Le festival DésARTiculé achèvera sa 22e édition les vendredi 26 et samedi 27 juin 2026 à Moulins, près de Vitré, en Ille-et-Vilaine.
Théâtre de rue, cirque, danse, performances musicales, spectacles burlesques et concerts investiront le bourg jusqu’au cœur de la nuit. Porté par l’association Rue des Arts, ce rendez-vous défend depuis plus de vingt ans une culture populaire, itinérante et accessible, capable de transformer les places, les cours et les prés en scènes à ciel ouvert.
À Moulins, commune d’Ille-et-Vilaine située entre Vitré et La Guerche-de-Bretagne, les spectacles surgissent au détour d’une rue, s’installent dans la cour de l’école, débordent sur la place de l’église ou prennent possession d’un pré. Durant deux jours, le village devient une vaste scène dont les habitants, les artistes et les visiteurs composent ensemble le décor mouvant.
Les vendredi 26 et samedi 27 juin 2026, le festival DésARTiculé y déploiera le temps fort final de sa 22e édition. Une vingtaine de représentations et de rendez-vous se succéderont entre danse, cirque, théâtre gestuel, clown, musique et formes volontairement inclassables. La programmation cultive un goût marqué pour le burlesque, l’absurde et le déplacement du regard, sans renoncer à des propositions chorégraphiques ou théâtrales plus sensibles.
Un festival né à Moulins et devenu itinérant
L’histoire commence en 2005. Quatre habitants de Moulins, passionnés par les arts de la rue, imaginent de faire éclore quelques spectacles dans leur commune. De cette initiative naissent l’association Rue des Arts et le festival DésARTiculé.
Le rendez-vous dépasse progressivement les limites du village pour circuler dans le pays de Vitré. En un peu plus de vingt ans, le festival a organisé des représentations dans 36 communes et accueilli plus de 350 troupes. Son implantation rurale n’est pas un décor secondaire : elle constitue le principe même du projet. Il s’agit de porter le spectacle vivant dans des territoires où les propositions culturelles professionnelles restent moins nombreuses et de créer une relation directe entre les artistes, les lieux et leurs habitants.
L’édition 2026 comprend ainsi trente spectacles présentés du 30 mai au 27 juin dans plusieurs communes de Roche aux Fées Communauté et de Vitré Communauté. Après Torcé, Saint-Germain-du-Pinel, Marcillé-Robert, Arbrissel, Balazé et d’autres étapes, le festival revient à son point d’origine pour son grand week-end à Moulins.
Danse collective, frères maladroits et Twingo suspecte
Le vendredi 26 juin débutera à 19 h avec Un verano naranja, avant une succession de spectacles répartis entre le pré, la cour de la salle, la cour de l’école et la place de l’église.
Parmi les propositions les plus attendues figure Goodbye persil, de la compagnie L’Arbre à vache. Deux frères à bord d’une Twingo grise rôdent autour d’un jardin public avec des cagoules, une mission particulière et une maîtrise très relative de la discrétion. Presque sans paroles, le spectacle associe jeu corporel, cascades burlesques et création sonore pour composer un hommage aussi maladroit qu’attachant à la fraternité.
La compagnie Dyptik présentera de son côté Mirage (un jour de fête). Cette création chorégraphique immersive puise dans l’énergie des danses traditionnelles et collectives. Les pas frappent le sol, les corps dessinent des cercles et la séparation habituelle entre la scène et le public se trouble. Le spectacle sera donné vendredi à 22 h 30, puis repris samedi à 18 h 15 sur la place de l’église.
La première soirée se prolongera avec Jean-Noël Mistral, URBAM et un set nocturne de DJ Tuk Tuk, musicien rennais et ancien globe-trotteur qui remixe les musiques du monde en passant du hip-hop au reggae et d’un continent à l’autre.
Le samedi, le village bascule dans l’absurde
La journée du samedi 27 juin commencera à 15 h avec Hématomes et quinte bémol du Duo Kor. Deux percussionnistes prétendent révéler au public l’œuvre d’un obscur compositeur du XVe siècle, sans disposer d’instruments mais avec une profusion d’objets, de gestes et de percussions corporelles. Entre clown, faux opéra savant et anti-humour, la conférence musicale devrait rapidement perdre toute prétention académique.
