Du mercredi 3 au vendredi 5 juin 2026, le Théâtre National de Bretagne accueille Anitya – l’impermanence, nouvelle création de la circassienne Inbal Ben Haim. Entre suspension, tissage, danse et arts visuels, l’artiste y poursuit une recherche singulière sur le vide, la gravité et la métamorphose des formes. Un spectacle où le corps ne se contente pas de défier les lois de l’équilibre, mais semble interroger notre manière d’habiter un monde instable.
Sur scène, tout tient à peu de chose. Des cordes, des fils, une matière soumise à la tension, un corps suspendu, et le regard du public qui entoure l’interprète. Inbal Ben Haim construit peu à peu un espace vivant, fragile, presque organique. Elle tisse, détisse, noue, défait, s’élève, retombe, reprend appui. Chaque geste modifie la scène. Chaque traction transforme la matière. Chaque suspension devient une question posée au poids du corps, à la confiance, à la peur du vide, mais aussi à la possibilité d’un nouvel équilibre.
Le titre, Anitya, vient du sanskrit et désigne l’impermanence, notion centrale de la pensée bouddhique. Rien ne demeure tout à fait identique, rien ne se maintient sans transformation. Le spectacle en propose une traduction physique et poétique. La scénographie ne se présente pas comme un décor fixe, mais comme une architecture provisoire, faite d’attaches, de lignes et de tensions. Ce qui se construit sous nos yeux porte déjà en lui la possibilité de se défaire. Ce qui s’effondre peut aussi devenir le point de départ d’une autre forme.
Cette dimension donne à Anitya – l’impermanence une force particulière. Le cirque n’y est pas seulement l’art de la prouesse ou de l’apesanteur. Il devient un langage sensible pour parler du chaos, de la reconstruction et de la fragilité des liens. Le fil n’est pas seulement un accessoire. Il devient mémoire, relation, contrainte, appui, menace parfois. Quant au corps d’Inbal Ben Haim, il agit comme un révélateur. Il mesure la résistance du monde, mais aussi la puissance de ce qui accepte de changer.
La participation du public, annoncée comme partie intégrante du dispositif, renforce cette lecture collective. Autour de l’artiste, les spectateurs ne sont plus seulement placés face à une image achevée. Ils deviennent les témoins, et peut-être les complices, d’un processus en cours. Anitya – l’impermanence se regarde alors comme une expérience partagée, où l’on voit une forme naître, se tendre, se transformer, avant de se laisser traverser par son propre démantèlement.
Inbal Ben Haim, autrice, circassienne et conceptrice de la scénographie, développe depuis plusieurs années une écriture où le cirque rencontre la matière, la danse et les arts plastiques. Avec Anitya – l’impermanence, elle imagine un solo qui n’est jamais tout à fait solitaire, tant il dépend de ce qui l’entoure, de l’espace, des fils, des forces invisibles et de la présence des autres. Le spectacle dessine ainsi une méditation active sur l’équilibre. Non pas l’équilibre comme immobilité parfaite, mais comme mouvement continu, fragile, exigeant, toujours à recommencer.
Au TNB, cette proposition trouve un écrin propice. Le théâtre rennais accompagne régulièrement des formes qui déplacent les frontières entre les disciplines. Ici, le cirque contemporain ne cherche pas à impressionner par la seule virtuosité. Il invite plutôt à regarder de très près ce qui se joue entre un corps et le monde, entre une chute possible et une élévation provisoire, entre la beauté d’un geste et la conscience de sa disparition prochaine.
Anitya – l’impermanence devrait ainsi séduire les amateurs de cirque contemporain, de danse, de performance visuelle et de formes participatives. Mais le spectacle parle aussi à un public plus large. Car derrière les cordes et les suspensions, il est question d’une expérience commune : apprendre à tenir dans ce qui change, accepter que toute forme se modifie, comprendre que la fragilité n’est pas seulement une menace, mais parfois la condition même de la création.
Informations pratiques
- Événement : Anitya – l’impermanence, Inbal Ben Haim
- Dates : du mercredi 3 au vendredi 5 juin 2026
- Horaires : mercredi 3 juin à 19h, jeudi 4 juin à 21h, vendredi 5 juin à 19h
- Lieu : Théâtre National de Bretagne
- Adresse : 1, rue Saint-Hélier, 35000 Rennes
- Ville : Rennes
- Tarifs : de 5,50 € à 33 € selon les catégories et disponibilités annoncées
- Réservation : auprès du Théâtre National de Bretagne
- Organisateur : Théâtre National de Bretagne Rennes
