Les Méridiennes 2026. À Tours, quatre jours pour voyager dans les musiques rares

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Les Méridiennes Tours
Les Méridiennes Tours

Du jeudi 2 au dimanche 5 juillet 2026, le festival Les Méridiennes revient à Tours, entre la place de Châteauneuf, l’Espace musical et vocal Ockeghem et la Tour Charlemagne.

Fidèle à son esprit curieux, convivial et exigeant, le rendez-vous propose des concerts courts, des répertoires rares, des musiques du monde, des ateliers chant, des cafés-siestes et de nombreux artistes capables de faire voyager l’écoute en quelques minutes.

Les Méridiennes appartiennent à cette famille précieuse de festivals qui ne cherchent pas à remplir l’été avec de grandes affiches tapageuses, mais à ouvrir des fenêtres. À Tours, au cœur du vieux quartier de Châteauneuf, le festival défend depuis plusieurs années une formule singulière : des concerts courts, souvent d’une grande densité, qui permettent de passer d’un monde sonore à un autre sans hiérarchie, sans intimidation, avec le plaisir de la découverte comme principe directeur.

Du 2 au 5 juillet 2026, l’édition 2026 reprend cette grammaire légère et savante. La place de Châteauneuf, l’Espace musical et vocal Ockeghem et la Tour Charlemagne deviennent les trois pôles d’un itinéraire musical où l’on croise la Renaissance anglaise, les chansons de toile du XIIIe siècle, la chanson française, les musiques d’Argentine, les souffles du monde, les croisements entre Finlande et Inde, les lectures musicales et des ateliers de chant accessibles aux familles.

L’identité des Méridiennes repose sur une promesse simple : rendre l’excellence musicale accueillante. Le festival parle aux oreilles curieuses, aux mélomanes, aux promeneurs, aux familles, aux amateurs de répertoires anciens, aux amoureux des musiques du monde, mais aussi à celles et ceux qui veulent simplement être surpris. Ici, l’exigence ne se présente pas comme un mur. Elle devient une invitation.

Un festival de format court, pensé pour la découverte

La singularité des Méridiennes tient d’abord à son format. Les concerts se succèdent à différents moments de la journée, souvent à 12h30, 17h, 19h ou 21h, dans la salle ou la cour Ockeghem. Cette organisation permet de composer son propre parcours, de venir pour un rendez-vous, d’enchaîner plusieurs propositions, ou de se laisser happer par un univers musical que l’on ne connaissait pas.

Le festival revendique une forme d’atypie. Il ne se contente pas de programmer des artistes. Il invente une manière d’écouter. La durée resserrée des concerts favorise l’attention, la disponibilité, l’intensité. Elle évite la solennité excessive et permet à des répertoires parfois peu familiers d’entrer dans l’oreille sans pesanteur. En trente ou quarante minutes, on peut découvrir un consort de violes, un ensemble médiéval, un duo voix-piano, une formation argentine ou un projet entre Inde et Finlande. C’est peu, et c’est beaucoup. Juste assez pour changer de monde.

Cette formule donne aussi au festival une dimension très tourangelle. Les Méridiennes ne cherchent pas à s’extraire de la ville. Elles se glissent dans un quartier, dans une place, dans une salle, dans une cour, dans une tour. Elles installent l’écoute au milieu de l’été, au moment où l’on ralentit, où l’on cherche l’ombre, où l’on accepte plus facilement d’être dérouté.

Jeudi 2 juillet, une ouverture place de Châteauneuf

L’ouverture du festival aura lieu le jeudi 2 juillet à 18h, place de Châteauneuf, avec The Sparkling Duo et la Compagnie À Fleur d’Airs. Ce premier rendez-vous installe d’emblée l’esprit des Méridiennes : une musique offerte au cœur de la ville, dans un espace public vivant, avant l’entrée dans les concerts de la salle et de la cour Ockeghem.

Le choix d’une ouverture en plein air est important. Il rappelle que le festival ne s’adresse pas seulement à un public déjà conquis. Il cherche aussi le passant, l’habitant du quartier, le curieux qui traverse la place, l’enfant attiré par un son, le visiteur qui découvre Tours autrement. Les Méridiennes ont cette élégance particulière : elles font de la musique rare un geste d’accueil.

