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UNIDIVERSLE MÉDIAVERS CULTUREL
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Joan Miró à Perpignan : l’art de ne pas vieillir dans son propre style

Que peut encore inventer un artiste lorsque son langage est devenu reconnaissable entre tous ? À partir de son installation à Majorque en 1956, Joan Miró ne cherche pas à parfaire son style, mais à s’en libérer. Il a 63 ans, peint peu, détruit certaines œuvres, se tourne vers la terre, le feu, le bronze, le textile et l’accident, avant de revenir à la toile avec une radicalité nouvelle. L’exposition du musée d’art Hyacinthe Rigaud révèle ainsi moins la paisible maturité d’un maître que l’une des aventures les plus singulières de l’art moderne : la transformation de la vieillesse en force d’avant-garde.

Un trait noir, une étoile, un œil, un oiseau, une tache rouge ou bleue : peu d’artistes du XXe siècle sont aussi immédiatement reconnaissables que Joan Miró. Cette reconnaissance constitue sa victoire. Elle devient aussi son principal danger.

À force d’être reproduit sur des affiches, des couvertures, des objets et des produits dérivés, son langage paraît parfois aller de soi. Miró serait le peintre d’une enfance retrouvée, d’un cosmos joyeux et d’une Méditerranée traversée de signes élémentaires. L’évidence de son vocabulaire risque alors de faire oublier la violence du travail qui l’a produit.

L’exposition Joan Miró. Majorque, l’atelier des rêves, présentée du 27 juin au 31 décembre 2026 au musée d’art Hyacinthe Rigaud de Perpignan, permet précisément de défaire cette image trop aimable. Elle montre un artiste qui, après avoir inventé une langue immédiatement identifiable, consacre la dernière partie de sa vie à empêcher cette langue de se transformer en formule.

L’enjeu n’est donc pas seulement de comprendre comment Miró est devenu Miró. Il est de découvrir comment Miró a continué à créer après être devenu célèbre, consacré et reconnaissable entre tous.

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Dimensions : 2048 × 1370 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Sans titre, 28 mai 1972, huile sur toile, acrylique, craie, fusain, 130 × 195 cm. Majorque, Fondation Pilar et Joan Miró. © Successió Miró, 2026/Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca/ADAGP 2026.

Le piège de devenir Miró

La plupart des récits consacrés aux artistes suivent une progression familière : les années de formation, la découverte d’un style, la maturité, puis l’accomplissement. La vieillesse y apparaît comme le moment de la synthèse, de l’épuration ou, plus cruellement, de la répétition.

Miró déjoue cette chronologie. À Majorque, il ne se contente pas d’approfondir ce qu’il sait déjà faire. Il soumet son propre langage à une nouvelle épreuve.

Lorsqu’il s’installe définitivement sur l’île en 1956, il a 63 ans. Il est reconnu internationalement. Ses constellations, ses femmes, ses oiseaux et ses étoiles appartiennent déjà à l’histoire de l’art moderne. Il pourrait poursuivre ce vocabulaire et produire indéfiniment des œuvres immédiatement attribuables.

Or Miró se méfie de tout ce qui se stabilise. Dès qu’une forme menace de devenir un signe de reconnaissance automatique, il la déplace, la raréfie, l’agrandit ou l’abîme. Il ne renonce pas à son alphabet, mais cherche à lui rendre son étrangeté.

C’est peut-être là que commence sa dernière avant-garde : non plus dans la conquête d’un langage inédit, mais dans le refus d’habiter confortablement celui qu’il a lui-même créé.

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Dimensions : 2048 × 1367 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Sans titre, 3 juillet 1968-28 mai 1972, huile sur toile, acrylique, craie, fusain, 130 × 195 cm. Majorque, Fondation Pilar et Joan Miró. © Successió Miró, 2026/Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca/ADAGP 2026.

Majorque, l’atelier du désapprentissage

Le titre de l’exposition, L’atelier des rêves, évoque naturellement la lumière, la solitude et la liberté méditerranéennes. Majorque n’est pourtant pas, pour Miró, un simple refuge insulaire. L’île devient le lieu d’une crise, puis d’une reconstruction.

Son ami, l’architecte catalan Josep Lluís Sert, y conçoit un vaste atelier achevé en 1956. Miró dispose également de la maison de Son Boter, dont les murs sont progressivement couverts de dessins et de traces. Pour la première fois, il peut déployer simultanément plusieurs grandes toiles, passer de l’une à l’autre et les laisser agir entre elles.

