Le Musée Jacquemart-André dans le 8e arrondissement met à l’honneur l’art baroque hispanique, jusqu’au dimanche 2 août 2026, Une quarantaine de chefs-d’œuvre de grands peintres espagnols tels Diego Velazquez (1599-1660), El Greco (1541-1614) et Francisco de Zurbaran (1798-1664) sont présentés pour la première fois en France. La rencontre propose un aperçu exceptionnel de l’un des moments les plus féconds de l’histoire de l’art européen.
L’exposition, qui offre un voyage fascinant dans le Siècle d’or espagnol, entre influences européennes, traditions amérindiennes et spiritualité, est organisée par le musée Jacquemart-André, en collaboration avec la Hispanic Society of America de New York. Cette dernière possède aujourd’hui une collection exceptionnelle comprenant des milliers d’œuvres : des peintures, des sculptures, des manuscrits, des objets d’art et des pièces archéologiques, et qui couvre plusieurs siècles d’histoire….


L’exposition propose, à travers 45 œuvres, un dialogue entre les différents maîtres de la peinture espagnole, afin d’illustrer toute la richesse du baroque hispaniques, dont des peintres installés en Amérique du Sud. Nourri de raretés, l’ensemble éclaire toutes les facettes de cet art, entre compositions religieuses théâtrales, influences cosmopolites et portraits pénétrants…
Diego Velazquez, génie du Siècle d’or espagnol
Diego Velazquez est né en 1599 à Séville en Andalousie, au sein d’une famille de petite noblesse portugaise. Il commence à apprendre la peinture à l’âge de 11 ans, auprès de Francisco Pacheco, dont il épouse la fille en 1818. Il a 24 ans quand il s’établit à Madrid au service du roi ; il obtient en 1628, la plus haute reconnaissance : peintre de chambre de Philippe IV. Diego Velazquez a la charge de décorer les appartements royaux et de portraiturer la cour. En 1644, il est nommé surintendant des travaux royaux.

Adepte des clair-obscurs au début de sa carrière, Diego Velazquez adhère au baroque : sa touche devient plus rapide et légère, et plus naturelle au fil des années. Il représente l’espace qui entoure les personnages, ce qui fera de lui un artiste adoré des impressionnistes au XIXe siècle…
Diego Velazquez développe un réalisme saisissant dans ses portraits et capte les émotions de ses modèles. Il est aussi un remarquable peintre animalier, comme en témoignent ses tableaux équestres et les représentations des chiens du roi d’Espagne.

El Greco, maniérisme renaissant et art byzantin
El Greco, de sa vraie identité Domenikos Theotokopoulos, est célèbre pour ses figures allongées à la mode byzantine. Sa vie, comme son œuvre, sont entourées d’un grand mystère ; On n’a pas connaissance de sa famille, si ce n’est qu’il est né en Crète, et qu’il débute comme peintre d’icônes aux nombreuses influences : surtout italiennes, mais aussi byzantines et arabes.
El Greco cultive le goût pour l’expressivité des formes et pour une palette vive, presque surnaturelle. Le peintre est habité par des sentiments religieux puissants. Il visite plusieurs villes italiennes, ce qui lui permet de travailler pour de puissantes familles de commanditaires. El Greco s’installe ensuite à Madrid auprès de la cour et reçoit des commandes prestigieuses, notamment pour la cathédrale de Tolède. Il s’installe ensuite à Tolède pour les besoins de ses commandes, et s’éloigne de la cour. Il s’illustre alors dans la commande de portraits.
El Greco ne fut redécouvert qu’au cours du XIXe siècle, après une longue période d’oubli. De nombreux artistes du XXe siècle ont considéré El Greco comme l’un des artistes majeurs de la Renaissance en Europe, et l’un des précurseurs de l’art moderne.


Francisco de Zurbaran, spiritualité et ténébrisme
Francisco de Zurbaran vient au monde à Fuente de Cantos dans la province de Badajoz ; son père est un commerçant modeste. A l’âge de quatorze ans, il entre en apprentissage chez un peintre à Séville : Pedro Diaz de Villanueva. Dès les années 1620, il commence à être connu et reçoit des commandes des églises locales. En 1626, il s’engage à exécuter 21 tableaux pour la communauté des Frères prêcheurs de l’ordre dominicain de Séville.


Francisco de Zurbarán est un peintre religieux, avec une prédilection pour les images de la vie monastique : il est aussi un brillant portraitiste, un amateur de natures mortes, qui a le mieux révélé sa modernité empreinte de spiritualité. Francisco de Zurbarán fait figure de grand maître au sein du Siècle d’or espagnol, d’un naturalisme robuste…
Si son œuvre est parfois marquée par le ténébrisme, ce courant n’en est qu’un aspect secondaire. On a qualifié de ténébrisme une variante baroque variante du baroque proche du clair-obscur, mais accentuant les ombres et donnant ainsi un aspect très ténébreux au tableau.


L’origine du musée Jacquemart-André
Après une vie hors du commun qu’elle a dédiée à sa passion pour l’Art, Nélie Jacquemart a laissé derrière elle un héritage culturel inestimable. Elle connaît très tôt une carrière reconnue comme artiste et expose régulièrement au Salon à Paris. En 1881, elle épouse Édouard André, grand amateur d’art. Ensemble, ils voyagent beaucoup, en Italie et à travers l’Europe et jusqu’en Orient et réunissent une importante collection d’œuvres d’art, avec une passion particulière pour la Renaissance italienne et le XVIIIe siècle français. Leur hôtel particulier du boulevard Haussmann devient peu à peu un véritable musée privé.
Après la mort de son mari en 1894, Nélie Jacquemart poursuit seule cette aventure et continue d’enrichir les collections et à décorer leur demeure. Quelques mois avant sa disparition, elle lègue leur hôtel particulier du boulevard Haussmann et l’ensemble des collections à l’Institut de France. Ce legs donnera naissance au Musée Jacquemart-André, ouvert au publicen 1913. Aujourd’hui encore, le musée porte l’empreinte de son regard, de sa sensibilité et de sa passion pour l’art.

Infos pratiques
Exposition Les splendeurs du baroque espagnol au musée Jacquemart-André, jusqu’au 2 août 2026
158, boulevard Haussmann – 8ᵉ arrondissement de Paris
Ouvert tous les jours
Horaires : du lundi au jeudi : de 10h à 18h – vendredi nocturne : de 10h à 22h – samedi et dimanche : de 10h à 19h
Tarif : 19 euros – Contact : 01 45 62 11 59
