Il y a 82 ans aujourd’hui, Max Jacob (1876-1944) s’éteignait à Drancy deux jours avant sa déportation, prévue pour le convoi n°69 du 7 mars 1944 à destination du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Le poète, écrivain et peintre breton avait été arrêté quelques jours plus tôt par la Gestapo à Saint-Benoît-sur-Loire, où il vivait retiré depuis 1936.

Hébergé par la famille Persillard à Saint-Benoît-sur-Loire, Max Jacob est arrêté le 24 février 1944 vers 11 heures par la Gestapo. L’artiste, d’origine juive mais converti au catholicisme depuis 1915, se croit d’abord face à une visite familière lorsqu’on frappe à la porte. Il se précipite à la fenêtre pour accueillir ses visiteurs. Ce sont en réalité les agents allemands venus l’arrêter.
Après trois jours à la prison d’Orléans, il est transféré au camp d’internement de Drancy sous le numéro 15872. L’hiver est rude, le poète est affaibli. Il contracte une pneumonie et meurt d’épuisement dans la nuit du 5 au 6 mars 1944, à presque 68 ans, moins de deux jours avant son départ pour Auschwitz. Il est d’abord enterré dans une fosse commune au cimetière d’Ivry.

En 1949, sa dépouille est transférée à Saint-Benoît-sur-Loire où il repose aujourd’hui. En 1960, la République française lui attribue la mention poète mort pour la France.
Un enfant de Quimper fasciné par les arts
Max Jacob naît le 12 juillet 1876 à Quimper, dans une famille juive d’origine alsacienne. Son père Lazare est tailleur et brodeur, sa mère Prudence est parisienne. L’enfant grandit dans une maison donnant sur la cathédrale Saint-Corentin et sur la rivière Odet. Il observe les pardons, les processions et les rites religieux bretons qui marqueront durablement son imaginaire.
Très tôt attiré par la musique et la littérature, il apprend l’orgue et dévore les livres. Après des études à la Sorbonne où il obtient une licence de droit, il abandonne rapidement toute carrière juridique pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Les débuts sont difficiles et il enchaîne les petits métiers pour survivre.




Montmartre et l’avant-garde artistique
Au tournant du XXe siècle, Max Jacob s’installe à Montmartre, alors cœur bouillonnant de la modernité artistique. Il y rencontre Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, André Salmon ou encore Amedeo Modigliani. L’amitié avec Picasso est décisive. Les deux artistes vivent quelque temps dans la même misère joyeuse du Bateau-Lavoir.



La conversion et la quête spirituelle
En 1909, Max Jacob vit une expérience mystique qu’il interprète comme une apparition du Christ. Cet événement bouleverse son existence. Après plusieurs années de réflexion, il se fait baptiser en 1915. Sa foi devient une dimension centrale de son œuvre.




Repères – Max Jacob en 10 dates
- 1876 – Naissance à Quimper.
- 1894 – Études de droit à la Sorbonne.
- 1901 – Rencontre Pablo Picasso.
- 1909 – Expérience mystique.
- 1915 – Baptême catholique.
- 1917 – Publication du Cornet à dés.
- Années 1920 – Reconnaissance artistique.
- 1936 – Retraite à Saint-Benoît-sur-Loire.
- 24 février 1944 – Arrestation par la Gestapo.
- 5-6 mars 1944 – Mort à Drancy.
