Formes de l’attention, Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon, Lyon
jeudi 5 novembre 2026 · Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon · Lyon

Informations pratiques
Formes de l’attention 5 novembre – 31 décembre, les jeudis Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon Métropole de Lyon
Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
Début : 2026-11-05T18:00:00+01:00 – 2026-11-05T18:30:00+01:00
Fin : 2026-12-31T18:00:00+01:00 – 2026-12-31T18:30:00+01:00
Formes de l’attention
Camille Richert
L’exposition « Formes de l’attention » réunit dix artistes : cinq d’entre elles et eux, enseignant·e·s à l’ENSBA Lyon, invitent cinq autres artistes qui y ont été formé·e·s plusieurs années auparavant. Elle ne s’attache pas à réunir sous une thématique unifiante le travail des dix artistes. Elle prend au contraire le parti de rendre compte de la diversité d’approches du médium photographique. Fanny Béguery, Julien Guinand, Guillaume Janot, Amandine Mohamed-Delaporte et Pascal Poulain invitent ainsi d’ancien·ne·s étudiant·e·s, Valentin Derom, Charlotte Vignes, Anaëlle Vanel, Marine Leleu et Anne-Lise Seusse.
L’exposition s’intéresse d’une part à ces dix pratiques contemporaines qui entretiennent un dialogue étroit avec la variété de champs et de catégories inhérents à la photographie depuis son invention. Qu’il s’agisse d’aborder des fondamentaux, tels le temps, la lumière et la technique, ou de questionner la notion d’imagerie, de point de vue ou de rapport au territoire, chacun·e des artistes fabrique ses images dans un dialogue nourri avec les usages initiaux, et détournés, du médium.
Dans « Formes de l’attention » se pose également de façon latente la question de la transmission au sein d’une école où la photographie, si elle occupe une place importante, n’est pas au cœur de la pédagogie, pas plus que ne le sont d’ailleurs les autres pratiques enseignées. À l’image des dynamiques de formation à l’ENSBA Lyon, la photographie est présentée dans cette exposition comme un médium auquel de jeunes artistes, qui n’aspiraient pas toustes à devenir photographes, ont été formé·e·s par de plus expérimenté·e·s. Par ailleurs, l’exposition souligne que l’apprentissage transmis par un·e praticien·ne, attentif·ve par exemple au réel ou dont les préoccupations sont empreintes d’enjeux documentaires, peut donner lieu à une pratique tendant vers la fiction comme l’abstraction. Cette exposition révèle ainsi que ce ne sont pas tant des esthétiques qui sont en jeu que des manières de convoquer la photographie comme outil, comme technique ou comme finalité.
La notion de transmission n’y est pas abordée à sens unique. Si la relation pédagogique passée a suscité ces rencontres et créé l’opportunité de ces invitations, l’exposition s’applique à présenter toutes les œuvres sur un pied d’égalité. Plus encore, elle valorise ce que les pratiques de la nouvelle génération font à celles de leurs prédécesseurs·euses. Ce rapport de contamination entre artistes constitue un enjeu curatorial central.
La réciprocité y est également abordée du point de vue du rôle de la photographie au sein des pratiques respectives des artistes. Toustes ne se définissent pas nécessairement comme des photographes. Pourtant, la photographie joue chez chacun·e un rôle clé dans leur démarche : elle nourrit tantôt l’appréhension du volume, de l’écriture, de l’édition comme du dessin ; elle passe parfois au premier plan pour revenir plus tard au second plan du travail.
À ce titre, l’exposition proposée s’inscrit en plein dans la 3e thématique de l’appel à projet du Bicentenaire de la photographie : les œuvres présentées témoignent de l’invention permanente sans cesse à l’œuvre au sein du médium, le questionnant de ses multiples usages, de la photographie plasticienne en passant par ses possibles déclinaisons sociales, scientifiques ou éducatives.
LISTE DES ARTISTES PARTICIPANTS
Fanny Béguery invite Anne-Lise Seusse
La pratique photographique de Fanny Béguery convoque des formes hétérogènes et expérimentales, mêlant photographie, écriture, dessin et images imprimées. Elle aborde des enjeux historiques, géographiques et sociaux à partir de territoires investis, en concevant l’image comme un outil de visibilité, de transmission et de co-création. Elle développe ses projets à travers des démarches personnelles comme collectives, tout en menant une réflexion sur les pédagogies de l’art.
Elle partage avec Anne-Lise Seusse un intérêt commun pour le territoire, la photographie documentaire, la couleur, ainsi que des méthodes de travail. Le travail photographique et vidéo d’Anne-Lise Seusse explore les micro-ritualisations d’espaces périphériques à travers des pratiques de loisirs, révélant des formes de communautés et des usages en tension avec l’organisation politique des lieux. Sa démarche, proche de l’anthropologie, documente ces zones de friction entre réel et fiction.
