La Bretagne est la région française qui possède le plus grand littoral de notre beau pays la France. Pourtant, outre la mer et l’océan, la région a bien d’autres richesses, car l’eau circule aussi dans les terres bretonnes. Les départements bretons sont traversés par de nombreuses rivières et ruisseaux qui valent le détour. Unidivers a sélectionné 12 cours d’eau pour présenter aux visiteurs et promeneurs leurs différents attraits.

L’Odet traverse le Finistère
Souvent surnommée « la plus jolie rivière de Bretagne », l’Odet prend sa source au cœur des Montagnes Noires, sur la commune de Saint-Goazec, avant de traverser Quimper et de s’élargir progressivement en une ria paisible, sous influence des marées. Sur ses rives boisées, manoirs et châteaux se succèdent (Kerambleiz, Pérennou, Lanniron…), comme posés dans un long jardin humide. Des balades fluviales permettent d’en lire les méandres à hauteur d’eau, là où la lumière accroche les frondaisons et les vasières. Après un parcours d’environ 60 km, l’Odet rejoint l’océan Atlantique à hauteur de Bénodet / Sainte-Marine, par un estuaire ample et spectaculaire, l’un des grands paysages d’eau douce-salée du sud Finistère.
Le Léguer, la rivière sauvage des Côtes-d’Armor
Aux portes de la Côte de Granit Rose, le Léguer est l’une des rivières les plus préservées de Bretagne. Fleuve côtier d’environ 59 km, il s’écoule dans le Trégor jusqu’à la baie de Lannion. Il a été le premier site breton à obtenir le label « Site Rivières Sauvages » (2017), label ensuite renouvelé pour plusieurs années, tant les efforts de protection, de restauration et de sensibilisation y sont structurés. Vallée encaissée, versants boisés, landes, chaos rocheux, grands massifs forestiers : les paysages changent sans cesse, et les moulins jalonnent le cours comme des repères d’un autre temps. Classé en grande partie en première catégorie, le Léguer est réputé pour ses salmonidés (saumon atlantique, truite fario) et pour la qualité de ses habitats : lamproies, anguilles, chabots, loutre d’Europe y trouvent des conditions de vie rares à l’échelle régionale.
La Seiche, la rivière d’Ille-et-Vilaine connue pour ses randonnées
Affluent majeur de la Vilaine, la Seiche naît sur la commune du Pertre et déroule près de 97 km à travers une mosaïque de prairies, de haies et de petits bois, en donnant son nom à plusieurs communes (Vern-sur-Seiche, Noyal-Châtillon-sur-Seiche, Availles-sur-Seiche). Non navigable, elle est surtout appréciée au plan de la randonnée : le GR39 en longe une belle portion, avec des passages ombragés très recherchés lors des étés chauds. À Vern-sur-Seiche, la Vallée de la Seiche et les étangs du Paturiaux offrent un vrai sas de nature (bocage, roselières, avifaune). La Seiche finit par rejoindre la Vilaine au sud de Rennes, du côté du secteur du Boël / Bruz, là où les chemins de rive deviennent plus encaissés et plus minéraux.
L’Ellé, avec ses blocs de granit, est l’une des plus belles rivières du Morbihan
Née en Centre Bretagne, sur la commune de Glomel, l’Ellé (environ 60 km) traverse des paysages de granit, de bois et de vallons, du pays du Roi Morvan jusqu’à Quimperlé. Ses eaux vives attirent kayakistes et amateurs de sensations au plan naturel : l’Ellé sculpte des passages spectaculaires, dont le plus célèbre reste le site des Roches du Diable, chaos de blocs polis où la rivière accélère et blanchit. Le sentier des « Chaos de l’Ellé » permet d’approcher au plus près ces géants de pierre, dans une atmosphère presque montagnarde. Poissonneuse, classée en grande partie en première catégorie, elle accueille truites et saumons. Point essentiel : l’Ellé ne se jette pas directement en mer ; elle conflue à Quimperlé avec l’Isole pour former la Laïta, ria soumise aux marées qui rejoint ensuite l’Atlantique entre Guidel et Clohars-Carnoët (Le Pouldu).
L’Aulne est l’une des plus grandes rivières de Bretagne avec ses 144 km
Avec environ 144 km, l’Aulne est l’un des grands cours d’eau de Bretagne. Elle prend sa source en amont des Monts d’Arrée (secteur de Lohuec selon les référentiels) et rejoint la rade de Brest du côté de Rosnoën, après avoir dessiné un vaste bassin versant encadré par les Monts d’Arrée et les Montagnes Noires. Au fil de sa vallée, les milieux aquatiques et les prairies humides composent un corridor remarquable au plan de la biodiversité : renoncules aquatiques, oiseaux de rive, poissons migrateurs… Sur une longue portion, l’Aulne se confond aussi avec le canal de Nantes à Brest : on y chemine d’écluse en écluse, dans une Bretagne intérieure lente, verte, silencieuse, très propice au vélo et au canoë. À Landévennec, un méandre abrite enfin le très photogénique cimetière de bateaux, où d’anciennes coques au repos installent une étrange poésie industrielle au milieu des bois.
