Du 13 juin au 30 août 2026, le Festival Photo Martagny revient pour sa 9e édition dans le Vexin normand.
Autour du Moulin de Martagny, onze expositions gratuites en plein air, accessibles sept jours sur sept, réunissent Jean Gaumy, David Těšínský, Francesca Piqueras, Tateyuki Adachi, Frédéric Grimaud, Vincent Binant, Frank Deschandol, Olivier Mühlhoff, l’ECPAD, Xavier Lambours, Erwan Autret avec l’IME Bernard Laurent de Montrôty, ainsi qu’un projet participatif de Daniel Nicolaevsky Maria autour de la mémoire normande.
À Martagny, la photographie ne s’accroche pas seulement aux cimaises. Elle respire dehors. Elle borde les chemins, traverse les jardins, se glisse dans les perspectives rurales, dialogue avec les façades, les arbres, l’eau, les herbes et les lumières changeantes de l’été normand. Depuis 2018, le Festival Photo Martagny transforme ce village de l’Eure en parcours d’images à ciel ouvert. Pour sa 9e édition, du 13 juin au 30 août 2026, il poursuit cette aventure avec onze expositions gratuites en libre accès, déployées sur cinq hectares autour du Moulin de Martagny.
Le succès du festival tient à une idée simple et puissante : faire venir la photographie contemporaine dans un territoire rural, sans la réduire, sans l’édulcorer, sans la rendre intimidante. Ici, pas de porte à franchir, pas de billet à acheter, pas de seuil institutionnel. On marche, on regarde, on s’arrête, on reprend le chemin. La photographie devient une expérience de déambulation, de plein air, de lenteur et de proximité.
Cette accessibilité n’empêche pas l’exigence. L’édition 2026 rassemble des signatures reconnues, des artistes internationaux, des regards documentaires, animaliers, poétiques, plastiques et participatifs. De la mer aux identités contemporaines, du carnaval haïtien aux arbres mémoriels, de Verdun aux métamorphoses du vivant, de la beauté des corps aux autoportraits oniriques d’adolescents en situation de handicap, Martagny construit un parcours sensible, généreux et profondément humain.
Jean Gaumy, les hommes de mer et la gravité du réel
La présence de Jean Gaumy donne à l’édition 2026 une profondeur documentaire majeure. Membre de l’agence Magnum Photos et de l’Académie des beaux-arts, le photographe présente Les hommes de mer. Son œuvre est associée depuis longtemps aux mondes du travail, aux espaces clos, aux communautés humaines exposées à la dureté des éléments, aux gestes précis et aux vies tenues au bord de l’effacement.
Avec la mer, Jean Gaumy retrouve un territoire qu’il a souvent observé comme un espace d’épreuve. La mer n’est pas ici décorative. Elle est force, danger, métier, fatigue, beauté rude. Elle impose ses rythmes, ses lois, ses violences. Les hommes qui l’affrontent apparaissent dans une relation de dépendance et de résistance. Ils ne posent pas devant le paysage. Ils appartiennent à une condition.
Dans le cadre ouvert de Martagny, ces images prennent une résonance singulière. Elles amènent le large au cœur du Vexin normand. Elles rappellent que la photographie documentaire, lorsqu’elle est portée par un regard de cette densité, ne se contente pas d’informer. Elle donne forme à une dignité, à une endurance, à une mémoire des corps au travail.
David Těšínský, les identités hors zone de confort
Avec Different Beauty, David Těšínský apporte au festival un regard documentaire frontal, souvent attiré par les existences situées hors des normes dominantes. Son travail s’intéresse aux subcultures, aux identités marginalisées, aux réalités sociales controversées, aux corps et aux vies qui résistent aux catégories trop simples.
Le titre de l’exposition, Different Beauty, dit bien l’enjeu. Il ne s’agit pas seulement de montrer la différence. Il s’agit de déplacer l’idée même de beauté. La beauté n’est plus lisse, conforme, attendue. Elle surgit dans la singularité, dans la puissance d’affirmation, dans les blessures, les styles, les visages, les gestes, les communautés choisies. Elle devient une manière de tenir debout.
À Martagny, cette série introduit un contrepoint urbain, social et contemporain dans un parcours rural. Elle évite au festival de se replier sur une imagerie de paysage ou de contemplation. Elle rappelle que la photographie est aussi un art de la rencontre avec ce qui dérange, ce qui échappe, ce qui demande à être regardé sans condescendance.
Francesca Piqueras, la fracture du monde et la matière des ruines
Francesca Piqueras présente De la fracture à la matière, une exposition qui s’inscrit dans une interrogation centrale de son œuvre : la relation de l’humanité à son environnement. Ses photographies travaillent souvent les lieux de transition, les structures abandonnées, les surfaces marquées, les paysages industriels ou maritimes, les traces d’un monde qui se transforme et se défait.
