à regarder la mosaïque non comme la survivance immobile d’un art ancien, mais comme une pratique du présent. Un art de la coupe et de la liaison, de la matière et de l’intervalle, capable de faire d’une multitude de fragments une forme qui ne dissimule jamais tout à fait ses fractures.
Informations pratiques
The Mosaic Experience #5 — Biennale internationale de mosaïque contemporaine
Du samedi 11 juillet au dimanche 30 août 2026
Espace culturel Les Coureaux, place Notre-Dame, Larmor-Plage
Du mardi au dimanche, de 10h30 à 13h et de 16h à 19h
Entrée gratuite
Vernissage : vendredi 10 juillet 2026 à 18h30.
Conférence : samedi 11 juillet, salle des Algues Belle-Isle. Durée : 45 minutes. Entrée gratuite, sans réservation.
Visites guidées : le dossier annonce les 11 et 29 juillet ainsi que le 19 août, à 16h et 17h30. La mention « mercredi 11 juillet » comporte toutefois une discordance, le 11 juillet 2026 étant un samedi ; cette première date mérite donc confirmation auprès du service culturel.








