À Paris, le Jardin des Plantes s’offre une floraison royale pour ses 400 ans

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jardin des plantes

Afin de célébrer ses quatre siècles d’existence, le Jardin des Plantes, dans le 5e arrondissement de Paris, se couvre en 2026 d’un spectaculaire manteau floral. Cette saison anniversaire donne à voir une floraison exceptionnelle, composée d’environ 48 000 plantes en pleine expression.

Pour ses 400 ans, le Jardin des Plantes ne se contente pas de commémorer son histoire. Il la met en scène, la fait éclore, la déploie dans les allées, les pelouses et les bordures. Ce printemps 2026, les compositions horticoles imaginées par les équipes du Muséum national d’histoire naturelle transforment le site en un vaste tableau vivant où dialoguent botanique, patrimoine et sens du paysage.

Vue printanière du Jardin des Plantes à Paris

À voir en ce moment

À la fin du mois de mars, le plus ancien jardin de Paris entre dans l’un de ses moments les plus photogéniques. Le célèbre cerisier japonais Shirotae, classé arbre remarquable, est en fleurs. Avec son port en ombrelle, ses branches très étalées et ses grappes de fleurs doubles blanches, légèrement parfumées, il attire chaque année promeneurs, botanistes amateurs et photographes. Sa floraison, aussi somptueuse que brève, donne au Jardin des Plantes un visage presque suspendu.

Cerisier japonais Shirotae en fleurs au Jardin des Plantes

Cette variété de cerisier ornemental, issue de la tradition horticole japonaise, doit son nom à la blancheur de sa floraison. Introduit en France au XXe siècle, le Shirotae du Jardin des Plantes a été planté dans les carrés de la grande perspective au cours des années 1950. Il est aujourd’hui l’un des arbres les plus admirés du site.

Juste en face, le cerisier rose commence lui aussi à se révéler. Le dialogue entre le blanc du Shirotae et les premières nuances rosées de son voisin compose, dans la même allée, une scène d’une rare délicatesse.

Floraison printanière des cerisiers au Jardin des Plantes

Partout ailleurs, les massifs prolongent cette impression de peinture vivante. Anémones, tulipes, lilas, lys et touches de coquelicots composent des aplats de couleur qui évoquent moins la démonstration botanique que le plaisir du regard. Le jardin ralentit les pas. On y vient pour marcher, mais on finit par s’y arrêter.

Une année anniversaire rythmée par plusieurs temps forts

Le printemps 2026 ne constitue qu’un premier chapitre. Le Muséum a prévu tout au long de l’année une programmation destinée à relier l’histoire du lieu à la curiosité contemporaine du public.

Les 23 et 24 mai 2026, la Fête de la Nature proposera au Jardin des Plantes des visites, ateliers et rencontres. En parallèle, la saison mettra en avant plusieurs dispositifs de sciences participatives, notamment autour du monde vivant et des insectes.

À l’été 2026, une scénographie consacrée à la gastronomie des simples mettra à l’honneur les plantes utilisées en cuisine, dans les usages médicinaux et dans les traditions savantes ou populaires, avec un point culminant attendu en septembre.

En juillet et en août, les Rendez-Vous Nature prolongeront l’anniversaire avec des animations en plein air. Puis les Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2026, inviteront à redécouvrir l’histoire du jardin, sa statuaire, ses bâtiments et les coulisses scientifiques du Muséum.

À l’automne, la programmation se poursuivra avec l’exposition Artistes au Muséum, annoncée à partir du 23 septembre 2026 dans la Grande Galerie de l’Évolution.

Du 2 au 12 octobre 2026, la Fête de la science viendra rappeler combien ces quatre siècles d’existence ont épousé l’histoire des sciences naturelles en France.

En fin d’année, La Tribune du Muséum fera écho au 9e Manifeste du Muséum et reviendra sur les débats, les tensions et les métamorphoses qui ont traversé l’histoire des sciences comme leur place dans la société.


Quatre siècles d’histoire scientifique et publique

L’histoire du Jardin des Plantes commence en 1626, lorsque l’édit royal fonde le Jardin royal des plantes médicinales. Le jardin ouvre ensuite au public en 1640, avant de devenir un lieu majeur d’enseignement, d’observation et de recherche. En 1718, il prend le nom de Jardin royal des plantes. Puis, en 1793, dans le contexte de la Révolution, l’institution change d’échelle et devient le Muséum national d’histoire naturelle.

Vue historique du Jardin des Plantes

Pendant quatre siècles, le site a façonné son identité autour d’une même ambition, comprendre le vivant, enrichir les collections, transmettre les savoirs et nourrir la recherche. Décennie après décennie, le Muséum a déployé ses grandes missions, l’enseignement, l’expertise, l’étude du monde naturel et la diffusion des connaissances auprès de tous les publics.

Ce patrimoine à la fois intellectuel, scientifique et paysager constitue aujourd’hui un repère essentiel pour penser la biodiversité, l’évolution des espèces, les équilibres écologiques et, plus largement, la relation que nos sociétés entretiennent avec le vivant.

Perspective du Jardin des Plantes pour les 400 ans du Muséum

Cette parenthèse florale s’adresse à tous ceux qui aiment les échappées botaniques inattendues, les amateurs de photographie, les familles, les voyageurs de passage et les promeneurs attentifs. Au Jardin des Plantes, la floraison n’est pas seulement un spectacle. Elle devient une manière d’entrer dans l’histoire longue d’un lieu où la science et la beauté avancent côte à côte.

Visiteurs devant les floraisons du Jardin des Plantes

Infos pratiques

Jardin des Plantes
57 rue Cuvier, Paris 5e

Accès libre et gratuit

Ouverture tous les jours
Les horaires varient selon la saison. Il est conseillé de consulter les horaires actualisés sur le site du Muséum avant la visite.

Jardin des Plantes à Paris au printemps
Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale à Paris et dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.