À Uruk, Gilga règne sur un royaume devenu laboratoire politique, alimentaire et technologique. Son application Berger a presque aboli la faim ; sa mise à jour quantique Oméga doit désormais étendre l’écosystème à douze nouveaux pays. À la veille du basculement, les Arènes royales accueillent une course de jetpacks où un concurrent inattendu va bouleverser le spectacle. Bienvenue dans H+ _La Trame, partie I, chapitres 16 à 17 : Uruk et son Berger, le paradis redouté
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Intelligence artificielle, transhumanismes, écologie, recompositions impériales, distribution, manipulation et captation des énergies, soin du corps et de l’esprit, spiritualités nouvelles, éclatement des régimes de vérité, normalisation du superstitieux, biotechnologies et nouvelles conceptions du vivant : le roman d’anticipation H+ _La Trame ne cherche pas à isoler l’une de ces mutations, mais à imaginer ce qui advient lorsqu’elles commencent à former un seul monde.
H+ _La Trame est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou situations réelles doit être comprise comme un effet de recomposition imaginaire et non une description fondée sur l’existence réelle d’éléments du parc humain.
Chapitre 16 — Gilga, roi et berger d’Uruk
À peine la trentaine, et déjà son nom résonne comme un orage. Gilga, fils de Lugalbanda Mesh, le roi défunt, et de Ninsoun, la grande prêtresse aux yeux sombres des nuits violettes et régente du royaume, accède au trône d’Uruk à vingt et un ans. Jeune, audacieux, sans grande pitié, pas beau mais séduisant, magnétique, il façonne son petit royaume qui se trouve à cheval entre l’Iran et l’Irak comme on sculpte une statue colossale — à coups de marteau, dans le fracas, les éclats, la poussière et la jubilation.
Sous son règne, les chantiers ne s’arrêtent jamais. Nuit et jour, les ouvriers manient le fer et la pierre à l’ombre des grues. Chaque semaine surgissent un hôtel six étoiles, une avenue ourlée de palmiers et d’essences rares achetées à prix d’or aux forêts du monde, une tour de verre qui transperce un ciel sans nuage. Uruk, cité antique des dieux et des rois, s’érige en vitrine du futur. Les architectes s’y lancent des défis de titans, les ingénieurs inventent des machines qu’aucun autre État n’ose financer.
Mais le chef-d’œuvre de Gilga porte un nom : Berger. À la fois application et écosystème, Berger est gouverné par une Intelligence Artificielle Générale conçue par les informaticiens d’Uruk et capable d’apprendre, d’anticiper et d’exécuter toute tâche cognitive aussi bien qu’un humain, voire mieux. En pratique, elle distribue sa puissance de calcul entre les serveurs de la Bergerie et une myriade de centres agricoles, énergétiques et logistiques disséminés à travers le Royaume. Berger utilise l’Internet mondial pour son interface publique — l’application est disponible sur tous les téléphones et tablettes —, mais son cœur opératoire repose sur une seconde peau plus profonde : un réseau fermé de fibres optiques, de relais sécurisés et de protocoles souverains, conçu pour limiter au maximum les pénétrations extérieures.
Conçue pour calculer, produire, rationaliser et distribuer au mieux les ressources alimentaires, l’application Berger attend sa prochaine mise à jour. Celle-ci doit lui permettre de changer d’échelle, en nombre d’utilisateurs comme en profondeur d’action, et de raccorder progressivement d’autres flux critiques du vivant : l’eau, bien sûr, mais aussi les chaînes du froid, les stocks pharmaceutiques, les transports sanitaires et les priorités d’urgence. Une providence logistique, en somme, tombée dans un code royal.
Depuis trois ans, chaque foyer des villes et villages du Royaume reçoit à domicile, chaque jour ouvrable, la livraison d’un panier gratuit aux apports nutritionnels et gustatifs parfaitement calculés selon les besoins des membres du foyer.
Le peuple d’Uruk, qui garde en mémoire les famines cycliques des siècles passés et les excès des élites, voit désormais tomber du ciel une nourriture sobre mais bonne, parfaitement adaptée aux besoins de chacun. Comme aime le répéter la directrice du Centre de communication royale : « Comme un berger prend soin de son troupeau, Berger prend soin de nous tous ». Formule qui touche au cœur un peuple anciennement bédouin. Il suffit de s’inscrire en quelques minutes sur l’application Berger pour que le miracle se renouvelle chaque jour. Plus personne ne manque de nourriture, peu gaspillent. Les plus riches se voient contraints de ne plus jeter des suppléments achetés en extra, mais de remettre le surplus à la navette publique qui collecte en même temps qu’elle délivre et devient, le samedi et le dimanche, une réserve en libre accès où chacun pioche les denrées au gré de son envie.