Cet espace dont il rêvait depuis les années 1930 ne provoque pourtant aucune libération immédiate. Pendant plusieurs années, Miró peint peu. Il se consacre davantage à la céramique et à l’estampe, réexamine les œuvres accumulées, en reprend certaines et en détruit d’autres. Ce n’est qu’à la fin de 1959 qu’il revient pleinement à la peinture.

L’atelier majorquin n’est donc pas seulement un lieu d’inspiration. Il fonctionne comme un instrument de désapprentissage. Son ampleur oblige Miró à regarder autrement ce qu’il a déjà accompli. Les œuvres ne sont plus isolées sur un chevalet : elles composent un environnement, se confrontent, se contredisent et se relancent. Majorque devient moins la page blanche d’un nouvel alphabet que le lieu où l’ancien vocabulaire est remis en circulation.

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Dimensions : 1519 × 2047 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Bon à tirer pour « Fundació Palma I », 1978, encre de chine, gouache, pastel, eau-forte et aquatinte sur papier, 71 × 53 cm. Majorque, Fondation Pilar et Joan Miró. © Successió Miró, 2026/Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca/ADAGP, Paris 2026.

Vieillir sans devenir son propre conservateur

Cette dimension donne à l’exposition sa véritable singularité. Miró ne se comporte pas comme le gardien de son héritage. Il accepte de fragiliser ce qui a fondé sa reconnaissance.

La vieillesse artistique ne prend pas chez lui la forme d’un retrait. Elle devient une intensification. Miró simplifie, mais cette simplification n’est pas un apaisement. Elle concentre les tensions. Les lignes s’épaississent, les figures se raréfient, les couleurs s’étendent, les blancs deviennent plus actifs.

Dans ses œuvres tardives, un seul geste noir peut occuper presque tout l’espace. Une coulure, une tache ou une craquelure acquiert autant d’importance qu’une forme volontairement dessinée. Le vide n’est pas un espace abandonné : il devient une force qui résiste au signe.

Miró ne vieillit donc pas en perfectionnant sa grammaire. Il vieillit en travaillant à la rendre de nouveau instable.

Cette démarche permet de regarder autrement les grandes toiles des années 1970. Elles ne sont pas seulement les œuvres dépouillées d’un maître parvenu à l’essentiel. Elles sont celles d’un artiste qui continue à rechercher une forme qu’il ne connaît pas encore.

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Dimensions : 2048 × 1363 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Oiseau solaire, 1966-1997, bronze, 120 × 180 × 102 cm. Paris, Galerie Lelong. © Successió Miró, 2026/Courtesy Galerie Lelong/ADAGP 2026.

La terre et le feu contre la maîtrise

La céramique joue un rôle déterminant dans cette transformation. Dès 1944, Miró travaille avec le céramiste catalan Josep Llorens Artigas. Ensemble, ils explorent les ressources de la terre, des glaçures et de la cuisson.

Ce changement de médium engage bien davantage qu’une diversification technique. Sur une toile, le peintre peut encore croire qu’il maîtrise presque entièrement ce qu’il produit. Dans le four, la matière réagit. La couleur se modifie, l’émail coule, la surface craquelle, le feu transforme les intentions.

Miró doit accepter qu’une partie de l’œuvre lui échappe.

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Dimensions : 1365 × 2048 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró, Josep Llorens Artigas (1892-1980). Vase, grès, 1941, 30 × 25 cm. Paris, Larock Collection. © Successió Miró, 2026/Musée d’art Hyacinthe Rigaud/P. Marchesan/ADAGP 2026.

Sur ce vase de 1941, la surface courbe agit directement sur le dessin. Les formes ne sont plus disposées dans un cadre stable. Elles tournent autour de l’objet, se déforment et apparaissent successivement à mesure que le spectateur se déplace.

L’œuvre ne peut plus être embrassée d’un seul regard. Elle oblige à tourner autour d’elle. Le vocabulaire de Miró quitte la frontalité du tableau et rencontre la résistance du volume.

Cette expérience du feu et de l’accident prépare une transformation plus générale de sa pratique. L’artiste ne renonce pas à décider, mais il cesse de considérer la maîtrise totale comme la condition de l’œuvre.

Du tableau à l’objet trouvé

La sculpture prolonge cette ouverture. Miró assemble des objets ordinaires, des fragments de bois, des outils, des pierres et des éléments récupérés. Une forme trouvée dans le monde peut devenir un corps, un bec, une tête ou une excroissance sexuelle.

