Du 17 juillet au 14 août 2026, les Musicales de Montsoreau reviennent pour une 31e édition placée sous le signe de l’eau, de la nature et de la virtuosité.
Intitulée Rapsodie in Loire, cette saison estivale propose cinq concerts à l’église Saint-Pierre-de-Rest, entre Schubert, Beethoven, Debussy, Piazzolla, Rachmaninov, Grieg et découvertes contemporaines.
À Montsoreau, la musique semble toujours avoir un peu de Loire dans la voix. Le village, posé entre Anjou, Touraine et Poitou, offre à ses Musicales un décor que peu de festivals peuvent revendiquer avec autant d’évidence : un fleuve, une lumière, une église ancienne, des soirs d’été, et cette manière très ligérienne de faire dialoguer patrimoine, écoute et douceur du temps.
Pour leur 31e édition, les Musicales de Montsoreau se dérouleront les vendredis 17, 24 et 31 juillet, puis 7 et 14 août 2026, à 20h30, en l’église Saint-Pierre-de-Rest. Le thème choisi, Rapsodie in Loire, donne le ton : honneur à l’eau, à la nature, aux circulations intérieures, aux paysages sonores, mais aussi à l’énergie du jeu, à la fougue instrumentale et au plaisir de la découverte.
La programmatrice Yveline Bondin a souhaité mettre en avant des instruments puissants, des œuvres vivantes, joyeuses, virtuoses, sans renoncer à l’exigence. L’esprit de cette édition tient dans un équilibre précieux : proposer des œuvres immédiatement accessibles, que l’on aime entendre ou réentendre, tout en ouvrant l’écoute à des répertoires plus rares, à des compositeurs moins attendus, à des formations chambristes capables de déplacer les habitudes.
Un festival de chambre au bord de la Loire
Les Musicales de Montsoreau ont désormais dépassé le simple rendez-vous estival. Nées dans le sillage d’une aventure musicale engagée dès les années 1990 autour du clavecin et de la musique baroque, elles sont devenues l’un des temps forts culturels du village. L’association Ligériana Musicale, qui porte aujourd’hui la manifestation, poursuit une ligne claire : faire venir à Montsoreau des interprètes de grande qualité, favoriser la rencontre entre générations, transmettre le goût de la musique classique et défendre une programmation à la fois exigeante et chaleureuse.
Après le 30e anniversaire, cette 31e édition ne cherche pas la rupture spectaculaire, mais l’approfondissement. Jean-Philippe Bondin, président de Ligériana Musicale, insiste sur cette continuité : proximité avec le public, exigence artistique, attention portée à la transmission, notamment vers les élèves du primaire. La musique de chambre y devient une école de l’écoute autant qu’un plaisir partagé.
Le choix de l’église Saint-Pierre-de-Rest renforce cette dimension intime. Dans ce lieu patrimonial, les cordes, le piano, la clarinette, l’accordéon et la voix trouvent une résonance particulière. Le festival ne cherche pas l’effet de masse, mais la présence : celle des artistes, celle du public, celle des œuvres.
Vendredi 17 juillet : un voyage symbolique avec le Trio Vermeer
La saison s’ouvrira le vendredi 17 juillet avec le Trio Vermeer, composé de Grégoire Torossian au violon, Eliott Leridon au violoncelle et Marie Ducroux à l’alto. Le programme réunira Franz Schubert, Ludwig van Beethoven et Jean Cras.
Le titre de la soirée, Voyage symbolique, convient parfaitement à cette traversée. Chez Schubert, le trio à cordes conserve la fraîcheur d’une œuvre de jeunesse, presque une promesse. Chez Beethoven, la forme classique se tend, s’élargit, annonce déjà d’autres horizons. Chez Jean Cras, compositeur et officier de marine, la musique semble regarder vers le large : couleurs modales, impressions maritimes, mouvement intérieur.
