Peine Kapital : ce que Marie-José Mondzain voit de l’IA et son biais clair-obscur

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Avec Peine Kapital, monologue avec l’intelligence artificielle, Marie-José Mondzain propose bien davantage qu’un commentaire de plus sur l’intelligence artificielle. Son livre s’inscrit dans une œuvre remarquable, encore peu reconnue à sa juste valeur — elle est, à mes yeux, aux côtés de Régis Debray, l’une des plus grandes philosophes de l’image en France. Le fil rouge interroge les formes anciennes, byzantines et contemporaines de la dépossession symbolique, notamment ces régimes de visibilité qui capturent les sujets et ces appareils qui organisent la servitude en se présentant comme des puissances de libération. Dans cette veine, son présent essai a une force réelle. Il déchire l’enveloppe enchantée des discours d’innovation, refuse les extases technophiles à la Peter Thiel et rappelle que l’IA n’émerge pas dans le vide, mais au sein d’un monde structuré par la concentration capitalistique, l’extractivisme des données, la gouvernementalité algorithmique et la colonisation des attentions.

Présentation de l’éditeur : Qu’est-ce donc qu’une « intelligence » sans cerveau et sans corps ? Alors qu’on nous promet avec l’IA le meilleur comme le pire, Marie-José Mondzain choisit, au gré de ses échanges avec ChatGPT, d’interroger le robot sur ses « angles morts ». Exercice à la fois ludique et sérieux où la machine, « privée de toute imagination faute d’accès au désordre et au chaos », ne peut nier par exemple le dessein qui anime ceux qui la programment — lequel a tout à voir avec le pouvoir et la dépossession que nous impose le règne du capital : « la décapitation symbolique et programmée de toutes les têtes dont on attend la soumission ». Se dessinent pourtant, au détour de cette « conversation », des voies pour résister au décervelage par la « grâce de nos ruses », dont quelques personnages de Lewis Carroll, une exposition au Jeu de Paume, la puissance des plantes saxifrages et d’autres motifs empruntés à la philosophie, aux arts et aux sciences forment le prétexte.

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Le diagnostic de Peine Kapital sonne souvent juste. Il est même salutaire dans une époque portée à confondre puissance technique et promesse anthropologique. Pourtant, à mesure que l’on avance dans le livre, un paradoxe se dessine. Comment se fait-il qu’une philosophe qui a tant travaillé sur l’image — sa nature relationnelle, la conflictualité du visible, l’adresse, l’écart et la circulation entre les sujets — paraisse voir si peu, dans l’IA, la possibilité d’une dynamique dialogique capable de nourrir une véritable dialectique critique et, peut-être, sous certaines conditions, une forme d’émancipation humaine ?

« La technocratie organise un ravage psychique, produit une addiction productrice de jouissance sans attente et distribuée à une collectivité privée à la fois de corps, de rêve et de sensibilité. La technocratie est une hypnocratie. »

Une critique forte, mais orientée — biaisée ?

Il faut d’abord rendre justice au point de départ de Marie-José Mondzain. Sa méfiance à l’égard de l’IA n’est ni réflexe, ni technophobie sommaire. Elle procède d’un regard historique et politique des plus sérieux. L’intelligence artificielle qu’elle affronte n’est pas un concept pur, mais ses homologues qui se déploient désormais dans des infrastructures dominantes sous l’autorité des grandes fortunes technologiques, des plateformes globales, des logiques de capture et des marchés de l’attention.

