Deux décès rapportés aux urgences du CHU de Rennes, ce que l’on sait et ce que l’on attend encore

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Deux décès survenus aux urgences du CHU de Rennes — rapportés comme ayant eu lieu dans la nuit du 11 au 12 janvier 2026 — interviennent dans un contexte de très forte tension des services.

Ce contexte, lui, est documenté, le CHU a déclenché un plan blanc le 6 janvier 2026 en raison d’une conjonction de facteurs (grève de médecins libéraux, épidémies hivernales, intempéries et accidentologie). En revanche, les circonstances exactes de ces décès et l’éventuel lien avec la surcharge ne sont pas établis publiquement à ce stade, ils restent dans l’attente d’une communication officielle détaillée du CHU.

Un plan blanc déclenché dès le 6 janvier, sur fond de “très forte tension”

Dans un communiqué daté du 6 janvier 2026, le CHU de Rennes indique faire face à une “situation de très forte tension” affectant à la fois le SAMU–Centre 15 / SAS 35 et le service d’accueil des urgences adultes. L’établissement attribue cette situation à trois facteurs :

  • la grève des médecins libéraux, y compris des généralistes habituellement engagés dans la régulation au SAS–Centre 15,
  • un pic épidémique hivernal important (grippe et infections respiratoires),
  • des conditions météorologiques défavorables, entraînant davantage d’accidents et des difficultés de déplacement.

Le CHU précise également que le nombre d’appels au 15 a fortement augmenté et que les temps de décroché et de rappel sont allongés. Le plan blanc est présenté comme une mesure d’organisation interne visant à renforcer la mobilisation des équipes et à rappeler les priorités de prise en charge, tout en sollicitant le soutien des établissements de santé du territoire pour les hospitalisations non programmées.

Le communiqué insiste enfin sur un point : “les urgences vitales restent pleinement prises en charge”, 24h/24, avec une priorité donnée aux situations engageant le pronostic vital, et un appel à réserver le 15 aux urgences graves.

Deux décès rapportés dans la nuit du 11 au 12 janvier : une information médiatique, pas encore détaillée par le CHU

Deux décès sont survenus alors que des patients attendaient aux urgences, sur brancard, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier 2026. Les différentes récits sur les réseaux mentionnent une situation de saturation et des couloirs encombrés durant un week-end décrit comme particulièrement difficile aux urgences du CHU.

Dans ces mêmes communications, une organisation syndicale (la CGT, citée) évoque l’hypothèse d’un “manque de surveillance”. Mais cette formulation relève d’une alerte syndicale relayée par la presse, elle ne constitue pas, à elle seule, une conclusion médicale ou institutionnelle.

Ce qui est dit publiquement à ce stade, une analyse annoncée, sans lien de causalité établi

À ce stade, les éléments publics disponibles ne permettent pas de conclure sur les causes précises des décès, ni sur l’existence d’un lien direct avec la surcharge des urgences. La direction du CHU évoque la conduite d’une analyse et réfute, “à ce stade”, l’établissement d’une responsabilité mécanique de la surcharge dans ces décès.

Les éléments attendus pour objectiver la situation

Sans entrer dans le secret médical, une prise de parole institutionnelle plus précise permettrait de clarifier :

  • le cadre de l’analyse engagée (retour d’expérience, procédure qualité/gestion des risques),
  • les éléments de chronologie et d’organisation (niveau d’affluence, modalités de surveillance, dispositifs en place),
  • et, plus généralement, la manière dont l’hôpital qualifie cet épisode au regard de ses procédures.

En attendant, la prudence s’impose, l’affaire est grave, elle s’inscrit dans une période de saturation documentée, mais la compréhension publique de ce qui s’est joué exactement demeure incomplète.