Le Stade Rennais a acté, lundi 9 février 2026, la fin de sa collaboration avec Habib Beye. Un départ qui surprend au premier regard, parce que le club est encore au contact des places européennes, mais qui s’explique au fil des derniers jours : une dynamique sportive qui se délite, un vestiaire sous tension, et une gouvernance qui choisit la rupture plutôt que l’érosion. À l’heure où Rennes veut éviter la rechute durable, un nom s’impose déjà dans les discussions : Franck Haise.
Sur le papier, la situation n’a rien d’un naufrage. Rennes n’est pas relégable, et même solidement placé dans la première moitié de tableau. Mais la réalité d’un club ne se lit pas seulement à la colonne “points”. Elle se lit au rythme cardiaque des matches, au degré de confiance d’un groupe, et à la capacité d’un entraîneur à tenir la barre quand le vent tourne.
Or, ces dernières semaines, le Stade Rennais donne la sensation d’avoir basculé d’un état de reconstruction énergique vers une zone grise : moins de certitudes collectives, plus d’erreurs défensives, et surtout une atmosphère devenue inflammable. La série sans victoire, qui s’allonge, sert de déclencheur. Mais la décision semble aussi répondre à une autre logique : quand un club sent que le fil se tend, il choisit parfois d’arrêter avant la rupture nette — plutôt que de la subir après un nouveau match “de trop”.
L’affaire Samba, symptôme d’une autorité contestée
Dans ce type de crise, un épisode cristallise souvent le malaise. Ici, c’est la gestion de Brice Samba qui a mis en pleine lumière le rapport de force interne. La mise à l’écart du gardien pour des raisons disciplinaires, puis les récits contradictoires et les commentaires autour du vestiaire, ont transformé une décision d’autorité en révélateur de fissures ; l’autorité du coach, oui, mais aussi l’adhésion du groupe et la cohérence de l’organigramme.
En clair, Beye a voulu envoyer un message fort. Mais quand un message fort ne rétablit pas l’ordre et qu’il alimente au contraire la zone de turbulence, il devient une pièce à charge. À ce stade, ce n’est plus seulement une question de “choix sportif”, c’est une question de gouvernement du vestiaire.
Le club a tranché : éviter la répétition d’une crise “à rallonge”
Ce que Rennes redoute, dans ces moments, ce n’est pas seulement une mauvaise série. C’est la crise qui s’installe : les semaines qui passent, les points qui s’échappent, la communication qui se crispe, les clans qui se forment, et la saison qui se consume dans une lente perte de maîtrise. Plusieurs observateurs ont d’ailleurs parlé d’un climat qui rappele des épisodes récents de turbulence interne. En se séparant de Beye, Rennes fait un pari qui est celui d’un choc qui stoppe l’hémorragie tout en gardant l’objectif européen à portée.
Dans l’immédiat, le club a organisé la transition. L’entraînement du groupe professionnel est confié à un trio en interne, “jusqu’à nouvel ordre”. Cette formule indique une chose très simple. Rennes veut aller vite, mais veut aller sûr. Le choix du prochain coach doit être suffisamment évident pour refermer la parenthèse, sans ouvrir une nouvelle controverse.
Franck Haise est la solution la plus cohérente pour une sortie de crise
Si Franck Haise apparaît en tête, ce n’est pas par effet de mode. C’est parce qu’il coche, mécaniquement, les cases d’un club qui cherche une stabilisation rapide.
- Un entraîneur “Ligue 1 compatible” : il connaît la pression, le tempo, les semaines où tout s’emballe.
- Une réputation de bâtisseur : Haise est identifié comme un technicien capable de structurer un collectif, de reconstruire des repères et d’installer une discipline de jeu.
- Une forme de crédibilité immédiate : dans un vestiaire ébranlé, ce capital symbolique compte autant que le tableau noir.
- Un recrutement plus simple : sa situation contractuelle rend les discussions plus fluides que dans le cas d’un coach en poste.
Rennes n’a pas besoin d’un “poète” à court terme. Il a besoin d’un entraîneur capable de remettre la maison d’équerre, sans perdre de vue l’ambition. Haise, dans cette configuration, ressemble à un choix de raison — donc à un choix typiquement rennais quand le club veut redevenir lisible.
Rennes cherche moins un sauveur qu’un cadre adapté
Le départ d’Habib Beye ne se résume pas à une série de résultats. Il raconte un club qui refuse la lente désagrégation, et qui préfère l’option la plus “gouvernable”. Si Franck Haise vient, Rennes cherchera d’abord la fin des oscillations, le retour des repères et un vestiaire qui redevient un collectif. La suite dépendra d’un détail décisif qui est la capacité du prochain entraîneur à aligner les têtes, les jambes, et la direction. C’est pas donné.