Chez Francesca Piqueras, la ruine n’est pas seulement un vestige. Elle devient matière visuelle. Les fractures, les oxydations, les cassures, les lignes et les masses composent une esthétique de la disparition. Mais cette beauté n’est jamais innocente. Elle fait sentir les effets de nos usages, les violences lentes de l’exploitation, l’érosion des formes, la fragilité des environnements.
Dans un festival de plein air, cette exposition trouve une force particulière. Elle place le visiteur devant une question silencieuse : que faisons-nous aux paysages que nous habitons ? Comment regarder la beauté d’une matière abîmée sans oublier ce qu’elle raconte de notre monde ?
Tateyuki Adachi, la nuit du lion
Le photographe japonais Tateyuki Adachi présente Lion Night. L’exposition explore la présence du lion dans la nuit africaine, sa puissance, son économie de mouvement, son rapport à l’espace et à l’obscurité. Le texte officiel évoque la beauté dynamique de l’animal, l’harmonie entre forme et fonction, et cette impression d’être transporté sur une autre planète ou dans un autre temps.
La photographie animalière peut facilement tomber dans l’image spectaculaire ou décorative. Lion Night semble chercher autre chose : une atmosphère, une apparition, une tension entre la visibilité et l’invisible. Le lion n’est pas seulement un sujet majestueux. Il est une présence qui émerge du noir, une force presque mythologique, un corps qui condense à lui seul le mystère du vivant.
Dans le parcours de Martagny, cette série introduit une dimension nocturne et sensorielle. Elle invite à regarder plus lentement, à accepter que toute photographie n’explique pas son sujet, mais l’approche par éclats, par signes, par intensités.
Frédéric Grimaud, le souffle vital du carnaval de Jacmel
Avec Souf Lavi : l’élan vital, Frédéric Grimaud emmène le public à Jacmel, en Haïti, dans l’univers du carnaval. Mais le carnaval ne commence pas seulement dans la rue. Il commence dans les maisons, à l’aube, avec les mains qui retouchent les masques, ajustent les costumes, réparent, collent, préparent, inventent. Le festival donne ainsi à voir non seulement la fête, mais sa fabrication.
Le carnaval est ici plus qu’une explosion de couleurs. C’est une force de survie, une mémoire populaire, une créativité collective, une manière de transformer la précarité en puissance visuelle. Les masques, les corps et les matières deviennent des signes de résistance autant que de fête. Le titre créole, Souf Lavi, insiste sur ce souffle de vie qui traverse les images.
À Martagny, cette exposition apporte une énergie lumineuse et politique. Elle rappelle que les cultures populaires ne sont pas des décors exotiques, mais des formes de vitalité, de réinvention et d’expression collective.
Olivier Mühlhoff, les arbres comme mémoire en mouvement
Olivier Mühlhoff présente Arborescences. Le point de départ est simple et universel : regarder les arbres par la fenêtre d’un train. Ils défilent. L’un d’eux attire l’attention, puis disparaît. Que reste-t-il de cette vision fugitive ? Une forme, une silhouette, une émotion, peut-être seulement la trace d’un instant.
L’exposition interroge la mémoire du paysage. Les arbres y deviennent des présences traversées par le temps, vues trop vite mais retenues par l’image. Ils sont à la fois motifs, corps, signes, architectures végétales. Dans un festival installé en pleine nature, cette série dialogue immédiatement avec le lieu. Les arbres photographiés répondent aux arbres réels. Le visiteur passe de l’image au paysage, du paysage à l’image.
Arborescences donne ainsi au parcours une respiration méditative. Elle rappelle que la photographie ne fixe pas seulement ce qui est spectaculaire. Elle peut aussi recueillir ce qui passe presque inaperçu, ce que le mouvement emporte, ce que la mémoire recompose.
Vincent Binant, Zhitong et la beauté des corps
Avec Zhitong, Vincent Binant propose une galerie photographique où la beauté des corps et de la nature se répondent. Son travail interroge les rapports humains, la temporalité des choses, la création et la manière dont le regard organise la présence d’un corps dans un espace.
Le titre, mystérieux pour beaucoup de visiteurs, ouvre une zone d’incertitude. Il invite à recevoir les images sans immédiatement les réduire à un discours. Les corps, les formes naturelles, les postures et les matières semblent former un vocabulaire commun. La photographie devient un lieu de correspondances entre peau, lumière, végétal, silence et durée.
Dans la programmation 2026, Zhitong apporte une dimension plus intime et plus plastique. Elle équilibre les grands récits documentaires par une attention à la présence, à la forme et à la relation entre l’humain et son environnement sensible.
