Paris. Le Petit Palais expose des Visages d’artistes à partir du 18 mars

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Visages d'artistes

L’exposition Visages d’artistes. Gustave Courbet à Annette Messager est au Petit Palais (Paris 8e) à découvrir du 18 mars au 19 juillet 2026. Elle interrogera la fonction du portrait d’artiste, un exercice d’admiration et d’amitié, et un reflet d’une filiation artistique ou à contrario de critiques ironiques.


Le Petit Palais met à l’honneur un des thèmes phares du musée, les autoportraits. A la tête de l’organisation pour l’exposition Visages d’artistes. Gustave Courbet à Annette Messager : Annick Lemoine directrice, Stéphanie Cantarutti chargée des peintures modernes (1800-1890), Anne-Charlotte Cathelineau chargée de la collection de sculptures, et Sixtine de Saint-Léger, responsable des arts décoratifs avant 1800 et de l’art contemporain. L’exposition présente une centaine d’œuvres du XIXe siècle pour lesquelles les artistes ont choisi de se représenter ou de montrer les autres : des peintures, des sculptures, des arts graphiques, des photographies et des arts décoratifs. Certaines sont connues, d’autres méconnues et sortiront des réserves du musée !

Visages d'artistes
Jean-Jacques Henner : portrait de jeune femme

Les façons de réaliser un portrait et d’immortaliser un visage, une identité sont multiples : qu’il soit petit, grand, en noir et blanc ou en couleur. Les artistes se mettent généralement en scène avec beaucoup de détails, avec leurs familles, leurs amis, avec les gens de leur entourage. Par ces jeux de portraits, il est commode de retracer les liens sociaux qui unissent ces cercles artistiques… Le Petit Palais pose un regard neuf sur certains de ses chefs-d’œuvre les plus connus et invite le public à découvrir des œuvres rarement présentées. L’exposition interroge la fonction du portrait d’artiste ! Des portraits d’ateliers sont mis en scène dans de fascinants intérieurs arrangés avec talent ; ils présentent le creuset de la création et incarnent le lieu de nouvelles sociabilités. 

Le Petit Palais présentera également une dizaine d’artistes féminines qui travaillent aujourd’hui à Paris, et qui interrogent le genre du portrait, entre tradition et modernité. De générations différentes, ces femmes ont contribué à modifier l’imaginaire lié au portrait d’artiste en s’appuyant sur l’altérité de leurs expériences. Leurs portraits modernes laissent place à une nouvelle affirmation de l’artiste : je suis mon œuvre. Le portrait d’artiste éclaire les enjeux contemporains autour de l’identité de genre et des combats féministes, dans la peinture, la sculpture et la photographie…

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Biographies :

Gustave Courbet (1819-1877) est né le 10 juin 1819 à Ornans dans le Doubs, au sein d’une famille de riches propriétaires agricoles. Pourtant destiné à devenir avocat, il suit l’enseignement artistique du professeur de dessin Claude-Antoine Beau (1792-1861) à Besançon, puis continue sa formation artistique auprès du peintre Charles-Antoine Flajoulot (1774-1840). Dès 1839, Gustave Courbet se rend à Paris approfondir sa formation ; il a 20 ans et se rend régulièrement au musée du Louvre et au musée du Luxembourg pour admirer les œuvres de maîtres anciens italiens, flamands et espagnols, et réalise des copies. Il se lie avec les intellectuels à la mode, comme le poète Charles Baudelaire (1821-1867). En dehors de Paris, Gustave Courbet fréquente les paysagistes de l’Ecole de Barbizon tels que Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), puis les nouvelles générations de peintres inscrits dans la modernité, et les jeunes impressionnistes, tel Claude Monet (1840-1926). Il est admis pour la première fois en 1844 au Salon, exposition annuelle officielle organisée par l’Académie des Beaux-Arts, avec l’Autoportrait au chien noir (à admirer au Petit Palais dans l’exposition Visages d’artistes…) 

