Du vendredi 12 au dimanche 14 juin 2026, Lyon BD Festival revient pour une 21e édition qui célèbre aussi les 20 ans de Lyon BD.
À l’Hôtel de Ville, au Musée des Beaux-Arts, à l’Opéra Underground, au Théâtre Comédie-Odéon, dans les cinémas, les librairies et plusieurs lieux culturels de la ville, la bande dessinée s’ouvre à la Méditerranée, au cinéma, à la jeunesse, à la scène, à la musique et aux rencontres.
À Lyon, la bande dessinée ne se contente pas de tenir salon. Elle circule. Elle traverse les musées, les théâtres, les librairies, les cinémas, les scènes musicales, les salles de rencontre et l’Hôtel de Ville. C’est l’une des forces du Lyon BD Festival, qui revient du 12 au 14 juin 2026 avec une édition à la fois anniversaire, internationale et pluridisciplinaire. Le festival fête sa 21e édition tout en célébrant les 20 ans de Lyon BD, deux décennies durant lesquelles la manifestation a contribué à faire du 9e art un langage central de la vie culturelle lyonnaise.
L’édition 2026 est placée sous le signe de la Méditerranée. Ce choix n’est pas seulement géographique. Il ouvre un territoire de récits, de mémoires, d’exils, de langues, de ports, de conflits, de familles, d’identités et de passages. La Méditerranée y apparaît comme une mer de bandes dessinées possibles, un espace où les histoires intimes rejoignent les grandes secousses politiques, où les trajectoires familiales rencontrent les migrations, les villes, les guerres, les enfances et les reconstructions.
Le festival 2026 confirme aussi l’évolution de la bande dessinée contemporaine : elle n’est plus seulement un livre posé sur une table de dédicace. Elle devient projection, concert illustré, spectacle dessiné, balade urbaine, atelier jeunesse, exposition, performance, rencontre, table ronde, dialogue avec le cinéma ou la musique. Lyon BD ne se contente donc pas de célébrer les auteurs et autrices. Il montre la bande dessinée en train de sortir de ses cases.
Un festival anniversaire, mais tourné vers l’avenir
Le paradoxe de cette édition est intéressant. Elle regarde en arrière, puisqu’elle marque les 20 ans de Lyon BD, mais elle refuse la simple commémoration. L’équipe du festival insiste au contraire sur une ambition renouvelée : rester ancrée dans son territoire tout en ouvrant davantage le festival au monde, aux autres arts et aux nouveaux publics.
Cette double fidélité est au cœur de Lyon BD. Fidélité à la ville, d’abord, puisque le festival se déploie dans des lieux très identifiés du paysage lyonnais : l’Hôtel de Ville, cœur du week-end public, le Musée des Beaux-Arts, l’Opéra Underground, le Théâtre Comédie-Odéon, la Fnac Bellecour, le Parking Saint-Antoine LPA, l’Aquarium Ciné-Café, le Cinéma Comoedia ou encore plusieurs cinémas Pathé. Fidélité aux auteurs et aux éditeurs, ensuite, puisque les dédicaces, rencontres et tables rondes restent le socle de l’événement.
Mais l’édition 2026 affirme aussi une envie de déplacement. Elle met l’accent sur la jeunesse, le cinéma, la Méditerranée et les formes scéniques. Elle invite à ne plus penser la bande dessinée comme un art mineur, périphérique ou simplement illustratif, mais comme une grande forme narrative capable de dialoguer avec toutes les autres. Le 9e art y devient un point de passage entre littérature, arts visuels, musique, théâtre, cinéma, urbanisme et mémoire collective.
La Méditerranée, mer de récits et de mémoires
Le thème méditerranéen donne à cette édition une profondeur particulière. Il ne s’agit pas seulement d’évoquer le soleil, les ports ou les rivages. La Méditerranée est un espace de circulations, de fractures, de rencontres, de guerres, de migrations, de mythes et d’héritages. La bande dessinée, par sa capacité à associer le texte et l’image, le documentaire et l’intime, la mémoire et la fiction, est particulièrement apte à en raconter les complexités.
La présence de Zeina Abirached, autrice phare du festival et dessinatrice de l’affiche 2026, donne à ce fil méditerranéen une force symbolique. Son œuvre a souvent exploré Beyrouth, les souvenirs familiaux, la guerre, la mémoire urbaine et la manière dont les récits personnels traversent l’histoire collective. À Lyon, cette Méditerranée dessinée devient un espace de dialogue entre les rives, les langues et les imaginaires.