Dès le jeudi, les cafés-siestes commencent également à l’Espace Ockeghem, à 14h et 15h30. Le principe est aussi simple que séduisant : s’installer dans un transat, fermer les yeux, ouvrir les oreilles et se laisser surprendre par de beaux textes sur la musique, lus par Mireille Nicault, Pascale Gruer, Sandra Dedieu et Frédéric Darbon. Cette proposition donne au festival une dimension d’écoute élargie, où la parole devient elle aussi musique.

Vendredi 3 juillet, de la Renaissance anglaise aux chants d’Argentine

Le vendredi 3 juillet commence à 12h30, salle Ockeghem, avec Crystal Tears par le Consort Plume. Quatre violistes tourangeaux, Benjamin Garnier, Lucas Peres, Flore Seube et Mathilde Vialle, proposent une plongée dans la Renaissance anglaise, autour de Dowland, Ferrabosco, Locke ou Purcell. Le son du consort de violes, à la fois profond, doux, légèrement ombré, convient parfaitement à l’esprit des Méridiennes : une musique ancienne qui ne demande pas l’érudition du public, mais son abandon.

À 17h, la salle Ockeghem accueillera une création mondiale du compositeur tourangeau Thierry Machuel, Pour nous toujours, un paysage brûle…, par le Quatuor Thalia et le Quatuor Wassily. L’œuvre, inspirée par un poème de Tôge Sankichi écrit au lendemain d’Hiroshima, rapproche la mémoire de la catastrophe nucléaire et l’urgence climatique actuelle. La musique spatialisée pour huit musiciens donne à ce rendez-vous une dimension plus grave, plus contemporaine, presque civique. Au milieu d’un festival volontiers lumineux, cette création introduit une brûlure nécessaire.

À 19h, dans la cour Ockeghem, le Trio Tikismikis présentera Pedaleando sueños. La formation porte un folklore argentin vivant, où les chansons abordent le lien à la terre, les luttes sociales, la mémoire collective, l’amour et le voyage. Avec Marco Grancelli, Chloé Bousquet et Luciano Luna, le festival bascule vers une musique enracinée, militante, rythmée par la voix, la guitare, le violon, le bombo, le bandonéon et la danse.

À 21h, la cour Ockeghem retrouvera François-Nicolas Geslot and Friends. Le chanteur réunira autour de lui Guillaume Corti au piano, Miguel Henry au luth et à la guitare, David Rivière à l’accordéon, au bandonéon et à l’accordina, ainsi que Christine Plubeau à la viole de gambe. Le programme est annoncé comme un lot de surprises, sans cadre thématique trop strict. Là encore, le festival préfère la promesse d’un moment à la rigidité d’un concept.

Samedi 4 juillet, rêveries médiévales, chanson et souffles du monde

Le samedi 4 juillet s’ouvrira à 12h30, salle Ockeghem, avec Beles, belles… par l’ensemble Diabolus in Musica. Axelle Tamby-Bernage et Nicolas Sansarlat feront entendre les chansons de toile du XIIIe siècle, ces petits joyaux sonores et littéraires où les voix féminines disent l’attente, l’amour, le désir, la douleur ou la confidence. La proposition correspond parfaitement à l’une des vocations des Méridiennes : révéler des répertoires rares en les rendant immédiatement sensibles.

À 17h, Yorick Vinesse proposera un concert de chanson française, voix, piano et guitare. Sa présence apporte au festival une couleur plus actuelle, plus directe, mais toujours dans une logique d’écriture et d’écoute. Les Méridiennes peuvent ainsi passer d’un chant médiéval à une jeune chanson poétique sans rupture artificielle, parce que ce qui les relie n’est pas le style, mais l’attention portée au timbre, au texte et à la présence.

