Après un mois de métamorphose hivernale, le Naïa Museum – musée-galerie des Arts de l’Imaginaire, niché dans le parc du château de Rochefort-en-Terre (Morbihan) – rouvre au public le samedi 7 février 2026. Une douzième saison comme un passage : entrer, se laisser déplacer, et regarder le monde au prisme de ses mondes possibles.
« Il y aura toujours une certaine proportion de gens qui ressentiront une curiosité brûlante à propos des espaces extérieurs inconnus, et un désir brûlant d’échapper à la prison du connu et du réel, pour atteindre ces pays enchantés de l’aventure incroyable que nous ouvrent les rêves… » (H.P. Lovecraft)
Un musée-galerie : l’immersion, et la rencontre
Le Naïa Museum n’a jamais eu le tempérament d’un musée sage. On y vient pour l’expérience : un parcours immersif, souvent onirique, parfois troublant, qui fait cohabiter le merveilleux et l’inquiétant, la douceur et la morsure. Depuis son ouverture en avril 2015 (fondé par Manu Van H. et Patrice « Pit » Hubert), le lieu s’est imposé comme un repère singulier en Europe : un musée et une galerie, où certaines œuvres sont également proposées à la vente.

Chaque année, l’équipe ferme volontairement ses portes quelques semaines pour remanier l’espace. En 2026, la pause s’étend du 5 janvier au 7 février : un mois consacré à déplacer les œuvres, réinventer la scénographie, faire respirer les pièces, retravailler les transitions. L’effet, à la réouverture, est celui d’un lieu « réaccordé » : même adresse, mais autre traversée.
Les Arts de l’Imaginaire, ou comment penser le réel en l’ouvrant
La ligne du Naïa Museum est simple et exigeante : exposer des œuvres figuratives issues du fantastique, de la fantasy, de la science-fiction, de l’art visionnaire, du dark art ou d’un surréalisme contemporain. On y reconnaît des symboles (un crâne, une chimère, un masque, un monstre, une forêt), et l’on comprend vite que l’évasion n’est jamais une fuite : au plan émotionnel comme au plan politique, l’imaginaire renvoie toujours à nos peurs, nos désirs, nos fractures, nos espérances.
C’est aussi ce qui rend la visite accessible : le regard accroche une histoire, un détail, un visage, une vanité, une métamorphose. Puis l’œuvre élargit l’image : altérité, identité, écologie, rapports sociaux, vulnérabilités, guérisons, et cette question sous-jacente que le musée assume : et si d’autres manières de faire monde étaient imaginables ?
Une douzième saison : six nouveaux artistes, et des œuvres inédites
Pour cette douzième édition, le Naïa Museum accueille six nouveaux artistes choisis pour leur univers « étrange et poétique » : Agnès Fodor, Esther Seguin, Laëtitia Viratelle, Nathalie Gauglin, Renaud Robin et Vincent Alix. Des pratiques et des matières différentes – bois, céramique, dessin, textile – au service d’une même énergie : fabriquer des images qui dérangent la norme tout en parlant, frontalement, à l’intime.
- Agnès Fodor (née en 1992) : sculptures figuratives surréalistes, humour et tendresse autour de l’imperfection, corps hybrides et émotions complexes.
- Esther Seguin (née en 2001) : sculpture sur bois, narration et figures issues des contes, légendes et cultures populaires ; formation aux techniques académiques à l’école Boulle.
- Laëtitia Viratelle : esthétique chamanique et animiste, sculptures murales mêlant textiles de récupération, ossements et taxidermies, comme des reliques de civilisations imaginées.
- Nathalie Gauglin (née en 1962) : univers doux et mélancolique, personnages aux regards vidés et aux larmes anciennes, fragilité comme force de réparation.
- Renaud Robin (né en 1977) : bois et formes de vie « cohérentes », émerveillement comme plaidoyer pour la biodiversité ; une fable naturaliste à rebours de l’effondrement.
- Vincent Alix (né en 1987) : dessin académique virtuose, compositions « gravure », crânes et vanités comme théâtre de la dualité mort-vie.
Cette saison, plusieurs artistes déjà présents au Naïa Museum profitent également du remaniement pour présenter des nouveautés (œuvres exposées et, pour une part, disponibles à la vente) : Adeline Martin, Hyane, Murielle Belin, Olivier Ledroit, Patrice « Pit » Hubert, Stéphanie Kilgast, Subliquida et Tim Roosen.
Un lieu indépendant, ancré dans Rochefort-en-Terre
Le Naïa Museum fonctionne de manière indépendante : pas de subventions d’État ni de mécénat privé, avec le soutien de la mairie (mise à disposition des locaux à coût modéré). Cette liberté nourrit une ligne artistique claire : défendre une scène souvent marginalisée par les institutions, tout en maintenant un rapport direct au public. Le musée revendique aujourd’hui près de 300 œuvres et plus de 100 artistes exposés, avec une fréquentation d’environ 25 000 visiteurs annuels.
Installé au cœur de la petite cité de caractère, le musée prolonge une tradition locale d’artistes et de créateurs. Au plan sensoriel, Rochefort-en-Terre sert d’écrin naturel : pierres sombres, venelles, lisières, et ce parc du château qui fait déjà basculer la promenade vers un ailleurs. Un cadre parfait pour un musée qui parie sur la puissance des images : celles qui font peur, celles qui consolent, celles qui donnent envie de recommencer à imaginer.
Infos pratiques 2026
Naïa Museum
Parc du Château, 14 rue du Château, 56220 Rochefort-en-Terre
Réouverture saison 2026 : samedi 7 février 2026 (après fermeture du 5 janvier au 7 février).
Tarifs : 7 € (plein tarif) ; 6 € (réduit : 11-18 ans, étudiants, +65 ans, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap, carte presse) ; 4 € (enfants 8-10 ans / 8-12 ans selon sources) ; gratuit (-8 ans).
Pass annuel (12 mois) : 21 €.
Pôle ludique : escape game « Pandor’Art Expérience » (18 € / personne, entrée comprise, sur réservation), carnet-jeu « La crypte de Naïa » (18 € le carnet, entrée non comprise).
Contact : naiamuseum@gmail.com — 02 97 40 12 35 (standard) / 02 97 53 64 50 (presse, selon communiqué).
Site : https://www.naiamuseum.com/





