Ce qui, en 2022, ressemblait encore à une placette de passage où quelques voitures se garaient au pied des terrasses est devenu, au début de l’année 2023, un espace entièrement piéton qui assume enfin sa vocation de lieu de vie. La place de la Parcheminerie de Rennes a gagné une nouvelle respiration, puisqu’elle s’est ouverte à la flânerie tout en se donnant une vraie épaisseur végétale, laquelle change l’ambiance, surtout aux heures chaudes.
Le stationnement a disparu, comme cela avait été annoncé, et l’accès est désormais réservé à ce qui relève du quotidien nécessaire, puisque les véhicules des riverains, les livraisons et les secours restent autorisés. Le reste du temps, ce sont les pas, les discussions et les tables qui font le paysage.
La place a surtout été « réapprise » par le végétal, qui a progressivement repris sa place après le chantier. La composition paysagère, qui s’appuyait sur une vingtaine d’arbres annoncés et sur des plantations variées, vise un effet d’îlot de fraîcheur grâce à des strates complémentaires, avec des arbres en cépée, des arbres-tiges, des arbustes, des grimpantes, des vivaces et des couvre-sols. La logique de pleine terre, qui devait porter la surface plantée à environ 200 m², rompt avec l’ancienne configuration très minérale.
Le projet joue avec la géométrie particulière du lieu, qui s’organise en deux niveaux. En partie haute, du côté de la rue de la Chalotais, un belvédère accompagne les terrasses, tandis que la partie basse, plus végétalisée, installe une atmosphère plus calme. La continuité entre les deux a été retravaillée grâce à des marches en pierre naturelle, auxquelles s’ajoute une rampe dédiée aux personnes à mobilité réduite, qui relie la place basse à la rue Lanjuinais.
Au sol, le chantier a aussi été l’occasion de valoriser des matériaux locaux, puisque plusieurs éléments de l’aménagement ont été réalisés en granit breton. Des pavés et des dalles, ainsi que certains emmarchements et couvertines, ont notamment mobilisé des granits provenant de Huelgoat, de Lanhélin et de Louvigné.
La requalification a été menée sous maîtrise d’ouvrage de Rennes Ville et Métropole pour un budget annoncé autour d’un million d’euros. La maîtrise d’œuvre associait l’agence ID-up, paysagiste mandataire, et le bureau d’études VRD CERAMIDE.