« Il y a bien une confiscation de l’activité cognitive : notre mémoire, nos affects, nos traces deviennent matière première algorithmique ; ce qui était autrefois souvenir devient information transformable, sans affect, sans corps. »

De ce point de vue, l’autrice a raison de refuser le faux universalisme des récits lénifiants et faussement édifiants. L’IA réellement existante n’est pas un simple outil neutre flottant au-dessus des rapports de force. Elle est déjà prise, et même produite, au sein d’une architecture de pouvoir. C’est là où réside la force du livre : Marie-José Mondzain ne se demande pas in abstracto ce qu’est une intelligence sans cerveau et sans corps, elle interroge à qui profite la fiction de cette intelligence, quel type de rationalité elle promeut, voire qu’elle impose, et quel genre de dépossession elle normalise. Cela étant dit, le problème n’est pas qu’elle politise l’IA, mais qu’en la politisant avec justesse sur le terrain de son déploiement hégémonique, l’autrice tend à rabattre l’objet entier sur ce régime de capture.

Le paradoxe Marie-José Mondzain

« La mémoire morte désigne une mémoire sans deuil, sans chair, sans transformation subjective, une mémoire sans retour, sans inconscient, sans blessure, une mémoire qui interdit l’expérience du temps. »

Ce resserrement étonne d’autant plus qu’il provient d’une philosophe dont toute l’œuvre a appris à se défier des identifications trop rapides entre un médium et son usage dominant. Marie-José Mondzain s’efforce de montrer dans son oeuvre qu’une image n’est jamais tout entière réductible à sa fonction idolâtrique, propagandiste ou marchande. L’image peut servir la domination ; elle peut aussi rouvrir un espace de partage, de dissensus, d’interprétation, de circulation entre des regards qui ne coïncident pas. Son intérêt n’a jamais été la pureté du médium, mais l’indétermination de ses usages, l’écart qu’il rend possible, la scène de relation qu’il institue.

D’où la question qui donne à Peine Kapital une tension féconde : pourquoi cette pensée du dialogique semble-t-elle se refermer lorsqu’elle rencontre l’IA ? Pourquoi le visible, chez Marie-José Mondzain, demeure-t-il le lieu d’une lutte entre capture et liberté, alors que l’intelligence artificielle paraît n’être, ou presque, qu’un appareil de domination, de simulation et de dépossession ? Pourquoi la philosophe de l’adresse et du conflit interprétatif ne reconnaît-elle pas davantage la possibilité qu’un outil techniquement appauvri, ontologiquement ambigu et politiquement compromis puisse néanmoins produire des effets dialogiques réels ?

Le soupçon : il n’y a pas de dialogue sans incarnation

« Je sais bien que je jouais et faisais jouer, et que justement le but du jeu était de décider qui est le maître. »

Il serait trop simple d’imputer cela à une contradiction ou à un aveuglement. Il existe sans doute une raison théorique profonde à cette réserve. Pour Marie-José Mondzain, si l’on prolonge la logique de ses travaux antérieurs, le dialogue n’est pas un simple échange de signaux ou une alternance de tours de parole. Il suppose une altérité véritable, une exposition au monde, une opacité irréductible, peut-être même une vulnérabilité partagée. Il engage des sujets incarnés, traversés par le désir, le manque, le temps, la mémoire, la blessure et la mort.

Or l’IA, précisément, mime l’adresse sans l’habiter. Elle répond sans éprouver ; elle reformule sans expérience. Elle donne l’apparence de l’altérité, mais elle ne s’expose ni à la perte, ni au risque, ni à l’incompréhension vécue. En ce sens, on peut comprendre qu’aux yeux de Marie-José Mondzain elle ne soit pas un partenaire de dialogue, mais un simulacre de relation. Non pas un sujet dialogique, mais un opérateur pseudo-dialogique. La machine parle, mais ne répond pas depuis une intériorité ; elle enchaîne, calcule statistiquement, recode, restitue. De ce point de vue, la réserve de Marie-José Mondzain a une réelle portée. Ce qu’elle refuse, ce n’est pas seulement l’outil, mais la confusion entre langage et parole, entre interaction et relation, échange et dialogue.

Cette objection est sérieuse. Elle protège la pensée contre un anthropomorphisme facile. Elle rappelle qu’il ne suffit pas qu’une machine donne le change pour qu’elle entre dans la communauté des parlants. Mais suffit-elle à clore la question ? Rien n’est moins sûr.

