Le Carnaval de Dunkerque prouvera-t-il, du 1er janvier (bain des givrés) jusqu’à la mi-avril 2026, que « les gens du Nord ont dans leur cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors » ? Que nenni : les Nordistes ont aussi le soleil. Les carnavaleux font rigodon et dansent avec les pompons, avec les pompiers. Chaleur, fraternité, et fort chalutage contre les puissants.
La saison 2026 est annoncée du 3 janvier au 17 avril 2026 (avec des rendez-vous “bonus” autour et après, selon les communes). Les grands pics à ne pas rater : les Trois Joyeuses (15–17 février 2026), la bande de Malo-les-Bains (22 février), et les grands bals du Kursaal.
Programme 2026 (bals, bandes, temps forts)
Janvier 2026
• Jeudi 1er janvier : bain des givrés à Malo-les-Bains
• Samedi 3 janvier : bal des Neuches Cô (Uxem)
• Samedi 10 janvier : bande de Steene ; bal des Joyeux Beultes (Bray-Dunes) ; concert des Prout (Cappelle-la-Grande)
• Dimanche 11 janvier : avant-bande d’Hondschoote ; bandes de Cappelle-la-Grande et de Ghyvelde
• Samedi 17 janvier : bande de Fort-Mardyck ; bals enfantins (Leffrinckoucke, Bray-Dunes, Herzeele) ; bal des Ckouckenards (Leffrinckoucke)
• Dimanche 18 janvier : bande de Bray-Dunes
• Vendredi 23 janvier : bal des Peulemeuches (Hoymille) ; bande enfantine de Zuydcoote
• Samedi 24 janvier : bandes de Bierne et Rexpoëde ; bal du Chat Noir (Kursaal) ; bal enfantin (Fort-Mardyck)
• Dimanche 25 janvier : bande d’Armbouts-Cappel
• Vendredi 30 janvier : bal des Reutelaeres (Téteghem)
• Samedi 31 janvier : bal des Kakerneshes (Kursaal) ; bal enfantin des Reutelaeres (Téteghem) ; bande de Zuydcoote
Février 2026
• Dimanche 1er février : bande de Téteghem
• Mercredi 4 février : bal enfantin des P’tis Zigotos (Loon-Plage)
• Vendredi 6 février : bal des 8 Wiches (Loon-Plage) ; bal de Brouckerque
• Samedi 7 février : bandes de Brouckerque et Mardyck ; bal des Corsaires (Kursaal) ; Nuit de la Bringue (Fort-Mardyck) ; bal enfantin (Godewaersvelde) ; bande enfantine (Saint-Pol-sur-Mer)
• Dimanche 8 février : bandes de Saint-Pol-sur-Mer et Godewaersvelde
• Mercredi 11 février : bande enfantine de Grande-Synthe ; bal des Aînés (Dunkerque)
• Vendredi 13 février : bal des Nucholards (Gravelines) ; bal des Pint’jes (Grande-Synthe)
• Samedi 14 février : bal enfantin des Chucheurs (Winnezeele) ; bande de la Basse-Ville ; bal de l’Oncle Cô (Kursaal) ; bande de Grande-Synthe ; bande enfantine de Grand-Fort-Philippe
• Dimanche 15 février : bande de Dunkerque (Trois Joyeuses) + Petite bande de Cassel ; bal des Acharnés (Kursaal)
• Lundi 16 février : bande de la Citadelle (Trois Joyeuses)
• Mardi 17 février : bande de Rosendaël (Trois Joyeuses) + bandes de Grand-Fort-Philippe, Petit-Fort-Philippe, des Huttes ; bal des Flibustiers (Grand-Fort-Philippe)
• Mercredi 18 février : bals enfantins (Kursaal / Grande-Synthe / Rosendaël)
• Vendredi 20 février : Kiekeun Festival (Coudekerque-Branche) ; bande de Saint-Georges-sur-l’Aa ; bal des Creut’ches (Armbouts-Cappel) ; bal des Zigomards (Gravelines)
• Samedi 21 février : bal des Gigolos et Gigolettes (Kursaal) ; bande de Petite-Synthe ; bal des Berguenards (Bergues)
• Dimanche 22 février : bande de Malo-les-Bains ; bal de la Violette (Kursaal)
• Mardi 24 février : bal Carn’Ados (Gravelines)
• Mercredi 25 février : bande enfantine de Rexpoëde
• Vendredi 27 février : bal des Potes-Iront (Coudekerque-Branche) ; bal des Zotes (Gravelines)
• Samedi 28 février : bandes (Loon-Plage + enfantine, Coudekerque-Branche enfantine) ; bal enfantin (Zegerscappel) ; bal du Sporting (Kursaal) ; bal des Optimistes (Leffrinckoucke)
Mars 2026
• Dimanche 1er mars : bandes de Coudekerque-Branche, Warhem, Wormhout ; bande matinale de Ledringhem
• Mercredi 4 mars : bal des séniors + bal enfantin (Coudekerque-Branche)
• Vendredi 6 mars : bal des Bierenaeres (Bierne) ; repas des Rose Marie (Gravelines)
• Samedi 7 mars : bal enfantin (Ledringhem) ; bande de Leffrinckoucke ; bal du Printemps (Kursaal) ; bande enfantine de Wormhout ; bande enfantine des Berguenards
• Dimanche 8 mars : bande matinale de Hoymille ; bande de Bergues
• Vendredi 13 mars : bal des Boucaniers (Gravelines)
• Samedi 14 mars : bande d’Houtkerque ; bal enfantin de Drincham ; bal des Buckenaeres (Wormhout)
• Dimanche 15 mars : pas de bande (élections)
• Vendredi 20 mars : carnaval enfantin des Vent’ches (Ruminghem) ; nuit des Zamuztaërs (Bourbourg) ; nuit du Podingue (Rexpoëde)
• Samedi 21 mars : bande de Gravelines ; bal des P’tits Baigneurs (Gravelines) ; bal des Gais-Lurons (Bray-Dunes)
