À la Conciergerie, la Nuit Blanche 2026 entre en danse avec un Bal littéraire
Samedi 6 juin 2026, la Conciergerie, dans le 1er arrondissement de Paris, invite le public à rejoindre la piste de danse à l’occasion de la 25e édition de la Nuit Blanche. Dans la majestueuse salle des Gens d’Armes, le Bal littéraire imaginé par Fabrice Melquiot transformera l’ancien palais royal et prison révolutionnaire en dancing éphémère, entre écriture en direct, lecture, musique et fête collective.
Le principe est aussi simple que réjouissant. La veille de la représentation, quatre écrivains et écrivaines se retrouvent dans les espaces de la Conciergerie. À partir d’une playlist de huit chansons, composée de titres populaires des années 1950 à aujourd’hui, ils inventent une histoire en huit épisodes. Chacun en écrit deux. Le lendemain soir, face au public, les textes sont lus à tour de rôle, entre deux morceaux qui invitent à danser. Le récit avance, la musique relance les corps, la littérature quitte la page pour devenir événement.


Ce Bal littéraire est une performance festive et participative conçue par l’écrivain Fabrice Melquiot. Depuis leur création, il y a près de vingt ans, les Bals littéraires ont réuni une centaine d’écrivains dans plus de dix pays. Près de 550 rendez-vous ont déjà eu lieu à travers le monde. Le format tient autant de l’atelier d’écriture que du feuilleton, du cabaret que du bal populaire. Il repose sur une règle joyeuse, presque enfantine. On écrit vite, on lit à voix haute, on danse, puis l’histoire reprend.
Pour cette Nuit Blanche 2026, Fabrice Melquiot sera accompagné de Emmanuelle Destremau, également connue sous le nom de Ruppert Pupkin, Mona El Yafi, Marcos Caramés Blanco et Yacine Sif El Islam. Ensemble, ils composeront une fiction née dans les murs mêmes de la Conciergerie, lieu d’histoire, de pouvoir, de justice et d’enfermement. Le contraste promet d’être fécond. Dans un édifice longtemps associé à la solennité de l’État, au tribunal et à la mémoire révolutionnaire, le public est convié à une expérience légère, mouvante, presque insolente. La pierre gothique devient piste de danse. La littérature se fait musique. La nuit parisienne traverse le monument.




Un bal dans l’un des lieux les plus chargés d’histoire de Paris
Cette soirée est aussi l’occasion de redécouvrir la Conciergerie, plus ancien vestige du Palais de la Cité et l’un des grands monuments gothiques civils de Paris. Avant de devenir un lieu de détention, l’édifice fut intégré au palais des rois de France. Le site connut son plus grand développement aux XIIIe et XIVe siècles, notamment sous le règne de Philippe le Bel, lorsque le pouvoir royal, judiciaire et administratif se concentrait encore sur l’île de la Cité.
La salle des Gens d’Armes, avec ses voûtes, ses piliers et ses vastes proportions, demeure l’un des espaces les plus impressionnants de l’ancien palais médiéval. À proximité, la salle des Gardes rappelle la fonction judiciaire du lieu. Les cuisines, édifiées au XIVe siècle, évoquent quant à elles l’organisation matérielle de l’Hôtel du Roi, où travaillaient de nombreux serviteurs, officiers et gens de maison.

À la fin du Moyen Âge, les rois délaissent progressivement le Palais de la Cité pour d’autres résidences, notamment le Louvre et Vincennes. La vocation judiciaire du lieu s’affirme alors davantage. Des prisons y sont aménagées. Sous l’Ancien Régime, plusieurs prisonniers célèbres y sont détenus, parmi lesquels le comte de Montgomery, Ravaillac, la marquise de Brinvilliers, Cartouche, Robert-François Damiens ou encore la comtesse de La Motte.
La Conciergerie devient ensuite l’un des hauts lieux de détention de la Révolution française avec l’installation du Tribunal révolutionnaire en mars 1793. La loi des suspects, adoptée en septembre de la même année, accroît encore le nombre d’arrestations. Le monument entre alors dans l’imaginaire national comme l’antichambre du jugement et, pour beaucoup, de la mort.

Sa détenue la plus célèbre reste Marie-Antoinette. Transférée à la Conciergerie dans la nuit du 1er au 2 août 1793, l’ancienne reine de France y passe ses dernières semaines avant son procès. Condamnée à mort le 16 octobre 1793, elle est guillotinée le jour même, à 12 h 15, place de la Révolution, aujourd’hui place de la Concorde. Au plus fort de la répression révolutionnaire, plusieurs centaines de détenus s’entassent dans les cellules du monument.
Faire entrer un Bal littéraire dans un tel lieu n’a donc rien d’anodin. Le geste est doux, mais il déplace le regard. Il ne gomme pas l’histoire de la Conciergerie. Il l’ouvre, le temps d’une soirée, à une autre circulation des voix. Là où l’on a jadis attendu des verdicts, on entendra des récits nés dans la nuit. Là où les corps furent enfermés, d’autres corps danseront. La Nuit Blanche 2026 trouve ici l’une de ses propositions les plus singulières, entre mémoire, fête et littérature vivante.

Infos pratiques
Bal littéraire à la Conciergerie
Conciergerie, 2 boulevard du Palais, 75001 Paris
Samedi 6 juin 2026
Ouverture des portes à 19 h 30
Début du spectacle à 20 h
Durée annoncée : 1 h 15
Gratuit sur réservation
Tout public
Concept : Fabrice Melquiot
Avec : Emmanuelle Destremau, Mona El Yafi, Marcos Caramés Blanco et Yacine Sif El Islam
Sources
- Conciergerie, Centre des monuments nationaux, page officielle du Bal littéraire.
- Ville de Paris, programme Nuit Blanche 2026.
- Conciergerie, Centre des monuments nationaux, présentation historique du monument.