Le festival met également en avant Tout mais pas Beyrouth, rencontre autour de l’album de Jibé et Mathieu Diez, présenté à l’Opéra de Lyon. Le projet raconte la fabrication d’une bande dessinée née entre Lyon et Beyrouth, à partir des années passées par Mathieu Diez au Liban. Cette approche des coulisses de création correspond parfaitement à l’esprit 2026 : montrer non seulement les livres, mais les chemins qui les font naître.
Zeina Abirached, Zep, Guy Delisle, Florence Dupré la Tour : une constellation d’auteurs
Comme chaque année, les rencontres et les dédicaces constituent l’un des cœurs battants du festival. L’édition 2026 rassemble un nombre important d’auteurs et autrices, parmi lesquels Zeina Abirached, Zep, Guy Delisle, Florence Dupré la Tour, Chloé Cruchaudet, Alex W. Inker, Lucas Harari, Émilie Gleason, Sophie Guerrive, Serge Bloch, Théo Grosjean, Aurélie Neyret, Guillaume Singelin, Zainab Fasiki, Fabien Vehlmann, Christian Rossi, Jean Dytar, Virginie Ollagnier ou encore Yan Le Pon.
Cette liste dit beaucoup de l’identité du festival. Lyon BD ne sépare pas artificiellement les grands noms populaires, les écritures d’auteur, la jeunesse, l’autobiographie, le reportage, le récit social, la fantasy, l’humour ou les expérimentations graphiques. La programmation donne à voir une scène large, diverse, où la bande dessinée est à la fois un art de masse et un terrain d’invention formelle.
Les dédicaces obéissent toutefois à des règles précises. L’accès général reste gratuit, mais certaines dédicaces se font sur ticket, et l’achat d’au moins un album directement sur les stands des maisons d’édition et librairies présentes est nécessaire pour accéder aux signatures. Ce système permet de soutenir la chaîne du livre tout en organisant les flux de publics dans un festival très fréquenté.
Le vendredi 12 juin, journée professionnelle et premières scènes
Le vendredi 12 juin ouvre le festival sous deux formes. D’un côté, la journée professionnelle réunit les acteurs et actrices du secteur au Théâtre Comédie-Odéon. Les job meetings, eux, se tiennent au Collège Graphique, rue de Flesselles. Cette dimension professionnelle rappelle que Lyon BD n’est pas seulement un événement grand public. C’est aussi un lieu de structuration pour les auteurs, autrices, éditeurs, libraires, programmateurs, médiateurs et professionnels du livre.
Mais le vendredi est également une soirée d’ouverture artistique. Au Transbordeur, les Wampas donneront le concert d’inauguration, avec les Sex Shop Mushrooms en première partie et des auteurs au dessin, dont Émilie Gleason, Pickmean et Chris Regnault. Ce choix est révélateur de l’esprit Lyon BD : ne pas enfermer la bande dessinée dans le silence de la lecture, mais la projeter sur scène, au contact du rock, du punk, du geste live et de l’énergie collective.
Le même soir, l’Aquarium Ciné-Café accueillera Dans l’atelier de Lucas Harari, projection et rencontre autour du travail de l’auteur sur Le Cas David Zimmerman. Ici, le cinéma sert à entrer dans l’atelier, dans la méthode, dans le mystère d’un album. Le festival commence donc par deux portes très différentes : la scène électrique d’un concert dessiné et l’intimité d’un processus de création.
Samedi 13 et dimanche 14 juin, l’Hôtel de Ville comme cœur public
Le week-end des 13 et 14 juin, l’Hôtel de Ville devient le cœur du festival public, ouvert de 10h à 18h. C’est là que se concentrent les grands rendez-vous de dédicaces, les stands des maisons d’édition, les rencontres, les tables rondes et une partie des animations. Le choix de l’Hôtel de Ville reste l’un des symboles forts de Lyon BD : la bande dessinée entre dans un lieu institutionnel majeur, non comme divertissement secondaire, mais comme art pleinement légitime.
Les rencontres abordent des questions très diverses. Une table ronde interroge la manière de s’adresser aux enfants, avec Sophie Guerrive, Clément Devaux et Carole Maurel. Une autre rencontre, Se raconter en bande dessinée, met en dialogue Sylvain Bordesoules et David Combet autour des récits queer et de l’intime. Dessiner les classes sociales réunit le public autour de Florence Dupré la Tour et de sa manière d’interroger les rapports de domination et d’argent.
