Avec le retour des grands salons et festivals, le mois d’avril s’annonce riche en rencontres, en découvertes et en émotions de lecture. Dès le 3 avril, Lyon donne le ton avec la vingt-deuxième édition de Quais du Polar, rendez-vous incontournable pour les amateurs de frissons. Puis, du 17 au 19 avril, le Festival du Livre de Paris mettra la bande dessinée à l’honneur. Autant d’événements qui offrent une scène idéale pour découvrir les nouveautés littéraires du mois.
Écrivain, scénariste et réalisateur français, David Foenkinos est un auteur aux multiples facettes, toujours très attendu par les lecteurs. Il revient ce mois-ci avec un texte touchant et plein d’espoir, Je suis drôle (Gallimard, 2 avril 2026). Après de premières années douloureuses, Gustave Bonsoir est adopté par un couple de la banlieue parisienne. Vers l’âge de sept ans, il est frappé par une révélation : la meilleure façon d’être aimé, c’est d’être drôle. Ainsi commence son obsession du risible. Sans le moindre doute, ce sera sa vocation. Réussira-t-il à atteindre son rêve ?
Chanteuse reconnue, Olivia Ruiz s’est imposée au fil des années comme une écrivaine très appréciée. Elle publie son troisième roman, Vamos (JC Lattès, 29 avril 2026), un road trip sensible entre une mère et son fils. Lola s’accorde une année pour parcourir le monde et offrir à son enfant tout ce que l’école ne pourra jamais lui apprendre : l’amour de la vie et des autres. Et, peut-être, en chemin, parviendra-t-elle aussi à se retrouver. Ce roman vibrant, empreint de poésie et d’émotion, est une ode touchante à la filiation. Olivia Ruiz en fera une lecture musicale pour l’ouverture du Printemps du Livre de Montaigu, le 8 mai.
Dans chacun de ses livres, Philippe Forest dit reprendre le thème de son premier roman, L’Enfant éternel (1997). Avec Gais, innocents et sans cœur (Gallimard, 9 avril 2026), il reprend clairement l’histoire de Peter Pan et de Wendy, tout en y intégrant quelque chose de son propre récit de vie. Une magnifique réflexion sur l’enfance.

Adeline Dieudonné, écrivaine belge, enchaîne elle aussi les succès depuis La vraie vie, son premier roman plusieurs fois primé en 2018. Et pourtant, elle prend chaque fois de nouveaux risques. Avec Dans la jungle (L’Iconoclaste, 2 avril 2026, lire un extrait), elle signe un roman noir qui dissèque au scalpel l’anatomie d’un couple. Aurélie et Arnaud vivent dans une charmante villa du Brabant wallon avec leurs deux enfants. Ils ont tout pour être heureux. Et pourtant, un soir d’été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider. Adeline Dieudonné rembobine le film de l’histoire de ce couple, du premier regard à l’installation d’un quotidien bourgeois. Haletant et implacable.
On s’éloigne un peu de nos frontières avec Bergthóra Snæbjörnsdóttir, écrivaine islandaise. Élevée par des adeptes du fitness, stars des tabloïds, dans le culte de la jeunesse éternelle, Veronika, imaginative et drôle, se rebelle. Quelques décennies plus tard, héritière d’une grande fortune, elle s’affranchit de toute sécurité, de toute notoriété et de toute richesse, puis s’installe à Tenerife. Mais la poudre la retrouve en la personne de Prince, un vendeur de pilules miracle dont elle tombe amoureuse. La congrégation des magnifiques (Grasset, 1er avril 2026, traduit par Hadrien Chalard, feuilleter) est un roman formidablement maîtrisé sur la violence familiale et les dangers de l’obsession de l’apparence.
Les éditions Zulma proposent une nouvelle traduction d’un chef-d’œuvre de la littérature catalane. Rue des Camélias (Zulma, 2 avril 2026, traduit par Edmond Raillard, lire un extrait) a reçu le prix Sant Jordi du roman en 1966. Mercè Rodoreda y raconte le destin de Cecilia, abandonnée bébé devant le jardin de Monsieur Jaume et de Madame Magdalena. Élevée dans une maison modeste, elle rêve d’or et de paillettes. Elle se laisse facilement cueillir par l’amour, souvent pour son plus grand malheur. Comment se retrouver dans une société où les barrières de genre et de classe paraissent infranchissables ?