Gustave Courbet aime les grands formats, habituellement réservés aux sujets religieux, mythologiques et historiques ; il représente le quotidien du peuple avec une vision novatrice qui bouleverse profondément les codes artistiques. Il apparaît rapidement comme le chef de file d’une nouvelle voie : le réalisme ! Il  souhaite traduire les mœurs, les idées, l’aspect de son époque, en faisant ressortir sa propre individualité. Dès le début des années 1850, Gustave Courbet obtient une reconnaissance mondiale…

En 1871, son implication dans la Commune ainsi que l’accusation, pourtant infondée, d’une participation à la destruction de la colonne Vendôme à Paris le conduisent en prison. Malgré les conditions d’emprisonnement, il continue à peindre, notamment des natures mortes comme les Fleurs, en 1871. Deux ans plus tard, il choisit l’exil en Suisse, où il passe les dernières années de sa vie. Malade et fatigué, il peint de bouleversants paysages pour rembourser ses dettes, alors que ses biens sont saisis en France. Il y développe aussi son activité de sculpteur par des œuvres emblématiques comme la Dame à la Mouette, en 1876. Gustave Courbet s’éteint le 31 décembre 1877 à La-Tour-de-Peilz en Suisse, à l’âge de 58 ans . 

Annette Messager est née le 30 novembre 1943 à Berck-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Elle fait ses études aux Arts décoratifs de Paris, mais les abandonne au moment des événements de Mai 1968. Elle confectionne alors divers objets et les vend pour subvenir à ses besoins. En parallèle, Annette Messager commence une collection d’albums photographiques et réunit des articles et des clichés qu’elle découpe dans différents journaux. Elle débute réellement dans le monde artistique en 1971, lorsqu’elle réalise un ensemble de moineaux empaillés et habillés, commandé par La galerie Germain.

Annette Messager décide alors de se consacrer totalement à la création artistique. Elle débute en exposant en 1973 à la galerie de Munich avec la série titrée : Annette Messager collectionneuse ; il s’agit d’un ensemble de plusieurs albums, à la fois composé d’annonces matrimoniales, de coupures de presse, d’images de magazines, de proverbes, de dictons… La plasticienne est Influencée par le courant surréaliste et le mouvement féministe des années 1970 ; les créations d’Annette Messager sont faites de récupérations de toutes sortes : des chutes de tissus, des crayons de couleur, des peluches, des morceaux de plastique ; la plasticienne coud, découpe, colle, tricote, pique et dessine… Ses œuvres appartiennent à l’art populaire, à l’imagerie infantile, et au monde des fantasmes et du fantastique.

Les œuvres les plus emblématiques d’Annette Messager sont : Portraits des amants, en 1977 ; Chimères, en 1982 ; Mes ouvrages, en 1988 ;  Histoire des Petites Effigies, en 1990 ; et Pénétration, en 1994 ; elles étonnent et suscitent bien des controverses, mais permettent à l’artiste de confirmer sa renommée internationale… Elle est récompensée en 2005 pour son imagination débordante par un Lion d’Or à la 51e Biennale de Venise pour son œuvre Casino, inspirée par le personnage de Pinocchio…

Les opposés telles que la gravité et l’innocence ; la banalité et l’extraordinaire ; ainsi que la violence et le réconfort, donnent à Annette Messager une maîtrise technique et une fécondité artistique exceptionnelle…

L’exposition Visages d’artistes. Gustave Courbet à Annette Messager sera aussi l’occasion de lire l’histoire des collections du musée, qui ont été constituées avec le soutien des artistes et celui de leurs familles.

Infos pratiques :

Exposition Visages d’artistes. De Gustave Courbet à Annette Messager, du 18 mars 2026 au 19 juillet 2026

Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris – 5 Avenue Dutuit – 8e arrondissement de Paris
Horaires : tous les jours de 10h à 18h – Fermeture lundi

Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale à Paris et dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.