Ces objets ne sont pas entièrement absorbés par l’œuvre. Ils conservent quelque chose de leur fonction antérieure et introduisent une résistance matérielle dans l’imaginaire de l’artiste.

L’exposition présente notamment Personnage et oiseau, réalisé en 1968, ainsi qu’une épreuve de L’Oiseau solaire, dont la forme initiale remonte à 1946. Cette sculpture évoque aussi bien un animal, un signe héraldique, un jouet populaire qu’un objet rituel.

Miró se tourne également vers le textile avec les Sobreteixims. Il utilise des sacs de jute, de la laine et du feutre, qu’il coud, peint, tache, brûle ou rapièce. Le support n’est plus un espace vierge : il possède déjà une texture, une histoire et parfois une blessure. Peindre revient alors moins à recouvrir une surface qu’à négocier avec elle.

Du signe reconnaissable à la force inconnue

Le parcours permet aussi de suivre la naissance du vocabulaire qui a rendu Miró célèbre. Les paysages catalans, les animaux, les femmes, les étoiles et les figures paysannes se transforment progressivement en signes.

Dans les années parisiennes, au contact des poètes et des artistes surréalistes, Miró ne cherche plus à reproduire fidèlement le monde visible. Il contracte les corps et les objets jusqu’à en dégager une énergie graphique.

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Dimensions : 1199 × 1514 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Femme, oiseaux et une étoile, édition Maeght, lithographie d’après la peinture conservée à New York (Metropolitan Museum of Art, 1949), 64,5 × 47 cm. Perpignan, musée d’art Hyacinthe Rigaud. © Successió Miró, 2026/Musée d’art Hyacinthe Rigaud/ADAGP 2026.

Dans Femme, oiseaux et une étoile, les figures ne sont pas disposées dans un espace qui leur préexisterait. Ce sont leurs lignes, leurs trajectoires et leurs relations qui construisent cet espace. Un œil peut devenir un astre, un oiseau se confondre avec un sexe ou une flamme, une femme se déployer comme un paysage. Ce langage est immédiatement identifiable. Mais l’exposition montre que Miró ne cesse d’en modifier l’intensité.

Dans les dernières œuvres, les signes perdent parfois leur contour familier. Ils deviennent des masses, des gestes ou des collisions de matière. Ce qui était une étoile peut n’être plus qu’une ponctuation noire. Ce qui ressemblait à un personnage devient une présence sans nom. Miró ne détruit pas son alphabet. Il l’empêche de devenir lisible trop vite.

La tache comme événement

Les grandes toiles réalisées entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 constituent le point culminant de cette évolution.

Miró travaille alors sur des formats qui sollicitent davantage le corps. Il peint parfois au sol, laisse agir les coulures, les projections, les empreintes et les craquelures. Ses voyages aux États-Unis l’ont confronté à l’action painting ; ses séjours au Japon, en 1966 et 1969, ont approfondi son intérêt pour la calligraphie et le noir.

Il ne s’agit pourtant ni d’imiter Jackson Pollock ni de reproduire une esthétique japonaise. Miró incorpore ces expériences à une recherche beaucoup plus ancienne : faire du geste non la représentation d’une chose, mais un événement en lui-même. Dans les deux grandes toiles de 1972 présentées à Perpignan, le fond blanc est travaillé par des craquelures, des traces et des coulures. De vastes formes noires s’y déploient comme des corps, des architectures ou des caractères impossibles à déchiffrer.

L’âge n’entraîne ici aucun effacement du corps. Il modifie son engagement. La précision descriptive cède la place à l’amplitude, à la vitesse, à la concentration et à l’acceptation du hasard. La vieillesse de Miró n’est donc pas celle d’une main qui tremblerait devant les œuvres du passé. Elle est celle d’un corps qui invente d’autres manières d’agir.

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Dimensions : 1498 × 2048 px — résolution déclarée : (72, 72)
Joan Miró. Bon à tirer pour « Fundació Palma II », 1978, encre de chine, gouache, pastel, eau-forte et aquatinte sur papier, 71 × 53 cm. Majorque, Fondation Pilar et Joan Miró. © Successió Miró, 2026/Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca/ADAGP 2026.

Préparer sa postérité sans construire son mausolée

Miró ne se désintéresse pas pour autant de la conservation de son œuvre. Avec son épouse Pilar Juncosa, il prépare la création d’une fondation à Majorque. En 1981, la donation des ateliers et d’un ensemble important d’œuvres est officiellement actée.