Le dialogue n’est-il qu’un face-à-face de deux intériorités ?

« L’oubli, dans sa force créatrice, permet de réorganiser les traces, de recomposer les fragments et de faire place à l’incertain. »

Là se situe, peut-être, l’angle mort de Peine Kapital. Car, enfin, l’enjeu n’est pas tant de savoir si l’IA dialogue au sens plein du terme. L’enjeu me semble plus modeste, et aussi plus opératoire : l’interaction avec elle peut-elle, du côté humain, produire des effets dialogiques et dialectiques réels ? Peut-elle devenir, pour l’utilisateur ou l’utilisatrice, un support de reformulation, de contradiction, de déplacement, de mise à distance de ses propres évidences ? Peut-elle ouvrir un espace de travail critique, bien qu’elle n’en soit ni le sujet ni la fin ?

Autrement dit, la fécondité dialogique d’un dispositif ne suppose pas nécessairement qu’il soit lui-même un sujet moral ou une conscience incarnée. Elle peut tenir à la structure des effets qu’il rend possibles entre des humains. Une image ne parle pas ; pourtant elle adresse, provoque, déplace, fait comparaître, appelle des interprétations rivales, suscite du désaccord et relance du sens, comme le montre si bien Marie-José Mondzain dans ses différents ouvrages. Pourquoi exclure par principe qu’un outil comme une IA puisse, dans certains usages, jouer un rôle comparable, non comme détenteur du dialogue, mais comme médiation d’une relance dialogique ?

On objectera que la comparaison a ses limites. Une image ne se donne pas comme sujet répondant. L’IA, elle, occupe précisément la place de l’interlocuteur. Or c’est peut-être là aussi que réside son intérêt philosophique. Faux interlocuteur, certes ; interlocuteur simulé, sans doute ; mais précisément parce qu’il est faux, il peut agir comme révélateur. Il force à préciser ce que l’on pense, à mieux formuler, à distinguer, à réfuter, à reprendre autrement une intuition confuse. Il peut fonctionner comme un miroir déformant, comme un partenaire de rebond, comme un opérateur de variation, comme un tremplin intuitif. La machine n’a pas besoin d’être dialogique en elle-même pour nourrir, chez celui qui lui parle, un travail de dialogue avec soi, avec les autres, avec les concepts.

Une dialectique possible sans naïveté

C’est ici qu’il faut introduire une nuance décisive. Reconnaître à l’IA une possible fécondité dialogique n’implique nullement de la célébrer comme sujet émancipateur. Il ne s’agit pas de dire que l’IA penserait, libérerait ou ouvrirait d’elle-même un avenir meilleur au monde comme à son utilisateur. Il s’agit de refuser de la réduire entièrement à son usage hégémonique. Entre l’optimisme béat des industriels et le réquisitoire sans reste, il existe une ligne plus exigeante : celle d’une critique dialectique de l’outil.

Une telle critique partirait précisément de son ambivalence ontologique. Oui, l’IA est aujourd’hui massivement insérée dans les logiques de domination, de standardisation, d’expropriation et de dépendance. Oui, elle sert des intérêts impériaux et marchands. Oui, elle appauvrit parfois l’espace du langage et l’effort de réflexion en automatisant des gestes qui relèvent d’un travail humain de maturation. Reste qu’elle contribue aussi, dans certains cadres, à démocratiser des accès au savoir, à soutenir des efforts de traduction, à accélérer des comparaisons, à ouvrir des chemins de formulation à des sujets qui en étaient partiellement exclus, à servir de béquille cognitive, d’outil pédagogique, d’espace d’essai, voire de machine à désadhérer à certaines routines mentales…

Là encore, tout dépend des formes d’appropriation, des régimes techniques, des contextes d’usage et des médiations institutionnelles. Une intelligence artificielle branchée sur les logiques publicitaires de la plateforme n’est pas la même chose qu’un outil critique, artisanal, local, limité, placé au service d’un travail collectif de lecture, d’apprentissage ou de dispute raisonnée. En négligeant cette pluralité des régimes techniques et ces appropriations non hégémoniques, Marie-José Mondzain prend le risque de reconduire malgré elle une vision monolithique du statut de l’objet.