Julien Guinand invite Charlotte Vignes
Julien Guinand développe un travail photographique documentaire et expérimental centré sur le territoire. Il s’intéresse aux écologies abîmées par la modernisation, les catastrophes ou les occupations industrielles et militaires. Au-delà des faits documentés, il rend visible la manière dont se trame le regard, dans une approche située et subjective, souvent à la première personne. Les images forment ainsi des récits ouverts, où le territoire devient le lieu d’une expérience, d’une énigme, d’une élaboration progressive du sens.
Ce caractère expérimental et ontologique se retrouve dans le travail de Charlotte Vignes, qui donne toute sa place à une forme d’incertitude propre à l’acte photographique. Par l’image fixe ou en mouvement, elle interroge les représentations du corps et du paysage à partir d’un rapport intime à sa propre corporéité, en s’inscrivant dans les balbutiements techniques et sensibles du médium. Comme chez Julien Guinand, le visible n’y est jamais donné comme un fait stable, mais comme le résultat d’un processus, laissant affleurer les traces, les gestes et les zones de flou où se reconfigure le sens.
Guillaume Janot invite Annaëlle Vanel
La pratique de Guillaume Janot joue avec les modes opératoires qui lui sont propres : à travers des corpus qui se développent sur le temps long, il déploie un dialogue entre portraits, paysages et natures mortes. La relation entre les images, aussi bien dans les expositions que dans ses livres, est un enjeu essentiel : elle propose autant de déroulements où le potentiel narratif reste libre et ouvert.
Son invitation à Anaëlle Vanel repose sur un point de rencontre, de proximité entre deux de leurs séries : une série qu’elle a réalisée à Rome, lorsqu’elle était encore étudiante, dans les studios de la Cinecittà, ou l’on traverse par l’image les décors de la Rome antique, et la série Ecostream qu’il développe depuis 2007 et qui, de Disneyland au jardin botanique de Sydney, en passant par Pékin ou le zoo de Vincennes, explore certains environnements factices ou reconstitués, où l’image surjoue de manière trompeuse l’immersion dans un « ailleurs ».
Amandine Mohamed-Delaporte invite Marine Leleu
En retraçant la genèse des infrastructures modernes en béton d’après-guerre, Amandine Mohamed-Delaporte, entremêle photographies, documents d’archives et maquettes, abordant ainsi le paysage urbain de la modernité, ses histoires occultées et les mythes qui les ont accompagnés. La photographie prend pour motif le terrain comme un espace d’histoires à révéler. À travers des paysages urbains, semi-urbains ou industriels, le projet photographique se structure autour d’un concept, synthétisant ainsi un cheminement sur le territoire.
Qu’il s’agisse d’explorer des archives photographiques ou de prélever des résidus sur place, Marine Leleu s’attache elle aussi à restituer une particularité constitutive des lieux. Toutes deux mènent des enquêtes visuelles au sein d’infrastructures industrielles et révèlent des strates temporelles, vestiges d’une région. De la matérialité des images aux dispositifs de monstration, chacune à sa manière déploie dans l’espace d’exposition le résultat d’une recherche plastique.
Pascal Poulain invite Valentin Derom
Pascal Poulain traque ce qui peut faire image depuis ce qu’il qualifie d’ « espaces-avatars » tel que l’urbanisme actuel les décline et que l’on retrouve dans certains écoquartiers, showrooms, villages témoins, quartiers d’affaires, espaces promotionnels des villes et des entrepreneurs, mais en particulier les expositions universelles. Il est à la recherche d’intervalles entre deux choses, objets, phénomènes ou entre deux personnes. Les photographies qui en résultent ont pour particularité de relever les à-côté, bords et marges d’une évidence.
Le choix d’inviter Valentin Derom, artiste et photographe, correspond à une concordance avec cette approche sensible et conceptuelle. Pour lui, les images sont des objets, des fragments qui prennent tout leur sens dans des installations minimales et conceptuelles. Il explore des récits de cicatrisations et de réparations. L’image est ici prétexte, autant à l’introspection qu’à l’altérité. Il déploie un langage photographique qui, tout en partant du concret, ouvre sur une méditation plus vaste : comment prendre soin sans effacer la complexité de ce qui vit, persiste ou disparaît ?
Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon 8 bis quai Saint Vincent69001 Lyon Lyon 69001 Pentes de la Croix-Rousse Métropole de Lyon Auvergne-Rhône-Alpes 04 72 00 11 71 https://www.ensba-lyon.fr L’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon (Ensba Lyon) est un établissement d’enseignement supérieur artistique public agréé par le ministère de la Culture. Bus
Formes de l’attention
© Anne-Lise Seusse
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