Urban Sketchers Rennes. La ville croquée sur le vif à La 2e Chaussette

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urban sketchers rennes

Du 1er juin au 20 juillet 2026, treize dessinateurs et dessinatrices du collectif Urban Sketchers Rennes exposent leurs visions de la ville au bar La 2e Chaussette, rue de Dinan. Une invitation à regarder Rennes autrement, carnet ouvert, trait vif et regard en alerte.

On peut traverser une ville d’un pas pressé, la consommer par adresses, la photographier distraitement, la commenter depuis un écran. On peut aussi s’asseoir sur un banc, poser un carnet sur les genoux, choisir un angle, accepter les passants, la lumière qui bouge, le bus qui s’interpose, la façade qui tremble un peu sous la main, puis dessiner ce qui est là. Non pas la ville idéale, ni la ville patrimoniale figée, mais la ville vécue, observée, surprise dans son mouvement.

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C’est tout l’esprit des Urban Sketchers. Leur devise, désormais mondiale, tient en quelques mots : montrer le monde, un dessin à la fois. À Rennes, le collectif Urban Sketchers Rennes s’inscrit dans cette aventure depuis 2016. Il réunit des amateurs, des professionnels, des carnetistes, des illustrateurs, des curieux, des promeneurs du trait. Tous partagent une même pratique : dessiner sur le vif, en intérieur ou en extérieur, à partir de l’observation directe.

Du 1er juin au 20 juillet 2026, treize membres du collectif exposent leurs dessins de Rennes au bar La 2e Chaussette, au 73 rue de Dinan. Le lieu convient parfaitement à cet art de la proximité. Un bar, une rue, une table, des murs, des regards qui circulent : le dessin urbain revient ainsi dans un espace vivant, accessible, quotidien, loin de la solennité parfois intimidante des lieux d’exposition classiques.

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Dessiner Rennes, c’est ralentir le regard

L’urban sketching n’est pas seulement une technique. C’est une discipline du regard. À l’heure où la ville est saturée d’images instantanées, où les téléphones capturent avant même que l’œil ait vraiment vu, le croquis impose une autre temporalité. Il faut choisir ce que l’on garde, ce que l’on simplifie, ce que l’on laisse filer. Il faut accepter l’imperfection, le tremblement, la vitesse du monde. Un café ne reste jamais exactement le même. Une place change avec les nuages. Une silhouette passe et disparaît. Une façade se révèle quand le crayon la suit.

Rennes se prête particulièrement à cette pratique. La ville offre une variété de formes, de matières et d’ambiances : les pans de bois du centre ancien, les perspectives de la Vilaine, les places traversées, les terrasses, les marchés, les parcs, les chantiers, les architectures contemporaines, les stations de métro, les seuils de cafés, les façades modestes, les coins presque invisibles. Là où le photographe cherche parfois l’image décisive, l’urban sketcher cherche le temps habité.

Dans un dessin sur le vif, Rennes cesse d’être un décor. Elle devient une relation. Le carnet garde la trace d’un lieu, mais aussi celle d’un moment précis : la lumière d’un samedi, le bruit d’une rue, la patience d’un dessinateur, une conversation interrompue, un passant qui s’arrête, un enfant qui demande « pourquoi vous dessinez ? ». C’est cette dimension documentaire, sensible et presque journalistique qui donne au mouvement Urban Sketchers sa force particulière.

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Un mouvement mondial, une pratique très locale

Urban Sketchers est né d’une idée simple : rassembler des personnes qui dessinent le monde tel qu’elles l’observent, là où elles vivent ou voyagent. Le manifeste du mouvement insiste sur quelques principes essentiels. Les dessins sont réalisés sur place. Ils racontent les lieux et les environnements. Ils constituent un témoignage de temps et de lieu. Ils respectent la scène observée. Ils peuvent être réalisés avec toutes sortes de techniques. Ils valorisent les styles individuels. Ils se partagent ensuite avec une communauté plus large.