À 19 h 30, Fidji, de La Dépliante, suivra Starsky dans sa recherche obstinée d’un chat très spécial. Acrobate, culturiste approximatif et « félinosophe », le personnage déroule des raisonnements où le vrai et le faux finissent par former une catégorie nouvelle : le « vraux ». Le spectacle, recommandé à partir de 10 ans, transforme l’enquête animalière en dérive métaphysique et physique.
À 20 h, la compagnie Du Coin conduira La Cérémoniale, une célébration musicale participative menée par six musiciens présentés comme des chamans « proto-hippies ». Chants, danses, scènes de transe et cérémonial collectif doivent conduire le public vers un hypothétique éveil au « totem de l’Absurde », quelque part entre libération spirituelle, fête populaire et dérèglement joyeux.
La soirée réunira également Des habits et vous, TROU, une création de la compagnie Marinette Dozeville, La Mort sûre puis le concert de Mezcal Bomba à 23 h. Le festival se poursuivra ensuite en musique jusqu’à environ 2 h du matin.
L’espace public comme lieu de rencontre
Au-delà de l’accumulation des spectacles, DésARTiculé affirme une conception précise des arts de la rue. L’espace public n’y sert pas seulement de salle gratuite : il devient un lieu de frottement entre des personnes, des disciplines et des usages qui ne se seraient pas nécessairement rencontrés ailleurs.
La présence d’un spectacle dans un pré ou sur une place modifie temporairement la perception du village. Un mur devient un fond de scène, une cour devient un théâtre et une rue ordinaire se transforme en espace d’attention collective. Le public peut passer d’une proposition à l’autre, interrompre son parcours, revenir, s’éloigner ou se laisser incorporer au jeu.
Rue des Arts revendique parallèlement une accessibilité sociale, financière et physique du festival. L’association applique des tarifs modérés, développe l’accueil des personnes en situation de handicap et affirme une politique de prévention des violences sexistes et sexuelles. Elle cherche également à réduire l’impact environnemental de ses activités par la limitation des déchets et de la consommation d’eau ainsi que par l’encouragement des transports collectifs ou des mobilités douces.
Programme du vendredi 26 juin 2026
- 19 h : Un verano naranja — Pré
- 20 h : Slow Park — Pré
- 20 h 15 : TROU — Cour de la salle
- 21 h 30 : Goodbye persil — Cour de l’école
- 22 h 30 : Mirage (un jour de fête) — Place de l’église
- 22 h 45 : Jean-Noël Mistral — Cour de la salle
- 23 h 30 : URBAM — Pré
- Minuit : DJ Tuk Tuk — Pré
Programme du samedi 27 juin 2026
- 15 h : Duo Kor, Hématomes et quinte bémol — Pré
- 15 h 30 : TéKiToi — Pré
- 15 h 45 : Jean-Noël Mistral — Cour de la salle
- 16 h : Gimmik manège — Pré
- 16 h 45 : Goodbye persil — Cour de l’école
- 18 h : Duo Kor, Hématomes et quinte bémol — Pré
- 18 h 15 : Mirage (un jour de fête) — Place de l’église
- 19 h 30 : Slow Park — Pré
- 19 h 30 : Fidji — Cour de la salle
- 20 h : La Cérémoniale — Pré
- 20 h : TéKiToi — Pré
- 21 h : Des habits et vous — Pré
- 21 h 45 : TROU — Cour de la salle
- 21 h 45 : Compagnie Marinette Dozeville — Pré
- 22 h : La Mort sûre — Cour de l’école
- 23 h : Mezcal Bomba — Pré
Festival DésARTiculé 2026 : informations pratiques
Dates : vendredi 26 et samedi 27 juin 2026.
Lieu : centre-bourg de Moulins, 35680, notamment rue de l’Église et rue de la Métrie.
Horaires : ouverture du site vendredi à partir de 18 h, premières représentations à 19 h ; ouverture samedi à partir de 14 h, spectacles dès 15 h.
Tarifs pour les plus de 16 ans : 10 € le vendredi, 15 € le samedi et 20 € le pass deux jours. Des tarifs solidaires respectivement fixés à 15 €, 20 € et 25 € sont proposés aux personnes souhaitant soutenir davantage le festival.
Billetterie : réservation en ligne auprès de l’association Rue des Arts sur HelloAsso.
Renseignements : association Rue des Arts, 06 70 06 84 10.
Public : plusieurs spectacles sont accessibles à tous ; certaines propositions sont recommandées à partir de 8 ou 10 ans.
