Né le 14 mars 1925, Marcel Bergamasco célèbre ses 101 ans. Pour l’occasion, il présente le livre qu’il vient de publier avec l’aide du biographe Olivier Harent, qui a mis en mots et en images les différentes étapes de la vie de cet ancien résistant du secteur de Ploërmel, dans le Morbihan. L’ouvrage s’intitule Résistant à 14 ans – Marcel Bergamasco se raconte….


Lorsque l’on est reçu au domicile de Marcel Bergamasco, on est d’emblée frappé par les photographies et les documents qui tapissent les murs du salon familial. Ils rappellent le devoir accompli par l’ancien résistant pendant les années sombres de l’Occupation allemande, mais aussi les nombreuses distinctions et décorations reçues au cours de sa vie.




À 101 ans, l’homme s’installe encore fièrement à la table de sa cuisine pour dédicacer son livre à ses amis, aux anciens combattants ou aux visiteurs venus l’écouter. Il peut être fier. De 1940 à 1945, il n’a cessé de lutter contre l’occupant. Aujourd’hui, il reste l’un des derniers témoins vivants de cette période en Bretagne. Dès que l’occasion se présente, il accepte de raconter son histoire aux scolaires, aux associations ou lors des commémorations. On le voit régulièrement aux cérémonies du 8 mai, du 18 juin, du 14 juillet ou du 11 novembre à Ploërmel et à Saint-Marcel, souvent accompagné de sa fille Yolande.


Le livre de Marcel Bergamasco constitue un témoignage poignant. Il raconte la vie d’un adolescent devenu résistant, puis celle d’un jeune adulte déterminé à défendre son pays et à chasser l’occupant de sa région et de la France.
Ses parents sont originaires du nord de l’Italie. Après la Première Guerre mondiale, ils immigrent en France. La famille passe d’abord par la Vienne avant de s’installer en Bretagne, à Ploërmel. Auguste, le père, est maçon et fonde sa propre entreprise. Marie, la mère, tient un hôtel-restaurant. La famille s’intègre rapidement dans la vie locale.
Marcel Bergamasco entre progressivement dans la Résistance. Tout commence par des actions isolées. Il raconte lui-même ces premiers gestes comme « mes tours de cochon ». Il perce par exemple les pneus des camions allemands stationnés en ville. Ses initiatives attirent l’attention des responsables de réseaux clandestins.
Peu à peu, il prend part à des opérations plus importantes. Grâce au camion de l’entreprise familiale, il transporte de la farine ou du ravitaillement pour l’occupant tout en recueillant des informations pour les résistants. Il détourne ensuite ces trajets pour acheminer clandestinement des armes vers le maquis. Avec ses camarades, il sabote les wagons à la gare de Ploërmel et s’attaque aux voies ferrées à Taupont, Augan ou Porcaro. Les risques sont constants et il échappe plusieurs fois à l’arrestation.

Mais en 1944, une livraison tourne mal. Marcel Bergamasco est arrêté par la Feldgendarmerie, la police militaire allemande. Interrogé sous la torture, notamment au nerf de bœuf, il est gravement blessé. Persuadé qu’il ne survivra pas, il refuse pourtant de parler. Le lendemain, une occasion inattendue se présente. Il parvient à s’évader et s’enfuit à travers champs, épuisé mais libre. Caché et soigné par des habitants, il rejoint ensuite le maquis de Saint-Marcel.
Le 18 juin 1944, il participe à la bataille de Saint-Marcel aux côtés des FFI et des commandos parachutistes SAS britanniques. Ce combat demeure l’un des épisodes majeurs de la Résistance en Bretagne.

Infos pratiques
L’ouvrage Résistant à 14 ans – Marcel Bergamasco se raconte…, réalisé avec le biographe Olivier Harent, est imprimé par Corlet à Condé-sur-Noireau.
Le livre est disponible notamment au Musée de la Résistance en Bretagne, place Gilles Possémé à Saint-Marcel (Morbihan). Prix indicatif : 20 €.
A retrouver également : https://unidivers.fr/saint-marcel-marcel-bergamasco-maquisard/