Au début, les multinationales grincèrent des dents, mais refuser cette application royale signifiait l’exil. Uruk devint une source d’inspiration aux yeux du monde. Aujourd’hui, le petit royaume est devenu un modèle. Comme l’a titré un journaliste du Herald Tribune : « Uruk, le paradis redouté ».
Cette réorganisation de la gestion, de la collecte et de la distribution alimentaires s’accompagna d’une loi de vie que Gilga imposa à tous : le végétarisme. Comme à peu près tous les membres de l’Ordre pythagoricien, le roi d’Uruk respecte l’impératif édicté par Pythagore de ne pas ingérer de chair animale. Le premier Grand-Maître et son épouse Theano enseignaient que certains humains se réincarnent dans ce stade primitif de conscience qui anime les bêtes ; dès lors, la pire atrocité serait d’ingérer une bouchée de son propre père… de son père biologique ou non… « Ce serait ignoble. »
Deux ans après son accession au trône, il bannit la viande. Les deux premières années bruissèrent de scepticisme, de grincements de dents — jamais en sa présence, toujours rapportés par ses services de renseignement : « Vos sujets craignent d’y perdre vigueur et plaisir, Majesté ». Mais trois ans plus tard, les résultats parlèrent d’eux-mêmes : corps plus robustes, maladies chroniques en recul, enfants mieux portants. Les médecins, d’abord réticents, devinrent ses alliés.
Exception qui confirme la règle : une cérémonie annuelle subsiste. Des bœufs, choisis, élevés et choyés durant des mois, sont préparés et sacrifiés selon un rite minutieux. Gilga en personne reçoit, une fois l’an, tremblant, la première part des mains du Grand-Imam. La viande, distribuée avec lenteur et solennité, devient plus qu’un aliment : une offrande charnelle rare, un lien avec le passé carnivore, un souvenir collectif transfiguré qui pose une question vertigineuse : comment aider les animaux à élever leur conscience autrement que par leur incorporation dans la chair humaine ? Beaucoup refusent désormais d’y prendre part, préférant la pureté végétale ou rebutés par le sang. Mais pour d’autres, ce festin unique reste une liturgie identitaire, mémoire vive d’un rapport encore obscur à la bête.
Pour autant, les vastes projets et les progrès accomplis par ce grand bâtisseur révèlent en creux un autre Gilga : le roi des excès, des caprices et d’un appétit sans borne. Sans parler d’une sexualité débridée, insatiable, qui prend racine dans une révélation traumatisante.
À quatorze ans, se retrouvant par inadvertance caché dans le bureau de son père, il assista à une dispute d’une rare violence entre ses parents. Il y apprit que sa mère avait séduit quinze ans plus tôt le Grand-Imam du Royaume. Ils furent amants jusqu’à ce que le roi Lugalbanda découvre l’affaire et y mette fin « naturellement » six mois avant la naissance de Gilga. Terré derrière une bibliothèque, le garçon devint livide.
Un silence glacial tomba. Sa mère le brisa : « Je charme les êtres, et tel est mon bon plaisir… » Le roi bondit, gifla sa femme, la jeta sur le bureau, la retroussa, la força. Après l’outrage, Ninsoun se redressa lentement et sortit dans un silence empesé de dignité ; jamais personne n’avait osé lever la main sur elle, encore moins la forcer. À son tour, le roi quitta la pièce, noir de rage. Gilga mit une heure à se recomposer. Trois semaines plus tard, on retrouva le roi mort d’une crise cardiaque apparemment « naturelle ».
Cette scène, ce viol, cette mort fracturèrent Gilga. Dans son psychisme, la figure du religieux et celle du roi — ses deux pères possibles — brûlaient comme une plaie. Fascination, haine, désir — pour les autres comme pour soi-même — s’entrelaçaient comme des serpents. À dix-sept ans, il dominait par le corps et les ordres, jouissait dans la transgression, tentait en vain d’effacer une souillure sans fond. Les hommes défilaient dans son lit ; chaque étreinte renversait, par dérision et vengeance, l’autorité paternelle. Gilga devint un être d’animalité redoutée et d’intelligence amère, jamais comblé, toujours despotique.
Ninsoun, régente du royaume, eut recours à toutes les thérapies, rationnelles ou occultes, afin de tenter de sauver son fils qui s’approchait de la majorité et de son sacre. Gilga, à vingt ans, se réjouissait : « Je serai bientôt un grand roi admiré et redouté. »
C’est alors qu’elle parvint à contacter la docteure Noor Khan qu’elle implora de soigner son fils. Noor accepta et découvrit que Gilga était doué de la Lyre. Elle prit sous son aile cet apprenti pétri de nœuds de douleur. L’apprentissage, long, accompagna son accession au trône et les premières années de son règne. Gilga mûrit, retrouva le calme, sans atteindre la paix. Il cessa de faire volontairement du mal.
