Voilà le film Leto (L’Eté) de Kirill Serebrennikov. Russie, France, 2h06. Sélection officielle, compétition. Vu salle Debussy le 10 mai 2018. Dans ces « notes d’un festivalier », Antoine Glémain propose aux lecteurs d’Unidivers de rendre compte de ses premières impressions sur diverses sélections de films projetés au festival de Cannes 2018.
Le film Leto prend place à Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s’échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme, la belle Natacha, rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique.
https://youtu.be/KlHwIRZLFdc
J’étais resté insensible à la précédente réalisation de Kirill Serebrennikov, Le Disciple (Un certain regard, 2016), que j’avais trouvée trop lourdement théâtrale. Le début du film Leto, qui semblait annoncer une sorte de biopic musical avec une structure narrative peu finaude (une belle fille entre deux musiciens), ne me mettait guère dans de meilleures dispositions. Il est vrai que, d’une manière assez retorse, le film Leto joue avec sa propre caricature et s’amuse à aller dans le sens d’attentes supposées du spectateur pour mieux en prendre le contrepied. Mais peu à peu, il révèle son ambition : dresser un portrait vivant (non une reconstitution muséale) de toute une scène underground ; il parvient à le faire sous une forme étonnamment libre et inventive.
Leto (L’Eté) de Kirill Serebrennikov. Russie/France. Sélection officielle, compétition Cannes 2018, Scenario : Lily Idov, Michael Idov. Acteurs : Teo Yoo, Irina Starshenbaum, Roman Bilyk. Durée : 2h06.