Verdun, photographier la Grande Guerre
Le festival accueille également Verdun, photographier la Grande Guerre, exposition proposée en partenariat avec l’ECPAD, l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense. À partir de fonds photographiques et audiovisuels, le parcours revient sur la bataille de Verdun et sur la manière dont la guerre a été vue, documentée, archivée.
Cette exposition introduit une autre temporalité dans le festival. Elle rappelle que la photographie est aussi un outil de mémoire nationale, de preuve, de propagande parfois, de deuil et d’histoire. Les images de guerre ne sont jamais seulement des images. Elles portent la violence d’un événement, mais aussi les conditions dans lesquelles il a été regardé, conservé, transmis.
À Martagny, dans un cadre paisible et rural, Verdun résonne autrement. Le contraste entre la sérénité du lieu et la mémoire du front donne à cette exposition une puissance de rappel. La photographie y devient un lien fragile entre le présent de la promenade et la profondeur tragique du XXe siècle.
Frank Deschandol, les maîtres du camouflage
Frank Deschandol présente APPARITIONS, parcours de photographie animalière pensé notamment pour les enfants et les familles. Le projet explore une question fondamentale du vivant : comment éviter d’être repéré lorsque l’on est vulnérable ? Et, inversement, pourquoi certaines espèces cherchent-elles à être vues ?
L’exposition est idéale dans un festival de plein air. Elle transforme la visite en jeu d’observation. Il faut chercher, deviner, distinguer une forme, comprendre une stratégie de camouflage, accepter que le vivant se cache autant qu’il se montre. Les enfants peuvent y entrer avec plaisir, mais le sujet n’a rien d’anecdotique. Le camouflage est une grande leçon d’évolution, de survie, de relation entre prédateurs et proies, visibilité et disparition.
APPARITIONS rappelle ainsi que la photographie animalière n’est pas seulement affaire de patience ou de beauté. Elle peut devenir une pédagogie du regard. Apprendre à voir, c’est aussi apprendre à respecter ce qui ne se livre pas immédiatement.
Erwan Autret et l’IME Bernard Laurent, l’inclusion par l’image
L’exposition Autoportraits oniriques, portée par Erwan Autret avec les jeunes de l’IME Bernard Laurent de Montrôty, donne au festival une dimension inclusive essentielle. Elle met en lumière les travaux artistiques de jeunes en situation de handicap, accompagnés dans une démarche de création et d’expression personnelle.
L’autoportrait est un exercice puissant. Il ne consiste pas seulement à se représenter. Il permet de se projeter, de se rêver, de construire une image de soi qui échappe aux assignations. Le qualificatif « onirique » est important : il ouvre la possibilité d’une identité imaginaire, symbolique, libre, où chacun peut apparaître autrement que par le regard social porté sur le handicap.
Dans un festival fréquenté par des publics très variés, cette exposition affirme que la photographie peut être un outil d’émancipation. Elle donne une visibilité sans réduire les jeunes participants à leur situation. Elle les inscrit dans un parcours artistique commun, au même titre que les photographes professionnels invités.
Xavier Lambours et Daniel Nicolaevsky Maria, deux échappées participatives
L’édition 2026 accueille aussi Xavier Lambours avec Gueule de bête, capsule photographique née d’un photocall improvisé autour de la relation entre l’être humain et l’animal. Mis à l’honneur lors de l’édition précédente, le photographe revient ici sous une forme plus brève, ludique et complice. Le titre joue sur l’ambiguïté du visage, du masque, de l’animalité, de la pose et du déguisement.
En marge du parcours photographique, Daniel Nicolaevsky Maria propose Miroir Normand, une expérience participative liée au centenaire de la mort de Claude Monet. Pendant deux mois, du 15 juin au 14 août, l’artiste plasticien franco-brésilien est en résidence dans le Vexin normand. Les habitants et visiteurs sont invités à photographier des paysages et scènes de vie qui serviront de base à une création picturale collective.
Cette proposition prolonge intelligemment l’esprit du festival. Elle ne place pas le public seulement devant les images. Elle l’invite à en produire, à regarder son territoire, à participer à une œuvre commune. Martagny devient alors non seulement un lieu d’exposition, mais un atelier ouvert sur le paysage normand.
Un festival rural, gratuit et exemplaire
Le Festival Photo Martagny est aujourd’hui l’un des exemples les plus convaincants de démocratisation culturelle en milieu rural. Sa gratuité totale, son accès libre sept jours sur sept, son inscription dans le paysage et la mobilisation bénévole qui le rend possible en font un modèle rare. À 1h30 de Paris, entre Rouen et Beauvais, le village propose un rendez-vous photographique qui n’a rien à envier aux grandes manifestations urbaines par la qualité de sa programmation.