Cette éthique fait toute la différence. L’urban sketching n’est pas une simple illustration décorative de la ville. Il relève d’une attention active au réel. On peut y trouver de l’aquarelle, de l’encre, du feutre, du crayon, du stylo, du collage, des carnets très maîtrisés ou des croquis plus spontanés. Mais toujours demeure ce pacte de départ : dessiner ce que l’on a devant soi, avec sa main, son œil, son temps, sa manière.

À Rennes, le collectif se retrouve régulièrement, notamment chaque deuxième samedi du mois, pour dessiner ensemble. La pratique est collective sans être uniforme. Chacun choisit son cadrage, son outil, son rythme. On peut dessiner côte à côte et produire des visions radicalement différentes du même lieu. C’est l’un des charmes de ces rassemblements : une ville, treize regards, vingt carnets, cinquante manières de faire apparaître une façade ou une place.

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Treize regards sur Rennes

L’exposition de La 2e Chaussette réunit treize dessinateurs et dessinatrices rennais membres du collectif. Elle donne à voir Rennes non comme une carte postale, mais comme une matière graphique. La ville y est moins reproduite que rencontrée. Les dessins peuvent saisir un bâtiment connu, une scène ordinaire, un angle de rue, une terrasse, une perspective, une ambiance. Le sujet n’est pas seulement ce qui est dessiné, mais la manière dont cela a été vu.

La diversité des styles est au cœur du projet. Certains traits seront rapides, nerveux, presque chorégraphiques. D’autres plus construits, architecturaux, attentifs aux volumes. Certains carnets privilégieront la couleur, d’autres la ligne. Certains dessins garderont la fraîcheur de l’instant, d’autres chercheront une composition plus dense. Cette pluralité fait de l’exposition un portrait éclaté de Rennes, à hauteur de main.

Plusieurs noms et comptes associés à la scène rennaise circulent autour du collectif et de ses expositions : Claire Fossard, Laurent Sellin, Fanny Marais, Soizic Desnos, Phil Dessins, Véronique Lagarde, Emmanuel Tirot, Steven Maze, Colette Renouard, Coline Chevis, ainsi que d’autres carnetistes et illustrateurs actifs sur Instagram. Cette présence numérique prolonge naturellement l’esprit du mouvement : les dessins naissent dehors, dans la ville, puis circulent en ligne, de regard en regard.

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La 2e Chaussette, lieu complice

Installer une exposition Urban Sketchers dans un bar n’a rien d’anecdotique. Le dessin urbain aime les lieux poreux, les endroits où l’on entre sans cérémonie, où l’on peut regarder une œuvre sans s’extraire complètement de la vie quotidienne. La 2e Chaussette, rue de Dinan, devient ainsi une petite galerie de voisinage, un point de passage entre sociabilité, culture visuelle et attachement à la ville.

On pourra y venir pour boire un verre, retrouver des amis, puis s’arrêter devant un dessin. Reconnaître une rue, un toit, une façade, un morceau de Rennes. Ou, au contraire, découvrir que l’on ne reconnaît pas immédiatement un endroit pourtant familier. C’est souvent là que le croquis agit le mieux : il réveille le regard. Il montre que la ville que l’on croit connaître possède encore des plis, des détails, des respirations.

Informations pratiques

Exposition collective Urban Sketchers Rennes
Du 1er juin au 20 juillet 2026
La 2e Chaussette
73 rue de Dinan
35000 Rennes

Collectif Urban Sketchers Rennes
Instagram : @uskrennes
Facebook : Urban Sketchers Rennes
Urban Sketchers France : @usk_france

Nolwenn Denis
Nolwenn Denis suit les battements de l’Ille-et-Vilaine au plus près du terrain. À Rennes et dans ses environs, elle raconte ce qui traverse un territoire — ses élans, ses fragilités, ses initiatives, ses secousses aussi. Culture, société, environnement, vie locale : son regard s’attache à ce qui fait la texture du quotidien et la singularité bretonne.