Son initiation au quatrième degré eut lieu il y a six ans ; Noor l’avait porté avec foi jusqu’au bout. Depuis son initiation, au cours de laquelle il manipula pour la première fois avec sa Lyre le corps astral de sa marraine et goûta aux énergies superflues qui s’en détachaient, il nourrit le rêve d’une humanité en paix qui n’aurait plus ni faim ni soif et où le soin serait enfin administré avec justice et efficacité. Il imagina plusieurs projets jusqu’à concevoir l’application Berger. Ce fut une réussite aussi totale qu’inattendue.
Désormais, son animalité conquérante brûle d’une ambition sincère : être celui qui met fin à la faim sur Terre. Ses orgies et ses réformes, son messianisme social et sa frénésie charnelle naissent d’une même faille, celle d’un bâtard qui veut être aimé comme un dieu.
Gilga, despote sensuel, humaniste, bâtard en quête d’absolu, bâtit un empire de sable noir en clair-obscur. Un royaume de plaisirs et de pain, de jouissance et de salut, où la manne de l’étoile du Berger tombe chaque jour dans des ventres qui ne connaissent plus la faim. « Berger prend soin de nous tous. »

Blason de Gilga Mesh, Conseiller du Grand-Maître
Or, une nouvelle phase s’annonce. Elle a pour nom Oméga. Ω, dernière lettre de l’alphabet grec, désigne la mise à jour quantique du cœur de calcul de l’IAG, l’Intelligence Artificielle Générale qui gouverne Berger.
Elle va permettre de repousser les limites de calcul afin d’étendre Berger aux douze premières nations fascinées par le miracle économique du royaume. Douze, soit treize avec Uruk, c’est une bonne taille pour tester la fiabiité de l’écosystème et progresser, si tout se passe comme Gilga l’espère, vers l’objectif des prochaines années : non seulement un programme mondial de redistribution — Europe, Chine, Inde, Russie, Indonésie, Afrique, Amériques —, mais un réseau global de gestion des ressources capable de recalculer en temps réel les apports caloriques, les matières premières, l’impact carbone, les réserves d’eau, les chaînes du froid, les stocks pharmaceutiques, les outils médicaux et, bientôt… les énergies. Toutes les énergies.
Durant les derniers mois, des milliers de kilomètres de fibres sécurisées ont ainsi été tirés vers les premiers pays frontaliers du royaume d’Uruk puis à travers leurs territoires afin de les raccorder au réseau Berger. Centres relais, nœuds énergétiques, protocoles fermés, stations de refroidissement, couloirs logistiques : sous l’application visible de tous se dessine une seconde peau. Chaque serveur national de gestion est relié à la Bergerie sans transit par l’Internet mondial. La seule souveraineté technique laissée aux États raccordés consiste à pouvoir éteindre, en quelques instants, l’ensemble du réseau Berger présent sur leur territoire si leur gouvernement le juge nécessaire.
Cette mise à jour quantique de Berger et cette extension vont rendre Gilga incroyablement riche. Elles méritent bien une fête. L’annonce de l’anniversaire de ses dix années de règne et de la première Uruk Grand Jetpack Race a déjà fait le tour de la planète.
Chapitre 17 — Arènes royales Lugalbanda Mesh
Le désert de sable noir et or se mue en amphithéâtre de science-fiction. Des pylônes luminescents griffent le ciel, des arches de bronze crachent leurs reflets sur un lac artificiel noir comme une pupille dilatée. Les drones, bourdons métalliques, vrombissent sans répit. Les haut-parleurs déversent des chants qui battent avec euphorie comme un cœur géant. Les écrans avalent les visages de deux cent mille spectateurs, filtrés par l’argent — mille BergeroCoins le ticket d’entrée, plus un parasol climatisant en supplément, indispensable, lui aussi à… mille BergeroCoins. « Tout pareil, m’sieur dame !… »
Plus de quatre mille invités d’élite, utiles, inutiles, mais souvent voraces, se sont rués au palais d’Uruk : couronnes en exil, milliardaires carnassiers, starlettes en sequins, généraux reconvertis en mécènes. Dans les gradins incrustés de nacre, on sert boissons de fruits, de fleurs et de racines, parfois psychotropes, ainsi que des drogues synthétiques comme de l’eau bénite, notamment la nouvelle drogue qui fait fureur malgré son prix exorbitant : les pilules d’Aure qui provoquent un sentiment océanique chez le consommateur mais pas de dépendance.
Au-dessus, derrière les vitres de son palais de verre, Gilga contemple sa fresque : dix ans de règne réussis et l’écosystème Berger dont la puissance va être décuplée demain grâce à Oméga. Demain, un premier ensemble de douze pays se connectera à Berger afin de partager une prospérité alimentaire et sanitaire, mais aussi de tester la gestion unifiée des flux vitaux sous une même Intelligence Générale. Douze comme une constellation sacrée : Arabie saoudite, Bahreïn, Jordanie, Émirats arabes unis, Koweït, Liban, Palestine, Qatar, Oman, Syrie, Turquie, Yémen.