• Dimanche 22 mars : pas de bande (élections)
• Samedi 28 mars : bande de Bollezeele ; bal des Stekebeilles (Ghyvelde) ; bal enfantin des Cop’1 d’abord (Bourbourg)
• Dimanche 29 mars : bande de Bourbourg
Avril 2026
• Vendredi 3 avril : bande enfantine de Ruminghem
• Samedi 4 avril : bande enfantine de Ghyvelde ; bal enfantin d’Houtkerque ; bal des Stekebeilles (Ghyvelde) ; bande et bal des Swingelaeres (Killem)
• Dimanche 5 avril : bande enfantine de Gravelines ; bal enfantin des P’tits Mousses (Gravelines-les-Huttes)
• Lundi 6 avril : bande de Cassel (réveil de Cassel)
• Samedi 11 avril : bal (Ruminghem)
• Dimanche 12 avril : bande de Pitgam
• Samedi 18 avril : bal du Prestige (Ruminghem)
En bonus : Bailleul et Cassel
Qui dit carnavals du Nord dit aussi Bailleul et Cassel. En 2026, Cassel joue sa double partition : carnaval d’hiver le 17 février 2026, puis réveil de Cassel le lundi 6 avril 2026. Quant à Bailleul, le grand rendez-vous populaire se tient du vendredi 13 au mardi 17 février 2026 : une excellente option “en famille” si vous voulez du cortège, des géants et une ambiance plus concentrée.
Le carnaval de Dunkerque trouve son origine au début du XVIIe siècle, quand les armateurs offraient aux marins un repas et une “grosse teuf” avant de partir pour une campagne de pêche à la morue… dont ils n’étaient pas sûrs de revenir. Les patrons avançaient la moitié de leur solde. Tous les éléments sont réunis pour une grosse biture, mais ce n’est pas l’essentiel. Le 16 janvier 1676, une ordonnance de magistrat réglemente les festivités, qui ont bien évolué depuis, mais avec des codes et des rites précis.
Le déguisement d’abord. À l’époque, les placards ne débordaient pas comme aujourd’hui. Les hommes ayant préparé leur paquetage et voulant garder propre leur vêtement de départ, ont commencé à emprunter les fringues de leurs épouses ou de leurs sœurs. Voilà comment est né le travestissement, qui maintenant lorgne souvent du côté des péripatéticiennes. Autres tendances fortes : les Écossais en kilt, les Vikings à casque à cornes, les Zoulous… À noter, la folle créativité investie dans l’ornement des chapeaux, à coup de fleurs en tissu, peluches, capsules, plumes de paons ou de faisans.
L’ordre de défilé. Comme sur un bateau : un peu de discipline, quoi. Derrière le tambour-major (habillé comme un grognard napoléonien) et la “clique” de musiciens (vêtus de cirés jaunes) se succèdent les lignes de carnavaleux avec leur repère, parapluie coloré en haut d’une canne. Les bandes occupent toute la largeur de la chaussée. Chacun se tient par les coudes bien fort, car le déplacement — comparable à une vague qui avance et recule — demande attention et cohésion.
La musique. Une série de chants, au répertoire plus proche des carabins que des cantiques, accompagne le défilé, entonnée par la foule qui connaît les paroles (notamment L’Hommage au Cô et la Cantate à Jean Bart) et se livre à un “chahut”. Entre les chants, les fifres jouent : respiration bienvenue avant que la marée ne reparte.
Au bal masqué, oh gai, oh gai. La nuit, on se retrouve dans les grandes salles du coin (la plus connue : le Kursaal à Malo-les-Bains) pour danser sur une bande-son qui alterne chants de carnaval et musiques actuelles. Tout le monde est déguisé… sauf le service d’ordre et la maréchaussée. Bon à savoir : des retours en bus sont régulièrement mis en place au départ du secteur du Kursaal, et les billets s’achètent souvent à l’avance dans des commerces partenaires.
Les rites. Le dimanche des Trois Joyeuses, la journée se joue en crescendo : bandes, chapelles, bal des pompiers, et, à 17 h, le moment que tout le monde attend : le lancer de harengs depuis le balcon de l’hôtel de ville (en 2026 : dimanche 15 février, devant la mairie). Puis vient le rigodon au pied de Jean Bart : ronde endiablée, tempo vertigineux, vapeur au-dessus des danseurs. Les néophytes ont le droit d’être fascinés, et même le devoir de rester prudents.
Les chapelles. Faire chapelle à Dunkerque, c’est la version locale de l’open-bar chez l’habitant : pas d’affiche, pas de flyer, l’info circule entre connaissances. On y va sur invitation, on prévient si l’on ramène des amis, on chante avant de se faire offrir une bière ou une coupette. On a même vu des chapelles improvisées sur un coffre de voiture, ouvert sur le trottoir, pour servir un verre aux passants. À Dunkerque, la convivialité n’est pas un supplément : c’est le moteur.







