Des œuvres graphiques magistrales de l’artiste belge Léon Zwirner, l’un des plus célèbres peintres symbolistes, sont exposées jusqu’au 28 mars 2026 à la galerie David Zwirner, dans le quartier du Marais.


Les œuvres graphiques, à découvrir dans l’exposition, ont été pour la plupart produites entre 1908 et 1920 : mélancoliques, elles témoignent de l’extraordinaire maîtrise technique de Léon Zwirner, à la fois dessinateur au crayon et à l’encre de Chine, et peintre au pastel, à l’aquarelle et à la gouache. Le public a tout loisir de découvrir une démarche empreinte de tonalités nocturnes et du bruissement inquiet des êtres et des choses.
Le motif de la nuit imprègne totalement l’œuvre de Léon Spilliaert, où la couleur se fraie difficilement un passage : les cimaises, les images des digues, des brise-lames, des phares, des marines, des ateliers, des rues, des rivages et des plages se noient dans la pénombre…



Biographie :
Léon Spilliaert est né à Ostende en Belgique le 28 juillet 1881. Sa famille bourgeoise tient une parfumerie prospère qui fournit la cour du roi de Belgique, et également un salon de coiffure. Penseur, rêveur, introverti, et de santé fragile, le jeune Léon Spilliaert s’intéresse très jeune à la peinture et la littérature. Au cours de sa scolarité, il développe un vif intérêt pour la poésie et la philosophie, et remplit ses cahiers de classe de dessins. En 1900, après seulement quelques mois à l’Académie des Beaux-Arts de Bruges, il est contraint d’abandonner ses études pour raison de santé. Il se rend alors à Paris avec son père pour visiter l’Exposition Universelle, qui fait la part belle aux symbolistes…
Malgré sa courte formation artistique, Léon Spilliaert développe un style personnel, en travaillant principalement l’encre de chine, l’aquarelle et le crayon, à la plume ou au lavis…

Il trouve un emploi auprès d’un éditeur à Bruxelles, et fréquente d’éminents écrivains et artistes de la société intellectuelle locale. Spécialisé dans le symbolisme, il réalise en 1903 de nombreuses compositions originales à l’encre de Chine et commence ses premiers autoportraits. Introduit dans le milieu artistique parisien, il expose aux côtés du peintre espagnol Pablo Picasso (1881-1973). Son travail prend corps dans un processus imaginaire, toujours en marge de sa solitude ; la maîtrise extraordinaire de ce langage plastique constitue une force d’expression au service de son questionnement intérieur. Jusqu’au début des années 1910, ses œuvres se caractérisent par une évidente mélancolie, empreinte de tristesse, voire même d’angoisse…

Au cours des décennies 1910, 1920 et 1930, Léon Spilliaert expose aux côtés de grands peintres tels que Robert Delaunay (1885-1941) et Fernand Léger (1881-1955). Il connaît un grand succès à Bruxelles et à Paris où plusieurs rétrospectives lui sont également consacrées. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il s’exile à deux reprises car la ville d’Ostende est occupée par les Allemands et sa maison d’enfance est détruite. Troncs verts (1942-1944) est la seule œuvre qu’il réalise au cours de cette période. Il décide de couper tout lien avec l’Allemagne et refuse d’exposer ses œuvres dans ce pays.

Sa santé fragile a raison de Léon Spilliaert le 23 novembre 1946 à Bruxelles, où il s’éteint des suites d’une insuffisance cardiaque.
Infos pratiques :
Exposition consacrée à Léon Spilliaert, jusqu’au 29 mars 2026
Galerie David Zwirner – 108 rue Vieille du Temple – quarier du Marais dans le 3e arrondissement de Paris
Entrée libre et gratuite pour tous
Horaires : du mardi au samedi : de 11h à 19h – fermeture dimanche et lundi