La course n’est donc pas qu’une fête. C’est une démonstration. Ses ministres y testent des armes réelles, non létales, mais économiques et diplomatiques. Ils y scellent des marchés, y mesurent des fidélités, y éprouvent des dépendances nouvelles. Certains invités n’y voient qu’un cirque, une orgie de vitesse et de flammes. De riches imbéciles.
Dans ce déluge, une invitée de marque fend soudain la rumeur à l’entrée des Arènes et attire le feu des photographes : la riche entrepreneuse chinoise Cixi. Combinaison graphite, talons durs sur le sol poli, elle descend de sa limousine blindée escortée de gardes. À son bras, un jeune homme massif, cheveux bouclés en liberté, yeux clairs d’une teinte irréelle pour un Asiatique. Les caméras convergent vers eux. Cixi lève le menton :
— Mon frère, Anki.
Le murmure serpente, incrédule : « Qui est ce frère inconnu que la princesse communiste introduit au milieu des têtes couronnées ? » Mais voilà que les tambours électroniques battent le rassemblement avant le départ.
Cixi arrive avec Anki, bientôt rejoints par Ishtar. Tous trois découvrent l’équipe chinoise complètement effondrée : son champion vient de manquer une marche en descendant un gradin des Arènes et a dégringolé un escalier — pied cassé, hors-jeu. L’accident bête.
Anki propose. Cixi réfléchit, Ishtar soupèse, l’entraîneur hoche la tête. Anki apprécie les défis animaux ; à sa demande, il est harnaché. Le jetpack — ruche de métal et de feu — vibre déjà contre son dos comme une bête enragée.
— Tu es sûr de toi, Anki ? demande l’entraîneur.
— Et de ta maîtrise ? ajoute Cixi.
— Cixi, tu sais bien que j’en fais presque tous les jours quand je suis au château. C’est comme cela que j’observe la vie de mes amis les bêtes et que je tente de retrouver le chemin qui mène à la harde.
— Bon, le pire qu’on risque, c’est… que tu sois dernier.
— Le jetpack, c’est simple : il suffit de ne plus penser, de se laisser voler et rugir.
Tout le monde approuve.
L’entraîneur file enregistrer le nom d’Anki sur le formulaire de participation et signer la décharge de responsabilité en cas d’accident de son poulain…
Les concurrents flottent désormais au-dessus de la ligne, casques effilés, turbines prêtes comme des taureaux de feu. Sur les écrans s’affiche : « Récompense : 10 000 000 BergeroCoins ».
Gilga donne le départ par un traditionnel coup de fusil.
Les premiers s’arrachent dans une gerbe de flammes, entre missile et cerf-volant. Le sable tremble sous la pluie brûlante des turbines. Anki est secoué, projeté en arrière. Il manque son envol. Pourtant, son corps se souvient des courses dans les marais, des bonds de branche en branche, de l’instinct qui lui fait sentir les courants d’air. Alors il cesse de piloter, il bondit.
Au troisième anneau, son épaule effleure une stèle, y laisse une haleine de peinture. La foule hurle. Plus loin, une Québécoise géante danse son virage par deux touches blanches, trois ripostes, une glissade au ras de l’eau turquoise, geyser jaillissant pour piéger ses poursuivants. Alors, c’est le chaos.
Un crash sec, turbine russe éclatée, gerbe de flammes dans le lac. Ovations. Un Saoudien heurte un pylône en une pluie de fragments noirs. Les drones happent la panique, la transforment en spectacle pour les millions de spectateurs connectés à travers le monde.
Le public devient animal. On crie, on halète ; les flammes se mêlent aux confettis dans le dernier tour. Deux silhouettes s’entrechoquent, plongent, offertes en sacrifice à la gloire d’Uruk. Un Éthiopien vole comme un magnifique oiseau au long cours, bardé de muscles impénitents ; Anki ressent chaque tension de l’air et anticipe toute accélération musculaire.
Dernier anneau.
Anki, torse bandé, muscles brûlants, dévore l’air comme une panthère dévore son bond. Ce n’est plus un jetpack qui le propulse, c’est la mémoire vivante de son souffle sauvage. L’Éthiopien favori, soudain comme malmené par un vent invisible, déboîte trop large. Anki passe devant lui. Et franchit la ligne, souffle rauque, casque en feu. Il a arraché la victoire.
Les écrans affichent : « VAINQUEUR : NO NAME (formulaire en cours de validation) »
La foule est en délire.
Cher lecteur, à demain pour la suite.



