Rennes. Rotofil, quand le théâtre dessine des paysages ruraux et urbains

Rotofil Armoires Pleines
Rotofil, Compagnie les Armoires Pleines, festival d’Olt, 2022 © Julien Saison

Les Tombées de la Nuit présentent Rotofil, la dernière création de la compagnie Les Armoires Pleines, dimanche 24 septembre 2023. Au son des tambours, l’Écomusée de la Bintinais comme décor, le spectacle pluridisciplinaire aborde la transmission agricole. Entretien avec Aude Liabeuf, autrice et metteuse en scène.

–> Unidivers est heureux de vous inviter à Rotofil ; si vous souhaitez une ou plusieurs places, merci de nous envoyer un courriel à contact@unidivers.fr en précisant dans l’objet « Rotofil » et dans le corps du texte le prénom et nom de chaque personne qui souhaite assister au spectacle. Nous vous transmettrons alors la ou les invitations.

Un espace bétonné, un espace agreste. Une comédienne, un batteur, un régisseur et une performeuse-scénographe. Tous à vue. Rotofil, c’est le récit d’une transmission. Anaïs, personnage central de la pièce, reprend soudainement la ferme familiale. Elle s’interroge sur cet héritage et les tensions entre ville et campagne, vie urbaine et vie agricole. En pleine nature, les Armoires Pleines investissent l’Écomusée de la Bintinais le temps d’un après-midi. 

En 2008, la compagnie des Armoires Pleines est créée par Stéphanie Sacquet et Laura Dahan. Cette « fabrique de poèmes visuels » mêle musique, créations plastiques et théâtre : un travail au croisement des genres. Mais ce n’est qu’en 2012, après son master en études théâtrales qu’Aude fait la rencontre de la compagnie avec Les Baraques des sœurs Langlais. L’autrice et metteuse en scène les rejoint avec le spectacle Vue de l’esprit (2016). Depuis, Stéphanie Sacquet et Aude Liabeuf sont les co-directrices artistiques de la compagnie. 

Aude Liabeuf 
Photo de Mika Colleton
Aude Liabeuf © Mika Colleton

Créé en 2022, le spectacle Rotofil est une écriture à six mains, « une orchestration » souligne Aude Liabeuf : l’écriture scénographique de Stéphanie Sacquet, l’écriture sonore de Bastien Lambert et l’écriture scénique d’Aude Liabeuf. « Il y a l’idée de partager et d’avoir un rapport d’équité entre nous », explique la metteuse en scène. La création s’est articulée autour d’une recherche documentaire, d’une récolte de témoignages ainsi que de l’histoire personnelle, transposée en fiction, de l’autrice elle-même. 

« Rotofil, c’est pour moi une étude intime de terrain »

Stéphanie Sacquet
Rotofil, compagnie les Armoires Pleines, photo de Pierre Acobas
Rotofil, Compagnie les Armoires Pleines © Pierre Acobas

Son récit personnel est une porte d’entrée vers la question de la transmission, du « lien particulier entre celui qui fabrique le paysage qu’il façonne », mais aussi de l’héritage ou de la rupture avec ses racines. « On parle d’intime, car c’est là où l’on assoit notre légitimité de porter un propos théâtral. »

Bien ancré dans l’identité de la compagnie, ce rapport à l’intime transparaît aussi dans la création sonore de Rotofil : « la musique permet d’accéder à certaines formes d’émotions que la langue et les images ne vont pas forcément véhiculer », déclare la metteuse en scène. La présence d’une batterie au plateau reflète cette volonté : elle accentue « l’analogie avec le geste mécanique qu’on retrouve parfois dans le monde agricole ». Sa résonance fait écho aux bruits cycliques des machines industrielles. Elle plonge le public dans une nappe sonore épaissie par un dispositif en quadriphonie.  

« Ça veut dire quoi arrêter ? Ça veut dire quoi se lancer sur une terre ? »

Aude Liabeuf
Rotofil, compagnie les Armoires Pleines, photo de Pierre Acobas
Rotofil, Compagnie les Armoires Pleines © Pierre Acobas

Le public n’est pas simplement assis à contempler le spectacle, il se déplace et change de points de vue au fil de l’avancée de l’histoire : déplacements dans l’espace, migration d’un lieu à un autre et changements de perspective. Aude Liabeuf parle de « la question du zoom et du dézoom » qui s’inscrit dans les choix scénographiques de la compagnie. « Le fil dramaturgique avec la scénographie, c’était de partir de l’idée de cartographies, d’un plan cadastral. Il y avait l’idée de faire décoller, au sens propre et figuré, la carte. » Avec ce jeu des échelles, du petit et de l’immense, Rotofil plonge collectivement le public dans le milieu agricole et ses innombrables points de fuite… 

Rotofil, le dimanche 24 septembre 2023 à 16h30

Écomusée de la Bintinais, route de Châtillon-sur-Seiche, Rennes

10 € (4€ avec la carte Sortir !), durée 1h10, à partir de 8 ans

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