La reconnaissance du festival le confirme. Distingué par une Étoile européenne en 2023, puis reconnu en 2025 comme Trésor du Vexin normand, le rendez-vous a acquis une place particulière dans le paysage culturel régional et national. Mais sa force tient surtout à son ancrage. Près de la moitié des habitants du village est mobilisée dans l’organisation, l’accueil, le montage des expositions, le kiosque d’information et les temps de rencontre. La photographie devient affaire commune.
Cette dimension collective donne au festival une tonalité très différente des grandes machines événementielles. Martagny ne plaque pas un festival sur un territoire. Il le fait naître du territoire lui-même. Les images ne sont pas importées dans un espace indifférent. Elles rencontrent un village, ses habitants, son moulin, ses chemins, ses arbres, son eau, ses saisons. C’est cette relation directe entre art, lieu et hospitalité qui fait la singularité du festival.
Les Soirées du Festival, une nouveauté 2026
L’édition 2026 ne se limite pas aux expositions. Elle annonce également des rencontres, visites guidées, ateliers, projections et Soirées du Festival. Le site officiel mentionne notamment plusieurs rendez-vous estivaux de 16h à 21h au Moulin, avec animations, DJ sets, rencontres et visites guidées. La soirée d’ouverture, le 13 juin, donnera le coup d’envoi de deux mois et demi d’images et d’événements.
Ces soirées renforcent la dimension vivante du festival. Elles évitent que le parcours ne soit seulement un dispositif permanent. Elles créent des moments de rassemblement, de parole, de fête, de médiation et de rencontre avec les artistes. La photographie s’y regarde, mais elle se discute aussi. Elle devient prétexte à conversation, à convivialité, à partage d’expériences.
En cela, Martagny défend une conception très contemporaine de l’exposition en plein air. Le parcours reste accessible à tout moment, mais il est ponctué de rendez-vous qui réactivent les œuvres, les replacent dans une relation humaine et permettent au public de revenir autrement au fil de l’été.
Martagny, le village comme galerie à ciel ouvert
La réussite du Festival Photo Martagny repose enfin sur un rapport très juste à l’espace. Les tirages grands formats ne sont pas simplement disposés dehors. Ils recomposent le village. Ils invitent le public à prendre les chemins, à regarder les façades, à suivre les lignes du paysage, à s’attarder près du moulin, à éprouver la lumière, le vent, la météo, les variations d’un même lieu selon les heures.
Cette manière d’exposer change la relation aux images. Dans un musée, le visiteur avance dans une architecture conçue pour l’art. À Martagny, l’art vient rencontrer une architecture rurale, des jardins, des arbres, des horizons. Le regard n’est pas isolé du monde. Il reste en contact avec les sons, les odeurs, la température, les autres promeneurs, les animaux parfois, les conversations. La photographie n’est plus séparée de la vie.
Du 13 juin au 30 août 2026, Martagny propose donc davantage qu’un festival photographique. Il offre une expérience de regard en plein air, une traversée des mondes par les images, une fête rurale de la photographie contemporaine. Entre Jean Gaumy et les jeunes de l’IME Bernard Laurent, entre Verdun et Jacmel, entre les lions nocturnes, les arbres fugitifs, les corps, les masques, les camouflages et les paysages normands, cette 9e édition affirme une conviction simple : une grande photographie peut apparaître partout, pour peu qu’un territoire sache l’accueillir.
Les 11 expositions 2026
- Les hommes de mer, Jean Gaumy.
- Different Beauty, David Těšínský.
- De la fracture à la matière, Francesca Piqueras.
- Lion Night, Tateyuki Adachi.
- Souf Lavi : l’élan vital, Frédéric Grimaud.
- Zhitong, Vincent Binant.
- APPARITIONS, Frank Deschandol.
- Arborescences, Olivier Mühlhoff.
- Verdun, photographier la Grande Guerre, ECPAD.
- Autoportraits oniriques, Erwan Autret avec les jeunes de l’IME Bernard Laurent de Montrôty.
- Gueule de bête, Xavier Lambours.
En marge du parcours, le projet participatif Miroir Normand de Daniel Nicolaevsky Maria est proposé en résidence du 15 juin au 14 août 2026.
Informations pratiques
- Événement Festival Photo Martagny 2026
- Édition 9e édition
- Dates du samedi 13 juin au dimanche 30 août 2026
- Lieu Moulin de Martagny, 1 Le Bourg, 27150 Martagny, Eure, Normandie
- Parcours 11 expositions photographiques en plein air sur 5 hectares
- Accès gratuit, libre accès 7 jours sur 7
- Kiosque ouvert 7 jours sur 7 durant le festival
- Programme associé rencontres, visites guidées, ateliers, projections, Soirées du Festival
- Animaux acceptés
- Organisateur association Visions d’Ailleurs
- Contact +33 6 13 21 04 17 ; contact@festivalphotomartagny.fr
- Site officiel festivalphotomartagny.fr
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