Le Trio Vermeer, formé par de jeunes musiciens issus notamment du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, ouvrira donc les Musicales par une soirée de fougue et d’émotion, où le voyage n’est pas seulement géographique : il devient passage d’un langage à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un imaginaire à l’autre.
Vendredi 24 juillet : rhapsodies, clarinette et piano
Le vendredi 24 juillet, le Duo mezcal réunira la pianiste Chisato Taniguchi et le clarinettiste Takahiro Katayama. Le programme, très ouvert, fera entendre Debussy, Manuel de Falla, Stravinsky, Atsuhiko Gondai, Lutosławski, Bartók, Penderecki et Poulenc.
Cette soirée intitulée Rhapsodies fera dialoguer l’Europe musicale du XXe siècle, les inspirations folkloriques, la modernité française, les éclats rythmiques, les miniatures et les formes libres. La clarinette y passera de la souplesse debussyste à l’énergie de Stravinsky, du lyrisme de Poulenc aux paysages plus contemporains d’Atsuhiko Gondai.
Chisato Taniguchi connaît déjà Montsoreau, où elle revient avec un attachement manifeste. Son parcours, entre Japon, France, répertoire contemporain et grands festivals, croise celui de Takahiro Katayama, musicien formé entre Tokyo, Berlin et Paris, engagé dans la création contemporaine autant que dans le grand répertoire. Leur duo promet une soirée vive, raffinée, traversée par le goût de la surprise.
Vendredi 31 juillet : violon et accordéon, le pari d’Eclecta
Le vendredi 31 juillet, place à l’un des rendez-vous les plus singuliers de cette édition : le Duo Eclecta, formé par Théo Ould à l’accordéon et Camille Théveneau au violon. Le programme fera entendre Bach, Mozart, Astor Piazzolla et Henryk Wieniawski.
L’association du violon et de l’accordéon pourrait sembler inattendue dans un festival de musique classique. Elle est pourtant l’un des beaux gestes de cette programmation. L’accordéon, instrument polyphonique, peut prendre en charge une partie de l’espace habituellement confié au piano, tout en apportant une couleur propre, un souffle, une pulsation, une plasticité sonore. Le violon, lui, garde sa ligne chantante, sa tension mélodique, son éclat.
Théo Ould, premier accordéoniste nommé révélation soliste instrumental aux Victoires de la musique classique 2023, défend depuis plusieurs années la place de son instrument dans le répertoire savant. Aux côtés de Camille Théveneau, déjà connue du public des Musicales, il proposera un concert placé sous le signe de la liberté : un Bach déplacé, un Mozart réinventé, un Piazzolla naturel comme une respiration, un Wieniawski porté par la virtuosité.
Vendredi 7 août : Schubert et Rachmaninov, une ode à la nature
Le vendredi 7 août, la soprano Emy Gazeilles et le pianiste Adrien Gey proposeront une soirée intitulée Ode à la Nature, autour de Schubert et Rachmaninov.
Le programme fera entendre plusieurs lieder de Schubert, parmi lesquels La foi du printemps, La truite, Sérénade, La jeune nonne ou encore La jeune fille et la mort, puis des mélodies de Rachmaninov, dont Le matin, Dans le silence de la nuit secrète, L’île, Eau de source, Les Lilas et la célèbre Vocalise.
La soirée s’annonce comme l’un des moments les plus intérieurs du festival. Schubert et Rachmaninov partagent une même attention au texte, au souffle, au passage du temps, mais leurs mondes diffèrent profondément. Chez Schubert, l’émotion naît souvent d’une simplicité presque nue, d’un motif, d’une image, d’un frémissement. Chez Rachmaninov, elle prend davantage d’ampleur, portée par un piano presque orchestral et par une ligne vocale large, sombre, intensément romantique.
