Aller au contenu
UNIDIVERSLE MÉDIAVERS CULTUREL

Dix-sept livres à glisser dans vos bagages cet été

Et si les livres devenaient, cet été, des passeports pour traverser les siècles, explorer le futur ou regarder autrement notre présent ? Romans historiques, fresques familiales, récits intimes, littérature jeunesse : voici dix-sept ouvrages peuplés de figures inoubliables et de territoires inspirants.

Au fil des pages, laissez-vous emporter par des voyages immobiles, des destins bouleversants et des histoires qui consolent, inquiètent ou éclairent. Nul besoin d’avion ni de valise trop lourde : seulement du temps, un peu de disponibilité et le désir de faire des rencontres mémorables. Parmi ces dix-sept livres, choisissez ceux qui accompagneront vos journées d’été.

Milady, Sofia, Bo : vous n’êtes pas près de les oublier

Vous avez détesté Milady de Winter, l’ennemie perfide des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Mais la connaissez-vous vraiment ? Je voulais vivre (Grasset, août 2025) est un roman haletant, traversé par un souffle épique. En miroir du chef-d’œuvre de Dumas, Adélaïde de Clermont-Tonnerre éclaire le visage d’une femme courageuse et déterminée à reprendre en main son destin, puis à se venger des bassesses des hommes. Une réhabilitation vibrante qui rend à Milady la place et la voix qui lui avaient été refusées. Le roman a reçu le prix Renaudot 2025.

Chez l’éditeur :découvrir Je voulais vivre sur le site des éditions Grasset.

Trahie par son fils, Sofia Ordoñez est pendue à l’aube sur la Plaza Vieja. Pourquoi Matías l’a-t-il dénoncée ? Par amour ou par vengeance ? La Rosa Perdida (JC Lattès, janvier 2026) est un roman de fièvre et de mémoire, un chant d’amour filial brisé par la dictature et une fresque de résistance portée par une héroïne inoubliable. Pour son premier roman, Christopher Laquieze fait dialoguer l’intime et le politique, le réel et le merveilleux, et livre une œuvre sensuelle, tragique et profondément humaine.

Chez l’éditeur :découvrir La Rosa Perdida sur le site des éditions JC Lattès.

Bo a quatre-vingt-neuf ans. Isolé dans un village suédois, il sent sa santé décliner. Lorsque son fils estime qu’il n’est plus capable de s’occuper de son chien, son seul et fidèle compagnon, le vieil homme plonge dans un tourbillon d’émotions. Il n’a jamais su parler à son fils. Les grues volent vers le sud de Lisa Ridzén (La Peuplade, mai 2026, traduit du suédois par Catherine Renaud) est un roman délicat sur la vieillesse, la solitude et la réconciliation. Avec une infinie tendresse, l’autrice évoque ce qui demeure lorsque le corps lâche : les regrets, l’amour maladroit et l’espoir, malgré tout, de réparer les silences.

Chez l’éditeur :découvrir Les grues volent vers le sud sur le site des éditions La Peuplade.

Écoutez le vivant

Louve en juillet de Gabrielle Filteau-Chiba (Dépaysage, août 2025) est une ode au vivant. Au Québec, une femme tente de se reconstruire après les épreuves traversées dans un monde hostile. Elle peut compter sur Séquoia, sa chienne-louve, mi-chienne, mi-coyote. Dans une langue poétique, l’autrice déploie une nature sauvage et magnétique où les personnages cherchent à se réinventer. Un récit lumineux sur la fuite, le désir de liberté et la force réparatrice des paysages.

Chez l’éditeur :découvrir Louve en juillet sur le site des éditions Dépaysage.

Avec Vorace de Małgorzata Lebda (Noir sur Blanc, janvier 2026, traduit du polonais par Lydia Waleryszak), la nature devient presque un personnage à part entière, aussi fascinant que menaçant. La narratrice revient à Maj, son village natal niché dans les Beskides. Avec son amie Ann, éclatante de beauté, elle accompagne sa grand-mère en fin de vie. Au fil des saisons se succèdent les tempêtes violentes, la neige silencieuse et les chaleurs écrasantes. Comme en miroir, l’état de la vieille femme oscille entre rémissions fragiles et brusques effondrements. Małgorzata Lebda, qui vit dans les Beskides, compose une écriture profondément poétique et sensorielle : on sent la boue sous les bottes, le vent sur la peau, l’odeur du sang et celle des cerises mûres.

