Plages de danse 2026 fait danser la presqu’île de Rhuys entre jardins, rivages et années folles

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plage de danse rhuys

Du mercredi 13 au dimanche 17 mai 2026, le festival Plages de danse revient pour une 8e édition en presqu’île de Rhuys.

Organisé par L’Hermine de Sarzeau, ce rendez-vous biennal déploie 16 spectacles et 21 représentations entre Sarzeau, Arzon, Saint-Gildas-de-Rhuys, Saint-Armel et Le Tour-du-Parc. La plupart des propositions sont gratuites, en plein air, accessibles en famille, et pensées dans un format court qui laisse le temps de respirer, marcher, boire un verre ou simplement regarder la mer.

Il y a dans Plages de danse l’idée que la danse n’est pas seulement faite pour la boîte noire des théâtres. Elle peut surgir au bord d’une baie, dans un jardin, sur une plage, devant un port, au milieu d’un bois ou sur le parvis d’un équipement culturel. Elle peut dialoguer avec le vent, les arbres, les chemins, les passants, les familles, les enfants, les promeneurs qui n’avaient pas prévu d’être spectateurs et le deviennent soudain.

Cette 8e édition confirme l’identité du festival. Des spectacles courts, de 10 à 50 minutes pour la plupart, une circulation douce entre les lieux, des pauses suffisamment longues pour goûter la presqu’île, et une programmation qui mêle danse contemporaine, cirque, culture bretonne, hip-hop, bal populaire, théâtre équestre, musique live, ateliers participatifs et impromptus chorégraphiques. L’événement assume ainsi une forme rare, à la fois exigeante et hospitalière. On peut y venir pour un spectacle, pour une journée entière, pour une balade dansée, pour un atelier, pour un bal, ou tout simplement pour laisser le corps reprendre place dans le paysage.

Une ouverture entre Bretagne, skate et esprit collectif

Le festival s’ouvrira mercredi 13 mai à 18h à L’Hermine, avec un impromptu dansé par les élèves en classes à horaires aménagés danse des collèges de Rhuys et Jules Simon. À 20h, la compagnie C’hoari donnera Fiskal, première grande proposition de cette édition. Pauline Sonnic et Nolwenn Ferry y croisent danse et skate, culture traditionnelle bretonne et valeurs de glisse, transmission populaire et esprit de communauté. Le spectacle, seule proposition payante avec Assirem sur inscription, s’annonce comme un manifeste joyeux pour le faire ensemble, l’authenticité et l’énergie collective.

Le lendemain, jeudi 14 mai, la programmation se déploiera dans plusieurs directions. Au Jardin Lesage à Sarzeau, Olga Dukhovna présentera Un spectacle que la loi considérera comme mien, duo malicieux entre danse et droit d’auteur. Une danseuse, une juriste, des citations chorégraphiques empruntées à l’histoire de la danse, et une question souriante mais sérieuse. À qui appartient un geste ? Peut-on recycler le répertoire comme on reprend une chanson, une pose, un souvenir ?

À Saint-Armel, Claire Ducreux proposera Fleurir les abîmes, pièce poétique pour une femme et un arbre, née du désir de planter « un arbre de douceur au cœur du monde ». Au Port aux Moines, à Saint-Gildas-de-Rhuys, la compagnie Pied en Sol rassemblera danse contemporaine, danses traditionnelles, viole de gambe, chants et rythmes dans L’Assemblée des Bourdons. En soirée, retour au Jardin Lesage avec Viscum de la compagnie des Corps jetés, duo physique, organique, haletant, où breakdance, jazz et danse contemporaine interrogent l’intensité de la rencontre et la juste distance entre deux corps.

Des corps au plus près du paysage

Vendredi 15 mai, Plages de danse prendra des allures de traversée sensible. Dans le Bois du Pâtis, Joachim Maudet livrera avec GIGI un solo tragi-comique, intime, traversé par la voix, la fragilité, l’identité qui se défait et se reconstruit. Au Bois de la Grée, les élèves du Conservatoire de Sarzeau, accompagnés par la compagnie Storyteller, proposeront Archipel, balade chorégraphique où les reliefs, les mobiliers et les éléments naturels deviennent des îles.

Le même jour, L’Abri, de Katell Hartereau et Léonard Rainis, invitera à une expérience très courte, presque confidentielle, sous une tente installée dans le parc de la MAS de Kerblay. Dix minutes environ pour retrouver la danse à hauteur de souffle, sans emphase spectaculaire, dans un face-à-face qui promet d’être l’un des moments les plus délicats du festival.

À 17h30, la compagnie Libertivore présentera Phasmes à la baie du Lindin. Deux corps, une forme chimérique, un dialogue entre danse et cirque, minéral, végétal, animal, puis profondément humain. Le spectacle promet un corps-à-corps sensuel et visuel, conçu comme une apparition furtive dans le paysage.

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Le samedi, du vivant bouleversé au grand bal des années folles

Samedi 16 mai, Sur le fil des SaiSoN(s), porté par Serge Ambert et les élèves du réseau des Conservatoires de Bretagne, donnera à voir une forme déambulatoire pour 40 interprètes au Domaine des Grèves de Beg-Lann. La pièce interroge notre rapport au vivant, aux cycles naturels et aux dérèglements climatiques. Les corps s’y accordent, se dispersent, se soutiennent, comme un peuple en mouvement confronté à un monde qui se défait.