Emy Gazeilles, formée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et plus jeune artiste à avoir intégré l’Ensemble de l’Opéra national de Paris, rencontrera ici Adrien Gey, pianiste également issu du CNSM de Paris. Leur duo donnera à entendre la mélodie comme un théâtre miniature : quelques minutes, parfois moins, pour faire surgir un paysage, une attente, un souvenir ou une inquiétude.
Vendredi 14 août : le Quatuor Våren pour le grand voyage final
La 31e édition s’achèvera le vendredi 14 août avec le Quatuor Våren, composé de Jean-Baptiste Iachemet et Elliott Pages aux violons, David Heusler à l’alto et Adèle Quartier de Andrade au violoncelle. Le programme réunira Haydn, Szymanowski et Grieg.
Le nom du quatuor, Våren, signifie « printemps » en norvégien. Il renvoie à une mélodie élégiaque d’Edvard Grieg, compositeur qui occupe une place affective particulière dans l’univers de l’ensemble. Ce concert de clôture proposera un voyage dans l’histoire et les imaginaires du quatuor à cordes : Haydn, fondateur d’un équilibre classique ; Szymanowski, porté par la modernité polonaise, les influences françaises et l’attrait de l’Orient ; Grieg, enfin, avec une musique nourrie de paysages nordiques, de puissance intérieure et de mélancolie lumineuse.
En résidence chez ProQuartet, Centre européen de musique de chambre, le Quatuor Våren appartient à cette génération de jeunes ensembles qui travaillent le répertoire avec une double ambition : approfondir les grandes formes et les rendre à nouveau sensibles, immédiates, vivantes. Une belle manière de refermer cette édition sur l’idée même de transmission.
Le programme des Musicales de Montsoreau 2026
- Vendredi 17 juillet 2026, 20h30 — Voyage symbolique — Trio Vermeer : Grégoire Torossian, violon ; Eliott Leridon, violoncelle ; Marie Ducroux, alto. Œuvres de Schubert, Beethoven et Jean Cras.
- Vendredi 24 juillet 2026, 20h30 — Rhapsodies — Duo mezcal : Chisato Taniguchi, piano ; Takahiro Katayama, clarinette. Œuvres de Debussy, Manuel de Falla, Stravinsky, Atsuhiko Gondai, Lutosławski, Bartók, Penderecki et Poulenc.
- Vendredi 31 juillet 2026, 20h30 — Émotions — Duo Eclecta : Théo Ould, accordéon ; Camille Théveneau, violon. Œuvres de Bach, Mozart, Piazzolla et Wieniawski.
- Vendredi 7 août 2026, 20h30 — Ode à la Nature — Duo Gazeilles-Gey : Emy Gazeilles, soprano ; Adrien Gey, piano. Œuvres de Schubert et Rachmaninov.
- Vendredi 14 août 2026, 20h30 — Voyage musical — Quatuor Våren : Jean-Baptiste Iachemet et Elliott Pages, violons ; David Heusler, alto ; Adèle Quartier de Andrade, violoncelle. Œuvres de Haydn, Szymanowski et Grieg.
Informations pratiques
31e Musicales de Montsoreau — Rapsodie in Loire
Vendredis 17, 24 et 31 juillet, 7 et 14 août 2026, à 20h30
Église Saint-Pierre-de-Rest, rue de l’Église / rue Saint-Pierre-de-Rest, 49730 Montsoreau
Organisation : Association Ligériana Musicale
Tarifs : chœur et bas-côté, places numérotées : 18 € ; tarif adhérents et habitants de Montsoreau : 13 € ; nef, placement libre : 10 € ; gratuit pour les moins de 15 ans. Chèques vacances acceptés.
Renseignements et billetterie : Office de Tourisme Saumur Val de Loire, par téléphone au 02 41 40 20 60, en ligne sur www.saumur-tourisme.com, ou sur place le jour du concert, dans la limite des places disponibles.
Après les concerts, les Musicales de Montsoreau et le Domaine de La Paleine invitent le public à partager un vin d’honneur avec les artistes.
