Depuis 2020, la journée du 11 mars rend hommage aux victimes de l’ensemble des attentats qui ont touché la France depuis les années 1970. Elle s’inscrit aussi dans la journée européenne du 11 mars, choisie en mémoire des attentats de Madrid (11 mars 2004). La commémoration est d’abord ce que la Nation doit aux souffrances endurées, et à celles et ceux qui vivent avec l’absence, les blessures, les séquelles. Elle est aussi un geste public de solidarité, qui rappelle que la terreur n’a pas anéanti la promesse républicaine.
Le 11 mars marque également la reconnaissance envers celles et ceux dont l’engagement physique, moral et intellectuel s’est manifesté face aux violences nées de ces tragédies. Cette journée rassemble les Français dans une œuvre de mémoire collective, en souvenir des attentats commis sur le territoire national, mais aussi de ceux subis par des Français lors d’attaques terroristes à l’étranger.
Le terrorisme en France ne se laisse pas enfermer dans une seule période ni dans une seule forme. Il a frappé à des époques différentes, sous des motivations diverses, et avec des modes opératoires qui ont évolué. Les lignes qui suivent proposent des repères, non exhaustifs, pour recontextualiser cette journée d’hommage.

Repères. Quelques attentats et attaques qui ont marqué l’histoire récente
Années 1970
Le 22 juin 1972, un attentat fait plusieurs blessés à la station Invalides à Paris.
Le 15 septembre 1974, à Paris, un attentat à la grenade de fabrication américaine vise le drugstore Publicis (Saint-Germain-des-Prés). Il fait 2 morts et 34 blessés. L’auteur, Ilich Ramírez Sánchez (dit « Carlos »), a été jugé dans ce dossier en 2013.

Le 10 mars 1975, une bombe explose à la gare de l’Est à Paris. Elle fait 1 mort et 7 blessés.
Années 1980
Le 3 octobre 1980, une bombe explose devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, à l’heure de la prière. Elle fait 4 morts et de nombreux blessés.

Le 29 mars 1982, une bombe explose dans le train Le Capitole (Paris-Toulouse). Elle fait 5 morts et 27 blessés. L’attentat est revendiqué par Carlos.
Le 9 août 1982, rue des Rosiers, un attentat à la grenade suivi d’une fusillade ensanglante le quartier juif de Paris. 6 personnes sont tuées et 22 blessées au restaurant Jo Goldenberg.


Le 15 juillet 1983, une bombe explose à l’aéroport Paris-Orly. L’attaque est revendiquée par le groupe arménien ASALA. Elle fait 8 morts et 56 blessés.
Entre décembre 1985 et septembre 1986, plusieurs attentats à la bombe frappent Paris et des infrastructures de transport. Ils font de nombreuses victimes et blessés.
Années 1990
Entre juillet et octobre 1995, la France est touchée par une série d’attentats, officiellement attribués au Groupe islamique armé (GIA).
Le 25 juillet 1995, une bombe explose à la station Saint-Michel-Notre-Dame (RER B). Elle fait 8 morts et environ 150 blessés. Boualem Bensaïd est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2002.



Le 17 octobre 1995, une bombe explose dans le RER C entre Musée d’Orsay et Saint-Michel. Plusieurs dizaines de personnes sont blessées. Smaïn Aït Ali Belkacem (dit « Sofiane ») est condamné dans ce dossier.
Années 2000
Le terrorisme frappe durement le monde au début des années 2000. En France, les années suivantes verront aussi monter une menace plus diffuse, avec des trajectoires de radicalisation et des passages à l’acte parfois isolés.

Années 2010
Mars 2012. À Toulouse et Montauban, Mohamed Merah tue 7 personnes, dont 3 militaires et 4 civils, parmi lesquels 3 enfants à l’entrée d’une école juive. Il est tué le 22 mars 2012 lors de l’assaut du RAID.

7 au 9 janvier 2015. À Paris, les attaques visant Charlie Hebdo, une policière à Montrouge, puis le supermarché Hyper Cacher porte de Vincennes, font de nombreuses victimes. Parmi les policiers tués figurent Ahmed Merabet (7 janvier) et Clarissa Jean-Philippe (8 janvier). Au Hyper Cacher, quatre personnes sont assassinées, Yoav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.


13 novembre 2015. Les fusillades et attentats-suicides à Paris et Saint-Denis font 130 morts et des centaines de blessés. Les attaques visent notamment le Bataclan, des terrasses de cafés et le Stade de France. Salah Abdeslam, seul survivant du commando jugé comme tel, est condamné à la perpétuité incompressible.

À la suite des attentats de 2015, l’État renforce plusieurs dispositifs de reconnaissance et d’accompagnement. La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme est créée pour honorer celles et ceux qui ont été tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes.
14 juillet 2016. À Nice, l’attaque au camion sur la Promenade des Anglais fait 86 morts et des centaines de blessés, laissant une ville durablement meurtrie.

26 juillet 2016. À Saint-Étienne-du-Rouvray, le père Jacques Hamel est assassiné dans son église. Deux assaillants sont abattus.
Années 2020
16 octobre 2020. L’enseignant Samuel Paty est assassiné à Conflans-Sainte-Honorine, après une campagne de haine déclenchée autour d’un cours sur la liberté d’expression. L’assaillant est abattu.
29 octobre 2020. À Nice, dans la basilique Notre-Dame, trois personnes sont tuées. L’auteur est condamné à la perpétuité incompressible.

13 octobre 2023. À Arras, au lycée Gambetta, le professeur Dominique Bernard est assassiné. Plusieurs personnes sont blessées. Le Parquet national antiterroriste est saisi.
2 décembre 2023. À Paris, près du pont de Bir-Hakeim, une attaque fait un mort et deux blessés. Le Parquet national antiterroriste est saisi.
13 février 2026. Un homme attaque au couteau un gendarme sous l’Arc de Triomphe, place de l’Étoile, lors du ravivage de la flamme. Il est mortellement blessé par les forces de l’ordre. Le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête.

Une journée, un geste collectif
Le décret prévoit une cérémonie nationale et permet l’organisation de cérémonies dans les départements, à l’initiative des préfets. Les lieux et horaires varient selon les villes. Dans les jours qui précèdent le 11 mars, les préfectures et les mairies publient généralement les modalités pratiques.