À midi, sur la plage de Penvins, la compagnie Storyteller proposera une danse participative animée par Amélie Jousseaume. L’idée est belle. Fermer les yeux au soleil, éviter un objet qui tombe, sentir l’eau sur ses doigts, jouer avec le temps, c’est déjà de la danse. Cette invitation à bouger ensemble, sans prérequis, résume l’esprit du festival.

À Saint-Armel, le Jardin de Léontine accueillera Assirem (L’Espoir), rencontre imaginée par Blaise Merlin autour des chants kabyles, de la danse, du violoncelle, du qanoun et du théâtre équestre. Kahina Afzim, Lina Belaïd, Saïef Remmide et Solenn Heinrich y feront dialoguer chants, gestes, animalité et spiritualité. La proposition s’inscrit dans Voyages Voyages !, focus artistique sur la Méditerranée porté par huit lieux du Pays de Vannes.

À 17h30, retour de la compagnie Libertivore avec Faune, pièce pour trois femmes autour des bois de cerf, de la figure sauvage et des métamorphoses contemporaines. Puis, à 21h, Arzon basculera dans la fête avec Le Bal fou des années folles de David Rolland Chorégraphies. Pendant deux heures, danseurs et musiciens live des Sassy Swingers inviteront le public à traverser Charleston, Foxtrot, Passo Doble, One Step et danses inventées. Un bal indiscipliné, joyeux, populaire, costumé si l’on veut, avec plumes, paillettes, moustaches et bibis.

Un dimanche entre vertige, jeunes artistes et hip-hop

Dimanche 17 mai, la journée débutera à L’Hermine avec un atelier danse urbaine autour de Prélude Out, avant de rejoindre le Port du Crouesty pour Vertige de la Oups Dance Company. La pièce mêle danse contemporaine, roue Cyr et danse électro dans une rencontre entre deux artistes, deux personnalités et trois langages du mouvement.

À 15h, rue Odientz à Saint-Colombier, Joanne Jacob inaugurera le nouveau rendez-vous du festival, La Pépinière, pensé pour mettre en lumière d’anciens élèves du Conservatoire de Sarzeau en voie de professionnalisation. Avec Au-delà du fond des yeux, la chorégraphe puise dans les souvenirs, les paysages familiers, les images qui se lient et se délient dans un espace mouvant.

La clôture reviendra à la compagnie Accrorap, dirigée par Kader Attou, avec Prélude Out, à 17h dans la baie du Lindin. Sur la musique de Romain Dubois, neuf interprètes entraîneront le public dans une montée d’intensité, entre virtuosité collective, énergie brute et libération finale. Une manière idéale de refermer le festival sur ce qu’il sait faire de mieux, une communauté provisoire de corps, de regards et d’élans.

Ateliers, cinéma, impromptus et déplacements doux

Plages de danse ne se contente pas de montrer la danse. Il invite aussi à la pratiquer. Plusieurs ateliers sont proposés, tous sur réservation, autour du skate, de la voix, des acrobaties, des années folles, de la danse urbaine ou de la roue Cyr. Les ateliers coûtent 5 € par personne, sont accessibles sans prérequis de niveau, mais les jauges sont limitées.

Le festival s’accompagne également d’un volet cinéma autour de grandes figures de la danse, avec notamment Resilient Man, documentaire consacré au danseur Steven McRae, En nous, premier film réalisé par Juliette Binoche autour de sa création avec Akram Khan, Germaine Acogny, l’essence de la danse, et Cunningham, consacré à Merce Cunningham.

Des impromptus chorégraphiques seront aussi proposés dans les communes de la presqu’île, avec des élèves de conservatoires et d’écoles de danse. La médiathèque participera à sa manière avec un challenge Just Dance et une table thématique autour de la danse. Au plan pratique, le festival encourage les déplacements doux et le covoiturage. Certains sites peuvent être rejoints à pied ou à vélo, et l’association Bicyrhuys accompagnera même un défi Vélo Addict Trophée, ainsi qu’une balade vélo vers la baie du Lindin le vendredi 15 mai.

Ce qui fait la singularité de Plages de danse tient sans doute à cette articulation entre exigence artistique et art de vivre. On y vient pour voir de très belles compagnies, mais aussi pour éprouver une autre temporalité. Un spectacle, une marche, un port, un jardin, un souffle, une lumière sur le Golfe. La danse, ici, ne s’ajoute pas au paysage. Elle le révèle.

Infos pratiques

Festival Plages de danse
Du mercredi 13 au dimanche 17 mai 2026
Presqu’île de Rhuys, dans les communes de Sarzeau, Arzon, Saint-Gildas-de-Rhuys, Saint-Armel et Le Tour-du-Parc
16 spectacles, 21 représentations
La plupart des spectacles sont gratuits et en accès libre
Réservations nécessaires pour les ateliers, Fiskal et Assirem (L’Espoir)
Billetterie et programme complet sur festivalplagesdedanse.bzh et billetterie.lhermine.bzh