Le Scorff, une charmante rivière côtière à la pente douce
Le Scorff est un fleuve côtier d’environ 79 km, réputé pour sa douceur de courbe et la variété de ses ambiances : clairières, sous-bois, prairies humides, puis estuaire. Il prend sa source sur la commune de Ploërdut et traverse surtout le Morbihan (Guémené-sur-Scorff, Pont-Scorff…), avec un grand coude près de la forêt de Pontcallec, très belle au plan forestier (chênaies, plan d’eau, patrimoine). Classé en première catégorie sur de nombreux tronçons, le Scorff est un cours d’eau emblématique pour les migrateurs : truites, saumons (dont les castillons, ces “petits saumons” de retour d’océan) et anguilles. À l’aval, il rejoint le Blavet dans la rade de Lorient, là où l’eau douce commence à prendre le goût salin.
La Rance, la grande rivière des marées entre Dinan et Saint-Malo
Longue d’un peu plus de 100 km, la Rance est l’une des plus belles “rivières de marée” de Bretagne. En amont, elle serpente dans une campagne douce ; en aval, elle devient un estuaire ample, presque un bras de mer, bordé de falaises boisées, de grèves et de petits ports. Le tronçon Dinan – Léhon – Saint-Suliac – Saint-Malo est un classique : lumière argentée, bateaux au mouillage, sentiers de rive et points de vue qui donnent l’impression d’être dans un paysage nordique. À l’embouchure, la Rance rejoint la Manche entre Dinard et Saint-Malo.
Le Trieux, une ria bretonne au charme discret
Le Trieux (environ 72 km) traverse Guingamp puis Pontrieux, avant de s’ouvrir en une ria superbe qui mène vers Lézardrieux et l’archipel de Bréhat. C’est une rivière idéale pour les balades lentes : chemins de rive, anses boisées, lumière changeante au rythme des marées. Au passage, le château de La Roche-Jagu offre l’un des plus beaux belvédères sur la vallée : un grand paysage d’eau, de talus, de brume légère, comme un tableau.
Le Blavet, entre eau vive et canal paisible
Avec près de 149 km, le Blavet relie la Bretagne intérieure à la rade de Lorient. Selon les secteurs, il change de caractère : rivière verdoyante aux méandres lents, puis voie d’eau aménagée qui se prête aux itinérances à vélo et aux balades au fil des écluses. Pontivy, Saint-Nicolas-des-Eaux, Hennebont : autant de repères pour explorer une vallée très “Bretagne intérieure”, où l’on passe en quelques kilomètres de l’ombre des talus à de grands miroirs d’eau.
La Vilaine, le grand fleuve breton des méandres
Plus longue que la plupart des cours d’eau bretons (environ 218 km), la Vilaine structure tout l’est de la région : elle traverse Rennes, glisse vers Redon, puis s’élargit vers l’estuaire. Son cours est celui des prairies humides, des ports fluviaux et des ponts bas. C’est aussi un fleuve très lié à l’histoire des aménagements (canalisation, barrage d’Arzal à l’aval), qui explique sa physionomie, par endroits, “entre fleuve et vaste plan d’eau” dans sa partie terminale.
Le Couesnon, une rivière de légende dans la baie du Mont-Saint-Michel
À la lisière de la Bretagne, le Couesnon (environ 97 km) est l’une des rivières les plus chargées d’imaginaire : c’est lui qui rejoint la baie du Mont-Saint-Michel, dans un paysage de tangue, de prés salés et de ciels gigantesques. Longtemps fleuve capricieux, il a été canalisé et déplacé ; la géographie y est vivante, mobile, toujours un peu disputée entre terres gagnées et terres rendues. Pour qui aime les ambiances d’estuaire, c’est un spectacle au plan atmosphérique.
L’Arguenon, une rivière secrète vers la côte d’Émeraude
Moins connu que la Rance mais tout aussi séduisant, l’Arguenon (environ 53 km) descend vers le nord-est des Côtes-d’Armor, traverse Jugon-les-Lacs et Plancoët, puis se jette dans la Manche du côté du Guildo, à proximité de Saint-Jacut-de-la-Mer et de Saint-Cast-le-Guildo. En aval, l’estuaire compose un paysage d’eau calme, de vasières, de roselières et de lumière rasante, parfait pour une balade de fin de journée.




























