Cette volonté pourrait sembler contradictoire avec son désir de transformation permanente. Comment préserver une œuvre fondée sur le déplacement sans la figer ? Comment conserver un atelier sans le transformer en sanctuaire ?

Miró imagine précisément sa fondation comme un centre d’art vivant, ouvert à d’autres disciplines et à d’autres artistes. Il ne transmet pas seulement un fonds d’œuvres. Il transmet des espaces, des outils et des conditions de création.

Cette conception éclaire l’exposition complémentaire consacrée aux photographies d’Antoine Schneck, présentée jusqu’au 6 septembre 2026 dans la galerie Lazerme du musée. Pierre Soulages, Julio Le Parc ou Claude Viallat y apparaissent au sein de leurs ateliers, comme si le lieu de travail constituait lui aussi un portrait de l’artiste.

L’atelier n’est plus seulement l’endroit où les œuvres sont fabriquées. Il devient une partie de leur pensée.

Le rêve, ou la discipline de la rupture

L’exposition réunit près d’une centaine de peintures, sculptures, céramiques, dessins, gravures, lithographies et objets sur environ 400 m². Elle repose notamment sur un partenariat avec la Fondation Pilar et Joan Miró de Majorque, principal prêteur, établi dans le cadre du jumelage entre Perpignan et Palma officialisé en 2024.

Le parcours ne constitue pas une rétrospective exhaustive réunissant tous les chefs-d’œuvre attendus. Sa force réside ailleurs : dans les passages entre les médiums, les œuvres préparatoires, les objets d’atelier et les transformations d’une méthode. Il montre moins un style arrivé à son accomplissement qu’un artiste occupé à empêcher cet accomplissement de devenir une clôture.

Le titre L’atelier des rêves pourrait laisser attendre une exposition douce, lumineuse et méditerranéenne. Cette dimension existe. Mais le rêve, chez Miró, n’est pas un refuge hors du réel. Il est une manière de désorganiser ce qui semblait acquis. Majorque ne lui offre pas simplement la paix nécessaire pour achever son œuvre. Elle lui donne l’espace requis pour la remettre en question.

À Perpignan, Miró contre Miró

Le musée Hyacinthe Rigaud poursuit avec cette exposition un cycle consacré aux circulations artistiques entre la France, la Catalogne et la Méditerranée. Après Maillol-Picasso en 2025, une exposition dédiée à Salvador Dalí est annoncée pour 2027. Joan Miró constitue toutefois un cas particulier. Son œuvre est profondément enracinée dans la culture catalane et majorquine, mais elle ne cesse d’échapper aux identités closes. L’artiste voulait être, selon sa propre formule, un « Catalan international ».

Cette ambition pourrait également définir son rapport à l’âge. Miró accepte d’avoir une histoire, des racines et un vocabulaire. Mais il refuse d’y être assigné À 63 ans, il ne cherche pas à couronner sa carrière. Il recommence. À 70 ans et au-delà, il continue de travailler contre la facilité de ses propres signes. La vieillesse n’est pas pour lui le temps où l’artiste recueille les fruits de son œuvre : elle devient celui où il remet en danger ce qu’il croyait savoir. L’exposition de Perpignan raconte ainsi une aventure plus rare que l’invention d’un style : la capacité de ne jamais devenir le gardien de sa propre formule.

Miró n’aura peut-être jamais cessé de peindre contre Miró.

Joan Miró à Perpignan : informations pratiques

Joan Miró. Majorque, l’atelier des rêves
Du 27 juin au 31 décembre 2026
Musée d’art Hyacinthe Rigaud
21, rue Mailly, 66000 Perpignan

Du 1er juin au 30 septembre, le musée est ouvert tous les jours de 10 h 30 à 19 h. Du 1er octobre au 31 décembre, il est ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 17 h 30. Fermeture le 25 décembre.

Tarif plein pendant l’exposition temporaire : 11 €.
Tarif réduit : 9 €.
Un catalogue de 200 pages, publié par Silvana Editoriale, accompagne l’exposition.

Plus d’informations sur le site du musée d’art Hyacinthe Rigaud

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L’auteur

Cyrielle d’Alexandrie

Je suis contre les hommes, tout contre eux. Et j'aime la compagnie des femmes à lunettes qui récitent des vers de Sappho en buvant du Meursault allongées dans le sable tiède.