À 19h, la cour Ockeghem accueillera La Mécanique des Songes avec Souffles du monde. Trois voix, un violon et une mandoline y ouvrent un espace poétique très libre, de Debussy à Patti Smith, des chants indiens au jazz. Alba Obert, Malou Oheix et Mathilde Gardien composent une formation originale, capable de faire circuler les influences sans les plaquer les unes sur les autres. Le titre dit bien l’enjeu : faire entendre des souffles, des passages, des courants.

À 21h, Dhamal World Collective présentera Findia Express. Le projet fait se rencontrer la Finlande et l’Inde, à travers les voix, les rythmes, l’harmonium, les tablas, les kartals, la guitare et les percussions. Avec Charlotta Kerbs et Sanjay Khan, le concert promet une énergie lumineuse, amoureuse, explosive, fidèle à l’idée d’un festival qui ose les voisinages improbables. Quoi de commun entre Finlande et Inde ? Peut-être justement ce que la musique permet : une circulation des rythmes, des mélodies, des ferveurs.

Dimanche 5 juillet, humour, voix et jeu de miroir

Le dimanche 5 juillet commencera à 12h30, salle Ockeghem, avec On est morts, il est temps qu’on rigole !, porté par Vincent Bouchot et Denis Chouillet. Le programme convoque Boris Vian, Aristide Bruant, Charles Trenet ou Georges Brassens, dans une forme où le rire, la chanson et la virtuosité de l’interprétation se rejoignent. Le titre donne le ton : une manière de regarder la mort, l’absurde et la légèreté avec intelligence, sans pesanteur.

À 17h, salle Ockeghem, Franck Leguérinel et Antonel Boldan présenteront Un homme et une femme… et vice versa. Le programme joue sur les rôles, les voix, les passages de genre et les effets de miroir. Il s’inscrit dans cette veine des Méridiennes qui aime les formes à la fois savantes et accessibles, capables de faire sourire, réfléchir et écouter autrement.

Le dimanche conserve aussi les cafés-siestes et les ateliers chant, comme les jours précédents. Cette permanence des formats participatifs donne au festival une texture particulière. Les concerts ne sont pas posés les uns à côté des autres. Ils sont entourés de moments de repos, de lecture, de chant collectif, d’écoute partagée. Les Méridiennes ne programment pas seulement de la musique. Elles organisent des manières d’y entrer.

Cafés-siestes et ateliers chant, l’écoute devient participation

Les cafés-siestes se déroulent les 2, 3, 4 et 5 juillet à 14h et 15h30, au Centre Ockeghem. L’entrée est libre sur inscription. Le principe, presque anti-spectaculaire, est très beau : s’allonger ou s’installer dans un transat, fermer les yeux, et écouter des textes sur la musique. Cette proposition ralentit le festival. Elle rappelle que l’écoute n’est pas seulement une activité tournée vers la scène, mais aussi un état du corps.

Les ateliers « Tous en chœur » sont proposés les 3, 4 et 5 juillet à 14h et 15h30, à la Tour Charlemagne, sur inscription. Ils sont animés par Annie Paris, chanteuse et psychophoniste, et Lina Noui, violoniste. Enfants, parents et grands-parents sont invités à chanter ensemble, à travailler la mise en voix et en corps, et à partager un répertoire festif fait de canons, de chants du monde et de circle songs.

Ces ateliers donnent au festival une dimension familiale et corporelle. On ne vient pas seulement écouter des musiciens exceptionnels. On peut aussi éprouver, même modestement, ce que signifie respirer ensemble, accorder les voix, sentir le chant dans le corps. La mention d’une accessibilité aux personnes mal voyantes et aux personnes en fauteuil confirme par ailleurs la volonté d’ouvrir ces rendez-vous à des publics divers, avec une attention réelle aux conditions d’accueil.

Tours, place Châteauneuf, Ockeghem, Tour Charlemagne : un festival dans l’épaisseur du vieux Tours

Le choix des lieux participe pleinement à l’identité des Méridiennes. La place de Châteauneuf, l’Espace musical et vocal Ockeghem et la Tour Charlemagne ne forment pas seulement un dispositif pratique. Ils inscrivent le festival dans l’épaisseur historique du vieux Tours. On y passe de la place au lieu musical, de la salle à la cour, de l’atelier à la sieste, du patrimoine à la découverte sonore.