Ces sujets montrent que Lyon BD ne réduit pas la bande dessinée à ses genres ou à ses publics. Le festival prend au sérieux sa capacité à penser la société. Enfants, classes sociales, récits queer, Méditerranée, villes, cinéma, mémoire, guerre, humour, transmission : le 9e art apparaît comme un laboratoire critique autant qu’un art populaire.
La bande dessinée sort de la page
L’un des intérêts majeurs de cette édition 2026 tient à son dialogue avec la scène et le cinéma. À l’Opéra de Lyon, le concert illustré Soli Deo Gloria x Francesco Tristano réunit Jean-Christophe Deveney, Édouard Cour et Francesco Tristano autour d’une forme où dessin en direct, narration et musique se répondent. La bande dessinée devient ici performance, partition visuelle, espace de projection.
Le même lieu accueille une rencontre avec Zep autour de Tourner la page, gratuite sur réservation, ainsi qu’une rencontre consacrée à Tout mais pas Beyrouth, avec Jibé et Mathieu Diez. Le Théâtre Comédie-Odéon propose Le Piano Oriental, plongée scénique dans l’univers de Zeina Abirached, tandis que l’Opéra Underground accueille Detroit Roma, spectacle dessiné inspiré de la bande dessinée d’Elene Usdin et Boni.
Le cinéma tient également une place forte. Au Comoedia, la projection de M le Maudit sera suivie d’une rencontre avec Alex W. Inker, auteur de Krimi, qui s’est plongé dans l’univers sombre de Fritz Lang. Le festival montre ainsi comment la bande dessinée travaille avec les autres arts : elle adapte, prolonge, contredit, éclaire, réinvente ou met en scène les récits venus d’ailleurs.
Jeunesse, ateliers et nouveau Prix Lyon BD Jeunesse
L’édition 2026 accorde une place renforcée à la jeunesse. Le festival inaugure un Prix Lyon BD Jeunesse, pensé comme un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée. Cette création est significative. Elle rappelle que la bande dessinée reste l’un des grands arts d’entrée dans la lecture, mais aussi que les jeunes lecteurs ne sont pas un public secondaire. Ils ont leurs exigences, leurs émotions, leurs références, leur sens du rythme et du récit.
Expositions, ateliers, spectacles et rencontres leur sont destinés. La question n’est pas seulement de fabriquer une programmation « pour enfants », mais de prendre au sérieux la relation entre images, narration, apprentissage, humour et imaginaire. À une époque où les écrans structurent fortement les usages culturels, la bande dessinée conserve une force particulière : elle enseigne la lecture séquentielle, la lenteur, le détail, la composition et l’art de passer d’une image à l’autre.
Les ateliers, souvent gratuits mais parfois sur inscription ou payants selon les cas, participent de cette dynamique. Ils permettent au public de ne pas seulement rencontrer les œuvres finies, mais d’approcher les gestes : dessiner, cadrer, raconter, imaginer, composer une planche, comprendre comment une histoire prend forme.
Lyon, ville dessinée
Lyon BD 2026 ne se contente pas d’occuper des lieux culturels. Le festival invite aussi à regarder la ville autrement. La rencontre et balade urbaine Le Piéton de Lyon : réinventer la ville en dessins, autour de Didier Tronchet, en est un bel exemple. L’exposition est présentée à la librairie Le Bal des Ardents, et des balades urbaines gratuites sur réservation sont proposées le dimanche 14 juin.
Ce type de proposition touche à une dimension essentielle de la bande dessinée : sa capacité à faire voir les villes. Une rue, un pont, une façade, une place, un café, une pente, un fleuve deviennent autre chose lorsqu’ils passent par le dessin. Ils ne sont plus seulement des éléments de décor. Ils deviennent des personnages, des rythmes, des cases, des trajets, des souvenirs. Lyon, ville de confluences et de strates, se prête particulièrement à ce regard séquentiel.
Le festival s’inscrit ainsi dans une géographie urbaine très concrète. Il relie l’Hôtel de Ville, la place des Terreaux, Bellecour, les cinémas, les librairies, le 1er, le 2e, le 4e et le 7e arrondissement, et même Villeurbanne avec le concert d’ouverture au Transbordeur. La bande dessinée devient une manière de parcourir la métropole.
Un art populaire devenu art total
Lyon BD Festival 2026 montre combien la bande dessinée a changé de statut. Elle est toujours un art populaire, accessible, drôle, narratif, familial, capable de réunir enfants, adolescents, adultes, collectionneurs et simples curieux. Mais elle est aussi devenue un art total, traversé par le cinéma, la musique, le théâtre, le documentaire, l’autobiographie, la recherche graphique, les enjeux sociaux et les formes numériques.
