Le musée du Luxembourg, dans le 6e arrondissement, présente l’exposition consacrée à la peintre Leonora Carrington du mercredi 18 février au dimanche 19 juillet 2026.
Peintre et écrivaine, figure majeure d’un surréalisme qui n’a cessé de se réinventer, Leonora Carrington (1917-2011) a laissé un héritage aussi singulier que radical. L’exposition annoncée au musée du Luxembourg se présente comme la première grande rétrospective consacrée à son œuvre en France. Elle entend montrer cette artiste migrante, éprouvée par la crise psychique, chercheuse spirituelle en constante métamorphose, comme une sorte de Femme de Vitruve : une artiste totale, modèle d’harmonie paradoxale et d’invention continue. Ses créations font dialoguer l’humain et l’animal, le masculin et le féminin ; elles donnent forme à un monde où les métamorphoses, les mythes et les symboles se répondent.
Le parcours met en lumière l’héritage d’une voyageuse perpétuelle, toujours en quête de connaissance d’elle-même. Il explore les thèmes chers à l’artiste et ses principales sources d’inspiration : un séjour à Florence à l’adolescence, où elle découvre la Renaissance italienne ; sa fascination pour l’ésotérisme, l’alchimie et les cosmologies ; et sa traversée du surréalisme, notamment durant ses années en France, avant l’exil définitif au Mexique.

Biographie :
Leonora Carrington naît le 6 avril 1917 à Clayton Green, dans le Lancashire (Angleterre), au sein d’une famille aisée. Très tôt, elle se tourne vers l’art. Après une formation à Londres, elle étudie notamment à la Chelsea School of Art et suit les cours du peintre Amédée Ozenfant à l’Ozenfant Academy.

En 1936, elle découvre le surréalisme à Londres, lors de l’International Surrealist Exhibition. Dans ses écrits comme dans ses images, elle tourne le dos au destin mondain qu’on voudrait lui assigner et forge très tôt une voix noire, drôle, indocile — notamment dans le récit La Débutante.
En 1937, elle rencontre le peintre et sculpteur Max Ernst (1891-1976), de 26 ans son aîné. Le couple s’installe en France, à Saint-Martin-d’Ardèche. En 1938, Carrington peint son célèbre Autoportrait. Elle écrit aussi des récits surréalistes à l’humour acide, parmi lesquels Le Petit Francis et La Dame ovale.


En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est interné en France (camp des Milles, près d’Aix-en-Provence) en raison de sa nationalité allemande. Carrington gagne l’Espagne, où elle subit une grave crise psychique et est internée. Elle tirera de cette épreuve un récit majeur, Down Below (En bas).

En 1941, elle épouse le poète et diplomate mexicain Renato Leduc (1897-1986), et passe par New York avant de s’installer à Mexico en 1942. Elle y restera — tout en voyageant et en exposant — pour l’essentiel du reste de sa vie.
À Mexico, elle se lie à d’autres artistes exilées et déploie un univers personnel, nourri de mythologies, de rituels et de sciences occultes. En 1946, elle épouse le photographe hongrois Emerico “Chiki” Weisz (1911-2007), avec qui elle aura deux fils. Son œuvre circule alors de plus en plus : expositions, publications, reconnaissance progressive d’une figure qui ne se laisse enfermer dans aucun rôle.


En 1963, elle réalise une fresque pour le Musée national d’anthropologie de Mexico, El mundo mágico de los Mayas, l’un de ses projets publics les plus connus. En France, ses textes paraissent notamment sous les titres En bas et Le Cornet acoustique (traductions de Henri Parisot). Dans ses dernières années, elle développe davantage encore la sculpture. Leonora Carrington meurt à Mexico le 25 mai 2011, à l’âge de 94 ans.


Infos pratiques :
Exposition Leonora Carrington du 18 février au 19 juillet 2026
Musée du Luxembourg – 19, rue de Vaugirard, 75006 Paris
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h. Nocturne les lundis jusqu’à 22h. Fermeture exceptionnelle le 1er mai 2026.
Tarifs (indicatifs) : plein tarif 14 € ; tarif réduit 10 € ; gratuit pour les moins de 16 ans (autres gratuités et réductions selon conditions).
Sources : musée du Luxembourg (page agenda et billetterie), Visit Paris Region, Encyclopaedia Britannica, Peggy Guggenheim Collection (bio), Art UK.