L’Espace Ockeghem occupe une place centrale dans cette géographie. Son nom renvoie à Johannes Ockeghem, grand compositeur franco-flamand du XVe siècle, longtemps associé à Tours. Ce n’est pas anodin pour un festival qui aime les répertoires anciens, les polyphonies, les filiations savantes et les traversées du temps. Le lieu donne une profondeur symbolique aux propositions, même lorsque celles-ci viennent d’Argentine, d’Inde, de Finlande ou de la chanson française contemporaine.

Les Méridiennes tiennent donc dans un équilibre rare : un festival à taille humaine, mais ouvert sur le monde ; un rendez-vous exigeant, mais convivial ; une programmation savante, mais sans raideur ; une succession de formats courts, mais avec une vraie profondeur de champ. À Tours, quatre jours suffisent pour traverser plusieurs siècles, plusieurs continents et plusieurs manières d’écouter.

Programmation 2026, principaux repères

Jeudi 2 juillet

  • 18h, place de Châteauneuf ouverture du festival avec The Sparkling Duo et la Compagnie À Fleur d’Airs.
  • 14h et 15h30, Centre Ockeghem cafés-siestes, lectures musicales, entrée libre sur inscription.

Vendredi 3 juillet

  • 12h30, salle Ockeghem Crystal Tears, Consort Plume, musique Renaissance anglaise.
  • 14h et 15h30, Tour Charlemagne ateliers chant Tous en chœur, sur inscription.
  • 14h et 15h30, Centre Ockeghem cafés-siestes.
  • 17h, salle Ockeghem Pour nous toujours, un paysage brûle…, Quatuor Thalia et Quatuor Wassily, création mondiale de Thierry Machuel.
  • 19h, cour Ockeghem Pedaleando sueños, Trio Tikismikis.
  • 21h, cour Ockeghem François-Nicolas Geslot and Friends.

Samedi 4 juillet

  • 12h30, salle Ockeghem Beles, belles…, Ensemble Diabolus in Musica, chansons de toile du XIIIe siècle.
  • 14h et 15h30, Tour Charlemagne ateliers chant Tous en chœur, sur inscription.
  • 14h et 15h30, Centre Ockeghem cafés-siestes.
  • 17h, salle Ockeghem Yorick Vinesse en concert.
  • 19h, cour Ockeghem Souffles du monde, La Mécanique des Songes.
  • 21h, cour Ockeghem Findia Express, Dhamal World Collective.

Dimanche 5 juillet

  • 12h30, salle Ockeghem On est morts, il est temps qu’on rigole !, Vincent Bouchot et Denis Chouillet.
  • 14h et 15h30, Tour Charlemagne ateliers chant Tous en chœur, sur inscription.
  • 14h et 15h30, Centre Ockeghem cafés-siestes.
  • 17h, salle Ockeghem Un homme et une femme… et vice versa, Franck Leguérinel et Antonel Boldan.

Informations pratiques

  • Événement Festival Les Méridiennes 2026
  • Dates du jeudi 2 au dimanche 5 juillet 2026
  • Lieux place de Châteauneuf, Espace musical et vocal Ockeghem, Tour Charlemagne, Tours
  • Adresse principale Espace musical et vocal Ockeghem, place de Châteauneuf, 37000 Tours
  • Tarifs concert 8 € ; pass festival 90 € ; demi-pass 6 concerts + 1 gratuit à 46 € ; gratuit pour les enfants de moins de 12 ans
  • Cafés-siestes entrée libre sur inscription
  • Ateliers chant 5 € sur inscription
  • Accessibilité ateliers accessibles aux personnes mal voyantes et aux personnes en fauteuil ; réservation en amont conseillée pour un meilleur accueil
  • Contact +33 7 69 38 14 64 ; lesmeridiennes.festival@gmail.com
  • Site officiel festival-lesmeridiennes.fr
  • Billetterie officielle réserver sur Billetweb
  • Page Ville de Tours consulter la fiche officielle

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