Paris. Le surréalisme de Leonora Carrington habite prochainement le musée du Luxembourg

542
Leonora Carrington

Le musée du Luxembourg, dans le 6e arrondissement, présente ses œuvres de la peintre Leonora Carrington au public du mercredi 18 février au dimanche 19 juillet 2026.

Peintre et romancière féministe et écologiste d’avant-garde, Leonora Carrington (1917-2011) a laissé derrière elle un héritage aussi extraordinaire que radical. Cette exposition sera la première consacrée à son oeuvre en France. Elle présentera cette femme migrante, touchée par la maladie mentale et chercheuse spirituelle en constante évolution, comme une Femme de Vitruve ; une artiste totale qui représente un modèle en terme d’harmonie et d’innovation. Ses créations fusionnent entre l’humain et l’animal, le masculin et le féminin ; elles donnent forme à un monde où les métamorphoses et les symboles se répondent…

L’exposition met en lumière l’héritage exceptionnel de cette voyageuse perpétuelle, toujours en quête de connaissance d’elle-même. La présentation des peintures visionnaires de Leonora Carrington est inédite. Le parcours de l’exposition explorera les thèmes chers à l’artiste ainsi que ses centres d’intérêts principaux : la découverte de l’art classique italien à Florence au cours de son adolescence ; sa fascination pour l’époque Renaissance ; et sa participation au surréalisme pendant son séjour en France…

Leonora Carrington

Biographie :

Leonora Carrington est née le 6 avril 1917 à Clayton Green en Angleterre, au sein d’une famille de riches industriels du textile. La jeune Leonora se consacre de bonne heure à la peinture et entre à l’académie de l’artiste Amédée Ozenfant, peintre pionnier du mouvement moderne à Londres. Elle part ensuite en Italie pour suivre des études à Florence, où elle découvre l’art de la Renaissance italienne.

leonora Carrington
Leonora Carrington

En 1935, elle est présentée au roi Georges V, ce qui va lui inspirer bien plus tard en 1978 : La Débutante. L’année suivante, à l’occasion de l’Exposition internationale du surréalisme présentée aux New Burlington Galleries de Londres, elle découvre l’art surréaliste. 

En 1937, elle rencontre le peintre et sculpteur franco-germanique Max Ernst (1891-1976), de 26 ans son aîné, avec qui elle vivra une belle histoire d’amour en France, en Ardèche. C’est en 1938 que Leonora Carrington réalise son célèbre Autoportrait, puis participe à l’Exposition internationale du surréalisme à Paris et à Amsterdam. Elle présente ses œuvres : des contes et des pièces de théâtre surréalistes à l’humour noir : Le Petit Francis ; La Maison de la peur ; La Dame ovale.

En 1939, Max Ernst est interné, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, au camp des Milles près d’Aix-en-Provence, en raison de sa citoyenneté allemande. Quant à Leonora Carrington, de nationalité britannique, elle s’enfuit en Espagne. À la suite de ces événements, sa santé mentale est durement éprouvée et elle est frappée par une crise psychique ; elle entre en hôpital psychiatrique. Cette expérience lui inspirera le récit Down Below, en 1945. 

Leonora Carrington

Une fois guérie en 1941, elle épouse le poète mexicain Renato Leduc (1897-1986) et se rend aux États-Unis. L’année suivante, elle expose à la galerie Pierre-Matisse de New York ! En 1944, le mécène Edwards James (1907-1984) commence à lui acheter des œuvres. 

À la fin de la guerre, Leonora Carrington divorce de son mari pour épouser le photographe hongrois Imre Weisz (1911-2007). Elle écrit un roman fantasmagorique : Open, Stone Door. Ses œuvres font l’objet de plusieurs expositions : à Mexico en 1950 et 1956 ; à la galerie Pierre-Loeb à Paris en 1952 ; une rétrospective est également organisée au Musée national d’art moderne de Mexico en 1960.

Leonora Carrington réalise en 1963 une fresque pour le Musée national d’anthropologie de Mexico. À partir de 1985, elle s’installe à New York, puis vit entre Chicago et Mexico de 1988 à 1991.

Ayant toujours partagé son existence entre l’écriture et les arts plastiques, l’éditeur français Henri Parisot traduit ses livres : En bas paraît en 1973 et Le Cornet acoustique, en 1974. Leonora consacre les dernières années de sa vie à la peinture, et plus encore à la sculpture. Elle s’éteint à Mexico le 25 mai 2011, à l’âge de 94 ans, des suites d’une maladie respiratoire.

leonora Carrington
leonora Carrington
Leonora Carrington

Infos pratiques :

Exposition Leonora Carrintgton du 18 février au 19 juillet 2026
Musée du Luxembourg – 19, rue Vaugirad dans le 6e arrondissement de Paris

Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h – Nocturne les lundis jusqu’à 22h – Fermeture exceptionnelle le 1er mai 2026.
TARIFS – Plein : 14 € / Réduit : 10 € – gratuit pour les moins de 16 ans et bénéficiaires des minima sociaux

Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale à Paris et dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.