Ce que la pensée de l’image offre pourtant d’entrevoir

C’est là le point qui me semble le plus troublant. Le propre parcours intellectuel de Marie-José Mondzain, au demeurant remarquable, fournit les instruments d’une mise en réflexion plus ouverte. Quitte à trop résumer, toute son œuvre consiste à montrer qu’un médium n’est jamais épuisé par l’empire qui le capture. Toute image importante est traversée par une lutte entre sa puissance d’asservissement et sa puissance d’écart. Elle peut être prise dans des usages idolâtres ; elle peut aussi rouvrir de l’adresse, du conflit interprétatif, de l’imprévisible. Or c’est précisément ce schème que Peine Kapital suspend ou, du moins, affaiblit lorsqu’il s’agit de l’intelligence artificielle.

Le lecteur attentif osera donc retourner contre le livre l’une des grandes leçons de son autrice : un dispositif techniquement compromis n’est pas condamné pour autant à ne produire que de l’adhésion. Il peut aussi, sous certaines conditions et dans certains usages, rouvrir un jeu, rouvrir du jeu, faire jeu, voire faire « je ». L’IA n’est pas, pour reprendre le vocabulaire mondzainien, une scène d’adresse pure. En revanche, elle peut être l’occasion d’une relance du dissensus, d’une mise en travail de la pensée, d’un écart critique entre des humains qui s’en servent non pour déléguer leur esprit, pour le remettre en mouvement.

La question appelle alors un déplacement. Il ne s’agit plus de demander si la machine est essentiellement dialogique, mais si elle peut contribuer à instituer des espaces et des dimensions relationnelles où du dialogue redevient possible. La question n’est plus de savoir si elle est émancipatrice en soi, mais si, arrachée à certaines logiques de capture, elle peut nourrir une dialectique réelle entre sujets humains. Il ne s’agit plus de demander si elle possède une imagination, mais si son usage peut servir à rouvrir nos propres puissances d’imagination, de contradiction et de disputatio, au sens le plus exigeant du terme, comme s’y emploie d’ailleurs l’autrice dans le présent monologue accompagné.

Vers une nouvelle économie de l’icône ?

Une hypothèse mérite alors d’être formulée plus frontalement. Et si les intelligences artificielles n’étaient pas seulement des machines à produire des textes ou des images, mais les opérateurs d’une nouvelle forme d’iconisation ? Non pas au sens théologique classique, mais comme une mutation du régime même du visible. Là où l’icône byzantine ouvrait une fenêtre sur l’invisible — en maintenant l’écart, en refusant la capture — l’image issue de l’IA ouvre sur tout autre chose : un visible disséminé, recomposé, sans origine stable, extraite et redistribuée à partir d’une masse de formes préexistantes.

L’IA ne révèle pas un au-delà du visible. Elle met en forme ce que le visible contient déjà de dispersé, de latent, de non localisable. Elle ne donne pas accès à une transcendance ; elle donne accès à une profondeur immanente, celle d’un monde saturé d’images, d’archives, de traces. Ce qu’elle rend perceptible n’est pas un objet, mais une condition : le fait que toute image est désormais traversée par d’autres images, calculée, interpolée, recomposée. L’image générée n’est pas une apparition, elle est une opération.

On pourrait alors parler d’icônes d’un nouveau type, mais à rebours de leur sens originel. Non plus des fenêtres sur l’invisible, mais des miroitements du visible distribué ; non plus des surfaces de révélation, des surfaces de condensation ; non plus des seuils vers un au-delà, des nœuds dans un réseau. L’image d’IA n’ouvre pas un espace de retrait ; elle produit une surface saturée, immédiatement disponible, indéfiniment reproductible. Elle n’instaure pas une distance ; elle tend à abolir l’écart au profit d’une circulation sans résistance.