Cette évolution ne signifie pas que la bande dessinée aurait perdu sa simplicité première. Au contraire, elle conserve son pouvoir d’entrée immédiate : une image, un personnage, un trait, une bulle, un silence suffisent souvent à faire naître le récit. Mais elle a gagné une reconnaissance nouvelle, que les festivals comme Lyon BD contribuent à installer durablement.
En 2026, l’enjeu est donc moins de prouver que la bande dessinée est un art que de montrer combien elle dialogue avec tous les autres. Lyon BD s’affirme comme l’un des lieux où cette conversation devient visible, vivante et joyeuse. Pendant trois jours, la ville ne lira pas seulement des albums. Elle se laissera dessiner.
Programmation 2026, principaux repères
Vendredi 12 juin 2026
- Journée professionnelle Théâtre Comédie-Odéon, sur inscription.
- Job meetings Collège Graphique, 13 rue de Flesselles, sur inscription.
- 20h, Transbordeur concert d’inauguration avec Les Wampas, première partie Sex Shop Mushrooms, dessins en direct avec Émilie Gleason, Pickmean et Chris Regnault, tarif 25 à 30 €.
- 20h30, Aquarium Ciné-Café Dans l’atelier de Lucas Harari, projection et rencontre autour de Le Cas David Zimmerman.
- Opéra de Lyon concert illustré Soli Deo Gloria x Francesco Tristano, avec Jean-Christophe Deveney et Édouard Cour, tarif de 15 à 19 €.
Samedi 13 juin 2026
- 10h à 18h, Hôtel de Ville ouverture du cœur public du festival, dédicaces, éditeurs, rencontres et animations.
- 10h45, Cinéma Comoedia M le Maudit, projection suivie d’une rencontre avec Alex W. Inker, tarif 6,50 €.
- 13h30, Hôtel de Ville rencontre Se raconter en bande dessinée, avec Sylvain Bordesoules et David Combet, accès libre.
- 15h, Hôtel de Ville rencontre Dessiner les classes sociales, avec Florence Dupré la Tour, accès libre.
- 16h, Hôtel de Ville table ronde S’adresser aux enfants, avec Sophie Guerrive, Clément Devaux et Carole Maurel, accès libre.
- Opéra de Lyon rencontre avec Zep autour de Tourner la page, gratuit sur réservation.
- Opéra de Lyon rencontre Raconter Beyrouth… Tout mais pas Beyrouth, avec Jibé et Mathieu Diez, gratuit sur réservation.
- 19h, Opéra Underground Detroit Roma, spectacle dessiné d’après Elene Usdin et Boni, tarif unique 7 €.
- 19h, Théâtre Comédie-Odéon Le Piano Oriental, plongée scénique dans l’univers de Zeina Abirached, tarif 15 €.
Dimanche 14 juin 2026
- 10h à 18h, Hôtel de Ville deuxième journée publique du festival, dédicaces, rencontres et animations.
- 11h et 16h balades urbaines Le Piéton de Lyon : réinventer la ville en dessins, avec Didier Tronchet, gratuites sur réservation.
- Musée des Beaux-Arts ateliers BD gratuits, sur inscription.
- Hôtel de Ville et lieux partenaires rencontres, tables rondes, expositions, dédicaces et propositions jeunesse.
Informations pratiques
- Événement Lyon BD Festival 2026
- Édition 21e édition et célébration des 20 ans de Lyon BD
- Dates vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 juin 2026
- Journée professionnelle vendredi 12 juin, Théâtre Comédie-Odéon, 6 rue Grolée, 69002 Lyon, sur inscription
- Job meetings vendredi 12 juin, Collège Graphique, 13 rue de Flesselles, 69001 Lyon, sur inscription
- Cœur public du festival samedi 13 et dimanche 14 juin, de 10h à 18h, Hôtel de Ville, place des Terreaux, 69001 Lyon
- Principaux lieux Hôtel de Ville, Musée des Beaux-Arts, Opéra Underground, Théâtre Comédie-Odéon, Fnac Bellecour, Parking Saint-Antoine LPA, Aquarium Ciné-Café, Cinéma Comoedia, cinémas Pathé Bellecour, Vaise et Carré de Soie
- Tarifs entrée générale gratuite ; certains concerts, projections, ateliers ou spectacles sont payants ou sur réservation
- Contact contact@lyonbd.com ; 04 82 91 77 74
- Site officiel lyonbd.com
- Programmation officielle consulter la programmation
- Infos pratiques préparer sa venue
- Billetterie réserver les événements concernés
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