Bien évidemment, avec le festival international Quais du Polar, le roman noir est à l’honneur.
En avril, vous retrouverez des maîtres du genre : Lars Kepler, Ian Manook, Franck Thilliez ou R. J. Ellory.
Ce sera aussi le retour du commissaire Adamsberg dans Une unique lueur (Flammarion, 8 avril 2026), le nouveau roman de Fred Vargas.
Journaliste spécialisée dans les relations conjugales et familiales, Patricia Delahaie publie son troisième roman noir. Jeune journaliste, Rose Pulzaire enquête sur Missy Becker, une retraitée parisienne qui a assassiné sa vieille mère à l’aide d’un petit couteau de cuisine. Au fil des entretiens, Rose tente de comprendre les relations entre la mère et la fille. La place du chat (Belfond, 30 avril 2026) allie suspense psychologique intense, enquête journalistique et drame social. Un roman noir d’une grande actualité, qui interroge l’article 205 du Code civil et l’obligation de subvenir aux besoins de ses parents.
Best-seller bientôt adapté à l’écran, Le Camino (Hauteville, 1er avril 2026, traduit par Marie Hendrikse-Travagli) est un thriller haletant entre quête personnelle et mémoire collective. Lotte Bonnet s’épanouit dans son métier et vit heureuse aux Pays-Bas avec son époux, Emil, un ancien réfugié bosniaque. Guéri d’un cancer, Emil part sur le chemin de Compostelle. Et c’est là qu’il se suicide. Dévastée, Lotte part en Bosnie pour y disperser ses cendres. Elle y découvre alors la vérité sur l’homme qu’elle aimait. Anya Niewierra signe un roman palpitant, ancré dans l’Histoire, plein de rebondissements et de personnages puissants.


Comme d’habitude, voici le trio de romans en version poche pour ce mois d’avril.
Les Vivants d’Ambre Chalumeau (Le Livre de Poche, 8 avril 2026) est un premier roman touchant sur le passage à l’âge adulte. Un beau récit d’apprentissage, sincère et désarmant.
Avec Wonderfuck (Le Livre de Poche, 22 avril 2026, traduit par Colin Reingewirtz), Katharina Volckmer nous plonge dans un call center londonien. Jimmie assiste les touristes du monde entier dans leur voyage, mais de manière parfois très directe. Un roman à la fois trash et tendre sur la solitude des grandes villes.
Olivier Bal nous emmène sur Malaven (Pocket, 23 avril 2026), une île isolée au cœur de la mer d’Iroise. Quatre personnes accostent sur l’île à l’invitation d’un écrivain. Pris au piège, ils se trouvent confrontés à un drame survenu vingt ans plus tôt. En pleine tempête, l’île sombre dans la folie.
Fiches éditeurs
- Je suis drôle — Gallimard : fiche du livre
- Vamos — JC Lattès : fiche du livre
- Gais, innocents et sans cœur — Gallimard : fiche du livre
- Dans la jungle — L’Iconoclaste : fiche du livre
- La congrégation des magnifiques — Grasset : fiche du livre
- Rue des Camélias — Zulma : fiche du livre
- Une unique lueur — Flammarion : fiche du livre
- La place du chat — Belfond
- Le Camino — Hauteville : fiche du livre
- Les Vivants — Le Livre de Poche : fiche du livre
- Wonderfuck — Le Livre de Poche : fiche du livre
- Malaven — Pocket : fiche du livre