C’est en ce point précis que l’enjeu devient critique. Car si l’icône traditionnelle instituait une éthique du regard fondée sur la distance, l’attente et l’inappropriable, l’image générée risque de s’inscrire dans une économie inverse : celle de la disponibilité, de la fluidité, de la capture intégrale. Mais c’est aussi, paradoxalement, ce qui en fait l’intérêt philosophique. Car en exhibant un visible sans origine, sans centre et sans transcendance, l’IA ne se contente pas d’appauvrir l’image, elle en révèle la condition contemporaine. Non plus un monde ordonné par des images singulières, mais un monde travaillé par leur dissémination calculée. Et il convient d’interroger cette modification du régime des réelx.

Bien sûr, cette hypothèse n’exonère en rien l’analyse des infrastructures, des acteurs et des rapports de force qui conditionnent ce régime du visible. Pour autant, elle en déplace nettement le foyer.

Ouvrir, conclure et rouvrir

La force de Peine Kapital est de rappeler à qui veut l’entendre que l’IA n’est pas un innocent miracle technique. Cette révolution est prise dans l’histoire, dans les rapports de force, la violence des infrastructures et les rêves de maîtrise des empires numériques. Marie-José Mondzain a raison de s’opposer aux rhétoriques euphoriques de la neutralité et de l’inéluctable. Car, même si cet inéluctable devait s’imposer, il est sain pour un esprit critique d’en déminer les évidences. En revanche, c’est sans doute justement parce qu’elle entrevoit si bien les périls du présent qu’elle tend à sous-estimer la part d’indétermination contenue dans l’outil lui-même.

Car une technologie n’est pas seulement ce qu’en font ses maîtres. Elle est aussi un milieu de possibles, de détournements, de conflits d’usage, de bifurcations imprévues. Internet en est un exemple mondialement connu. La critique la plus forte — et, ipso facto, la plus mondzainienne — est celle qui maintient ouverte la tension entre capture et réappropriation, simulation et relance, pseudo-dialogue et effets dialogiques réels.

Le paradoxe de Peine Kapital se formule ainsi : Marie-José Mondzain y déploie une critique si aiguë des pouvoirs de capture de l’intelligence artificielle qu’elle en referme presque ce que sa propre pensée de l’image avait appris à maintenir ouvert : la possibilité qu’un médium impur, ambigu, compromis, puisse encore devenir, non pas en lui-même mais dans certains usages, un lieu de relance du dialogue, du dissensus et de la liberté.

Mon propos ne vise pas à techno-blanchir l’IA. Plutôt à prendre garde à ne pas l’essentialiser dans sa forme impériale du moment. Il convient de penser l’IA comme transformation du régime du visible sans céder ni à la fascination ni au rejet. C’est à cette condition seulement qu’une pensée critique de l’intelligence artificielle saura rester fidèle à l’exigence la plus profonde de Marie-José Mondzain elle-même : ne jamais abandonner, même dans les appareils les plus puissants de la capture, la possibilité d’un écart émancipateur, d’une rouverture. Ce qui se joue donc à travers cet essai et bien d’autres articles n’est pas tant l’avenir de l’IA que notre capacité à ne pas confondre mutation du visible et disparition du regard.

  • Marie-José Mondzain, Peine Kapital. Monologue avec l’intelligence artificielle, Paris, La Fabrique, 282 pages, avril 2026, 16 euros
Nicolas Roberti
Nicolas Roberti est passionné par toutes les formes d'expression culturelle. Docteur de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il étudie les interactions entre conceptions spirituelles univoques du monde et pratiques idéologiques totalitaires. Conscient d’une crise dangereuse de la démocratie, il a créé en 2011 le magazine Unidivers, dont il dirige la rédaction, au profit de la nécessaire refondation d’un en-commun démocratique inclusif, solidaire et heureux.