« On n’est pas gâtées » ou l’Iran au miroir du mâle Alipha

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L’Iran traverse une nouvelle séquence de tension depuis fin décembre, marquée par des manifestations et par la répression. Et l’on retrouve ce vieux réflexe de régime, qui coupe le courant informationnel dès que la réalité devient embarrassante.

Les ONG alertent sur l’ampleur des violences, tandis que la machine politico-judiciaire et religieuse serre l’étau, et que les familles cherchent des nouvelles dans le noir numérique. Fidèle à son théâtre d’ombres, le pouvoir ressort sa boîte à coupables et répète ses ficelles habituelles, entre “l’étranger”, “la manipulation”, “le complot”. Le Grand Satan, toujours, et les autres figurants prêts à l’emploi.

Le dessin de Michel Heffe fait ce que la propagande déteste, puisqu’il simplifie. On y voit un patriarche debout sur un piédestal, surmonté d’un titre qui dit tout, “Guide suprême”. En face, trois femmes réduites à une silhouette lâchent la phrase la plus douce-amère possible : “On n’est pas gâtées.” Le “mâle ALI-PHA” n’est pas seulement une pique pop, il désigne un système, une domination patriarco-religieuse érigée en gouvernance. Combien de temps le mal Ali-pha continuera-t-il son oppression ?