Fermeture administrative à Rennes : le bar Ty Anna reste fermé, la justice refuse sa réouverture

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bar ty anna rennes

Le bar Ty Anna, établissement connu de la place Sainte-Anne à Rennes, restera portes closes jusqu’au 9 février 2026. Saisi en urgence, le juge des référés n’a pas suspendu l’arrêté préfectoral qui impose une fermeture administrative d’un mois ; la réouverture immédiate n’est donc pas autorisée.

Une fermeture décidée par arrêté préfectoral

La mesure trouve son origine dans un arrêté du préfet d’Ille-et-Vilaine daté du 7 janvier 2026, ordonnant la fermeture de l’établissement du 9 janvier au 9 février 2026, sur le fondement de l’article L.3332-15 du code de la santé publique. Notre rédaction n’a pas réussi à se procurer cet arrêté.

Le contexte : la nuit du Nouvel An place Sainte-Anne

Selon les éléments retenus dans la procédure, l’arrêté préfectoral fait suite à des faits survenus le 1er janvier 2026 vers 1 h : regroupement de personnes place Sainte-Anne, incendies (poubelles, palettes), tirs de mortiers et violences visant les forces de l’ordre. Une partie des troubles se serait poursuivie sur la terrasse et à l’intérieur du Ty Anna, avec du mobilier utilisé contre les policiers, et un agent blessé. Dans ce cadre, l’administration considère qu’il s’agit de graves troubles à l’ordre public justifiant une mesure temporaire de fermeture.

Le recours en urgence : la justice estime que l’urgence “48 heures” n’est pas démontrée

L’exploitant a saisi le tribunal administratif via un référé-liberté (article L.521-2 du code de justice administrative), une procédure très rapide censée répondre à une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, lorsqu’une intervention du juge est nécessaire dans un délai de 48 heures.

Dans son ordonnance, le juge des référés a rejeté la demande, notamment au motif que la société n’établissait pas être confrontée à une situation d’urgence d’une intensité telle qu’elle impose une décision sous 48 heures. La requête a été rejetée selon la procédure de tri prévue à l’article L.522-3.

“Importante perte de chiffre d’affaires”, ce que l’exploitant a fait valoir

Au plan économique, l’exploitant a expliqué que la période de fermeture correspondait à un moment d’activité important, avec 12 concerts programmés qui ne pourraient pas être reportés. Il a chiffré une perte de chiffre d’affaires mensuelle à 58 229,75 € et des charges fixes à environ 30 000 €, dont 18 000 € de masse salariale pour 8 salariés. Il a également soutenu que la fermeture affecterait l’image de l’établissement et fragiliserait sa trésorerie.

Le juge a estimé, en substance, que ces éléments ne suffisaient pas à démontrer une menace financière immédiate au point de justifier, au plan procédural, l’intervention sous 48 heures exigée par le référé-liberté.

Ce qui se passe maintenant

Concrètement, la fermeture administrative demeure applicable jusqu’au 9 février 2026, sauf évolution liée à d’autres recours éventuels. La question de fond (proportionnalité de la mesure, liens avec l’exploitation, prévention de troubles) peut également se discuter dans d’autres cadres contentieux, mais l’urgence n’a pas été jugée suffisante pour “réouvrir” immédiatement.