Clémentine Célarié à Crozon : un refuge breton, une géographie intérieure

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Pour Clémentine Célarié, la presqu’île de Crozon n’est ni une carte postale, ni un “spot” à exhiber : c’est un territoire de retour. Un endroit où l’on cesse de jouer, où le corps reprend sa place, où l’on se tient debout autrement. À rebours de la mise en scène contemporaine des maisons d’artistes, son attachement à la Bretagne raconte moins une propriété qu’une fidélité – un fil familial, un rythme, une façon d’habiter le monde.

Une maison héritée, un ancrage fabriqué au long cours

Dans les récits que Clémentine Célarié livre, notamment le format télé Grand BaZH.art, tout commence avant elle, avec les parents, le coup de foudre, la presqu’île découverte, puis l’achat d’anciennes bâtisses rurales – de petites “granges à cochons” – que la famille retape au fil des années. Rien de spectaculaire, plutôt une patience. n répare, on consolide, on aménage, on fait d’un lieu une continuité. Cette maison (ou cet ensemble de petites maisons) devient alors un point fixe dans une vie qui, par métier, se déplace beaucoup.

Le mot qui revient chez Clémentine Célarié n’est pas “résidence secondaire”, encore moins “retraite dorée”. C’est refuge. Un “petit nid”, dit-elle, où l’on tient à l’authenticité, non comme slogan décoratif mais comme condition d’équilibre – la simplicité, l’air, l’horizon, la marche, l’océan à portée de souffle.

Après l’épreuve, la Bretagne comme lieu de réparation

Depuis que Clémentine Célarié a rendu publique la maladie qui l’a frappée (un cancer du côlon diagnostiqué en 2019, aujourd’hui en rémission), Crozon apparaît plus nettement comme un lieu de récupération au plan intime. Elle emploie une formule très forte “La nature m’a guérie.” Qu’on l’entende au plan littéral ou symbolique, elle dit quelque chose de cette relation bretonne. Ici, la santé n’est pas une promesse, mais un dialogue avec le dehors. Le vent nettoie, le ciel change, le corps suit. On se remet au monde sans se raconter d’histoires.

Dans une époque saturée de discours sur le “bien-être”, ce que Clémentine Célarié décrit a quelque chose de plus rugueux et de plus vrai : courir, marcher, nager, se baigner même l’hiver – non pour performer, mais pour se sentir vivre, simplement. Crozon n’est pas un spa ; c’est un paysage qui vous oblige à respirer.

Crozon, au plus près, le sensoriel sans folklore

La presqu’île n’a pas besoin d’emphase. Elle s’impose par sa géométrie ; des routes qui se resserrent, des talus, des chemins qui sentent la fougère et la terre noire, la bascule brutale entre un repli boisé et une ouverture d’océan. À Crozon, le ciel fait la loi. Il passe du gris lumineux à la clarté blanche, du bleu coupant à la bruine, parfois dans la même heure. L’eau, elle, n’est jamais décorative. Elle travaille le regard, elle entame les roches, elle impose sa présence – tantôt apaisante, tantôt verticale.

C’est peut-être cela que Clémentine Célarié nomme “énergie”. Une puissance simple, celle d’un bout de terre où la mer ne se laisse pas réduire à un arrière-plan. Et puis il y a les gens, dit-elle, “accueillants”, cette hospitalité de presqu’île : on se salue, on se parle, on vous laisse tranquille aussi. Une sociabilité sans chichi, qui protège autant qu’elle relie.

Un lieu de retour, pas un lieu à montrer

Ce qui compte n’est pas la couleur des murs, mais ce que la maison autorise : une pause, une densité, une vie sans commentaire permanent. Dans Le Grand BaZH.art qui l’a suivie à Crozon, on comprend d’ailleurs que le vrai sujet n’est pas “la maison de…”, mais la façon dont un territoire nourrit un rapport à l’art, au temps, au silence, à la présence.

Au fond, Crozon fonctionne comme une boussole intérieure. Quand tout s’accélère, on y retrouve l’essentiel : la marche, la mer, l’air, un seuil. Un endroit où l’on ne “déconnecte” pas, mais où l’on se reconnecte à plus vaste que soi.

À retenir

  • Le refuge breton de Clémentine Célarié se situe sur la presqu’île de Crozon, fréquentée depuis l’enfance.
  • La maison est liée à une histoire familiale ancienne : achat et rénovation progressive d’anciennes bâtisses rurales.
  • Depuis l’épreuve de la maladie, Crozon apparaît comme un lieu de réparation au plan physique et intime, dans un lien très direct à la nature.
  • Le récit médiatique le plus structurant autour de Crozon est celui de l’émission Le Grand BaZH.art (France 3 Bretagne / réseaux partenaires).