Chez l’éditeur :découvrir Vorace sur le site des Éditions Noir sur Blanc.

Passé et futur pour mieux lire le présent

Les évadés du convoi 53 de Benjamin Fogel (Gallimard, mars 2026) retrace une page méconnue de l’histoire avec une remarquable puissance romanesque. L’auteur s’inspire du destin de son grand-père, Paul Fogel. En mars 1943, le convoi 53 quitte Drancy. À son bord se trouvent plus de mille Juifs déportés vers le camp d’extermination de Sobibór, en Pologne. Treize d’entre eux vont tenter le tout pour le tout afin d’échapper à la mort. Ce roman haletant raconte leur incroyable évasion : un récit de courage collectif et de survie qui rappelle combien la liberté tient parfois à quelques gestes de résistance.

Chez l’éditeur :découvrir Les évadés du convoi 53 sur le site des éditions Gallimard.

Publié en français en 1992 et réédité en Folio le 21 mai 2026, Les frères Holt de Marcia Davenport, traduit de l’anglais par France de Bardy, raconte la lente désagrégation d’une famille au rythme des bouleversements d’une époque. À New York, au milieu du XXe siècle, Seymour et Randall Holt, issus de la bonne bourgeoisie, sont retrouvés morts dans leur maison encombrée d’objets et de détritus. Comment ces deux hommes riches, cultivés et promis à un brillant avenir ont-ils sombré dans une telle déchéance ? Inspiré d’un fait divers qui fit sensation dans les années 1940, le roman reconstitue leur destin dans un récit tragique et envoûtant.

Chez l’éditeur :découvrir la nouvelle édition des Frères Holt sur le site de Gallimard.

Avec Le Chant du prophète (Albin Michel, janvier 2025, traduit de l’anglais par Marina Boraso), Paul Lynch imagine une société qui bascule progressivement dans l’autoritarisme. Ce roman oppressant et visionnaire, récompensé par le Booker Prize, résonne longtemps après la dernière page. Il paraîtra en version poche le 19 août 2026 au Livre de Poche.

Chez l’éditeur :découvrir Le Chant du prophète sur le site des éditions Albin Michel.

Novembre d’Alena Mornštajnová (Les Éditions Bleu et Jaune, mars 2026, traduit du tchèque par Anaïs Raimbault Biret) est une uchronie glaçante qui ausculte les désillusions d’une génération confrontée aux crises politiques et intimes. Que se serait-il passé en Tchécoslovaquie si, en 1989, la révolution de Velours avait échoué ? À travers deux trajectoires brisées, l’autrice livre un récit poignant et profondément inquiétant. Elle rappelle que la répression et la privation de liberté ne relèvent ni du seul passé ni de la seule fiction : elles demeurent une réalité pour de nombreux peuples.

Chez l’éditeur :retrouver Novembre et Alena Mornštajnová sur le site des Éditions Bleu et Jaune.

Quelques romans noirs pour frissonner

Saga familiale aux allures de roman noir, Chimère de Julie Wolkenstein (P.O.L, janvier 2026) est un roman choral tendu entre vérité et mensonge. Cinq femmes évoquent tour à tour la mort suspecte d’Osmond, tombé d’un immeuble à Rome en 1994. Comme les pièces d’un puzzle, leurs récits dessinent des versions contradictoires du disparu et révèlent les secrets, les blessures et les rapports d’emprise qui traversent la famille. Un jeu littéraire subtil, nourri notamment par l’œuvre d’Henry James.

Chez l’éditeur :découvrir Chimère sur le site des éditions P.O.L.

Avec La nounou d’Evelyn Piper (Folio policier, mai 2026, traduit de l’anglais par Élisabeth Gille), la vie familiale glisse peu à peu vers le malaise et la peur. Joey revient chez ses parents après avoir passé deux ans dans un institut spécialisé à la suite de la mort accidentelle de son petit frère. Il y retrouve la nounou engagée à la naissance de celui-ci. Le garçon est terrifié par sa présence, mais personne ne semble disposé à le croire. Evelyn Piper signe un huis clos psychologique d’une redoutable efficacité, fondé sur un doute lancinant : qui, de l’enfant ou de la nounou, dit la vérité ?

Chez l’éditeur :découvrir La nounou sur le site de Folio.

