Bilan des soldes d’hiver 2026 à Rennes : une fréquentation en recul, une activité sous tension

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À l’issue des soldes d’hiver 2026, l’Union du Commerce du Pays de Rennes et le Carré Rennais livrent un bilan chiffré et une lecture de tendance sur la conjoncture commerciale locale.

Réalisée par e-mailing auprès de leurs adhérents, l’enquête a recueilli les réponses de près de 280 commerces, offrant un échantillon significatif des réalités du terrain, en centre-ville comme dans les zones commerciales.

Les répondants représentent principalement l’équipement de la personne (51 %), devant l’équipement de la maison (11 %), l’alimentaire (11 %), les centres commerciaux (11 %), puis la culture, le sport et les loisirs (9 %). Cette démarche conjointe vise à consolider les données et à proposer une lecture partagée de la situation commerciale sur le territoire rennais.

Fréquentation en baisse, chiffre d’affaires fragile

Premier enseignement, la dynamique de fréquentation est majoritairement orientée à la baisse. Sur l’ensemble de la période, 52,5 % des commerçants interrogés constatent un recul de la fréquentation par rapport à 2025, contre 21,5 % qui la jugent stable et 26 % qui observent une hausse. Cette tendance pèse mécaniquement sur l’activité.

Côté chiffre d’affaires, le tableau reste contrasté mais sous tension : 46,5 % des répondants indiquent un recul, tandis que 35 % déclarent une progression et 18,5 % une stabilité. Autrement dit : certains tirent leur épingle du jeu, mais une part importante du tissu commercial traverse une période plus difficile, avec des performances variables selon les secteurs et les positionnements.

Stocks, trésorerie, emploi : une stabilité prudente

Le niveau de stock au démarrage des soldes apparaît globalement contenu, même si une proportion notable partait avec davantage de marchandises : 35 % des commerçants déclarent un stock supérieur à 2025, 47,5 % un stock équivalent et 17,5 % un stock inférieur.

La trésorerie est jugée stable par 57,5 % des répondants, en amélioration pour 20 %, et en diminution pour 22,5 %. Sur l’emploi, la situation reste majoritairement inchangée : 73 % des commerces maintiennent leurs effectifs, 13,6 % ont dû les réduire et 4,5 % déclarent des recrutements supplémentaires.

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Promotions avant soldes : une normalisation qui change la donne

Comme les années précédentes, le calendrier commercial ne commence plus vraiment le jour J. Les ventes privées et opérations promotionnelles en amont se confirment comme un nouvel “avant-match” structurel : 56 % des commerçants répondants déclarent avoir proposé des offres commerciales avant le lancement officiel. Une évolution qui, selon de nombreux retours, tend à diluer l’impact traditionnel des soldes, dans un paysage où les promotions sont devenues plus fréquentes tout au long de l’année.

Durant les soldes, les remises les plus courantes se situaient entre –30 % et –50 %. La deuxième démarque est intervenue rapidement, dès la fin de la première semaine, avec des rabais majoritairement compris entre –40 % et –50 %, pouvant aller jusqu’à –70 % pour certaines enseignes.

Des soldes “en demi-teinte” : calme en semaine, samedis déterminants

Au-delà des chiffres, les retours qualitatifs décrivent des soldes d’hiver 2026 en demi-teinte. Une majorité évoque une activité ralentie, avec une fréquentation en baisse : période “très calme”, parfois “extrêmement calme”, et impression d’un centre-ville moins dense sur le mois de janvier. Plusieurs commerçants soulignent aussi une fréquentation plus irrégulière, avec des achats concentrés sur certaines journées.

Un point revient avec insistance : le rôle décisif des week-ends. Là où les semaines peuvent paraître atones, certains professionnels notent des samedis très performants, capables de soutenir — ou de rattraper — une partie du chiffre. Cette logique de flux “par à-coups” confirme un comportement d’achat plus opportuniste, plus ciblé, et sans doute plus contraint par les arbitrages de budget.

Le démarrage a par ailleurs été perturbé par un épisode neigeux en début de période, qui a ralenti l’activité. À cela s’ajoute, selon certains répondants, un mouvement plus structurel : l’installation d’une culture de la promotion permanente qui modifie le rapport des consommateurs au temps des soldes, et oblige les commerçants à repositionner leurs stratégies de démarque.

Malgré ces fragilités, l’Union du Commerce du Pays de Rennes et le Carré Rennais rappellent que les soldes demeurent un temps fort attendu. Dans un contexte où la recherche de pouvoir d’achat s’intensifie et où les achats plaisir font davantage l’objet d’arbitrages, les soldes conservent une fonction claire. Elles permettent aux consommateurs de réaliser de bonnes affaires, tout en stimulant la fréquentation des commerces et en renforçant le lien entre commerçants et clients.

Mais une question se pose désormais, plus structurelle : jusqu’où peut aller le déclin d’un modèle dont la promesse historique — un rendez-vous rare, lisible, concentré — se heurte à une réalité commerciale devenue quasi permanente, faite de promotions en continu, de ventes privées et d’achats plus irréguliers. Autrement dit, les soldes restent un repère… mais leur capacité à faire événement, à créer un “avant/après”, semble chaque année un peu plus disputée par les nouvelles habitudes de consommation.

Repères chiffrés

  • Près de 280 commerces répondants (enquête e-mailing UDC Pays de Rennes + Carré Rennais)
  • Secteurs représentés : équipement de la personne 51 % ; équipement de la maison 11 % ; alimentaire 11 % ; centres commerciaux 11 % ; culture/sport/loisirs 9 %
  • Fréquentation : baisse 52,5 % ; stable 21,5 % ; hausse 26 %
  • Chiffre d’affaires : baisse 46,5 % ; stable 18,5 % ; hausse 35 %
  • Stocks au démarrage : supérieurs 35 % ; équivalents 47,5 % ; inférieurs 17,5 %
  • Trésorerie : stable 57,5 % ; amélioration 20 % ; diminution 22,5 %
  • Emploi : effectifs stables 73 % ; réductions 13,6 % ; recrutements 4,5 %
  • Promotions avant soldes : 56 %
  • Remises : le plus souvent –30 % à –50 % ; deuxième démarque rapide, jusqu’à –70 % dans certains cas