Des lectures pour tous les goûts et tous les âges

Kathryn Stockett, l’autrice de La Couleur des sentiments, fait son retour avec Le Calamity Club (Robert Laffont, mai 2026, traduit de l’anglais par Laura Satz). Dans le Mississippi des années 1930, des femmes que tout semblait séparer se rassemblent autour d’un même désir de justice et de liberté. Une histoire de résilience et d’amitié où la solidarité féminine devient une force d’émancipation.

Chez l’éditeur :découvrir Le Calamity Club sur le site des éditions Robert Laffont.

Les Fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghy (Gaïa, janvier 2026, traduit de l’anglais par Marie Chabin) mêle suspense, réflexion écologique et tragédie familiale. Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de Shearwater, une île perdue au milieu de l’océan Austral. Un soir de tempête, une femme échoue sur le rivage, miraculeusement vivante. D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ? Tandis que les secrets enfouis remontent à la surface, chacun doit affronter ses propres fantômes. Charlotte McConaghy signe un thriller polyphonique captivant sur la quête de communion et de beauté dans un monde au bord du précipice.

Chez l’éditeur :découvrir Les Fantômes de Shearwater sur le site des éditions Actes Sud-Gaïa.

Dans Ghost Stories (Gallimard, mai 2026, traduit de l’anglais par Frédéric Joly), Siri Hustvedt évoque avec une grande délicatesse sa vie avec Paul Auster, depuis leur rencontre au début des années 1980 jusqu’à la mort de l’écrivain en 2024. Un récit intime sur le deuil, la mémoire, l’écriture et l’amour, composé à partir des souvenirs et des traces laissées par plus de quarante années de vie commune.

Chez l’éditeur :découvrir Ghost Stories sur le site des éditions Gallimard.

Ces mains pour l’inquiétude (Al Manar, mai 2026) est un essai de Marie-Hélène Prouteau, illustré de dessins de la peintre Marie Alloy. L’ouvrage rassemble plusieurs textes brefs consacrés à ces mains qui, chacune à leur manière, ont façonné notre monde : celles de Charlie Chaplin, de Spinoza, de Camille Claudel, de Rosa Luxemburg et de bien d’autres. Sensuelles, ouvrières, musiciennes, dissidentes ou sorcières, quelles histoires d’amour, d’exil et de résistance nous racontent-elles ? « Et si ces mains étaient des poèmes tactiles ? »

Chez l’éditeur :découvrir Ces mains pour l’inquiétude sur le site des éditions Al Manar.

Beach Boys d’Arnaud Cathrine (Flammarion Jeunesse, juin 2026) capte la grâce fragile des étés adolescents, entre amitiés absolues et premiers vertiges. Titouan et Sacha, amis de longue date, s’apprêtent à passer les vacances avec leurs parents dans un camping des Landes. Leur été devait être entièrement consacré au surf, mais plusieurs événements imprévus viennent contrarier leurs projets. Arnaud Cathrine signe un roman sensible sur ce moment indécis où l’enfance commence à s’éloigner.

Chez l’éditeur :découvrir Beach Boys sur le site de Flammarion Jeunesse.

Dans Mira, notre chien (Les Fourmis Rouges, juin 2026), Delphine Perret évoque la cécité avec beaucoup de délicatesse en convoquant les autres sens. La jeune narratrice, non-voyante, raconte son chien, son ami et son protecteur : le cliquetis de ses griffes, la boue séchée sous ses pattes, son souffle de sanglier, l’odeur de la terre humide ou de la mousse. Sa sœur lui décrit, quant à elle, les couleurs du chien et de la forêt. Un très bel album écrit et illustré par Delphine Perret, à découvrir à partir de trois ans.

Chez l’éditeur :découvrir Mira, notre chien sur le site des éditions Les Fourmis Rouges.

Cet été, écoutez, regardez, ressentez, frissonnez. Lisez ! Et rappelons que le prix d’un livre neuf est fixé par l’éditeur : il est donc identique, à remise légale près, quel que soit le point de vente. Sur le chemin des vacances, entrer chez un libraire indépendant ne coûte pas plus cher, mais permet de faire vivre un lieu de conseil, de découverte et de proximité.

Avatar

L’auteur

Marie-Anne Sburlino

Lectrice boulimique et rédactrice de blog, je ne conçois pas un jour sans lecture. Au plaisir de partager mes découvertes.