Six organisations syndicales et la FCPE 35 appellent à une journée de grève dans les écoles d’Ille-et-Vilaine, mardi 27 janvier 2026. Au cœur de l’alerte : la pénurie d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), des délais jugés intenables, et une dégradation plus large des conditions d’enseignement et de travail. Un rassemblement est annoncé à Rennes, devant le Rectorat, avant une assemblée générale à l’Hôtel Pasteur.
Un appel commun : « l’école au bord de la rupture »
L’appel émane d’une intersyndicale du premier degré réunissant FSU-SNUipp 35, SE-UNSA 35, CGT Éduc’action 35, SUD Éducation 35, Sgen-CFDT 35 et SNUDI-FO 35, avec le soutien de la FCPE 35 (fédération de parents d’élèves). Tous convergent vers un même constat : l’école, sommée d’assurer l’inclusion et de répondre à des besoins éducatifs croissants, ne dispose plus des moyens humains nécessaires pour tenir au quotidien.
Au plan local, les organisations disent faire face à une accumulation de situations non résolues : enfants en attente d’accompagnement, familles sans solution, équipes pédagogiques épuisées, tensions dans les classes… La grève est présentée comme un signal d’alarme adressé à l’Éducation nationale et, plus largement, à l’État.
Le point central : le manque d’AESH pour les élèves en situation de handicap
Le nœud du mouvement concerne la scolarisation des élèves en situation de handicap. Les syndicats et la FCPE dénoncent un écart devenu structurel entre les notifications (décisions d’accompagnement) et la réalité dans les écoles : des élèves sont scolarisés sans l’AESH prévu, parfois pendant de longs mois, et les équipes doivent improviser des solutions au jour le jour.
Dans les communiqués, la situation est décrite comme douloureuse pour tout le monde : pour l’enfant (fatigue, décrochage, tensions), pour la famille (inquiétude, sentiment d’abandon), et pour les personnels (impuissance, conflits d’arbitrage permanents). La pénurie d’accompagnement, ajoutent les organisations, rend l’inclusion fragile et parfois injuste : faute de moyens, l’école promet un droit qu’elle n’est pas en mesure de garantir.
Au-delà des AESH : classes chargées, difficultés accrues, alerte santé au travail
L’intersyndicale insiste sur un faisceau de facteurs qui s’alimentent : effectifs élevés, augmentation d’élèves présentant des besoins éducatifs particuliers, difficultés d’accès à certains dispositifs spécialisés, et, en toile de fond, une dégradation de la santé au travail dans les écoles. Plusieurs organisations s’appuient sur les remontées “santé et sécurité au travail” (RSST) pour objectiver la hausse des signalements et la tension dans les équipes.
Le tableau dressé est celui d’une école où les personnels passent une part croissante de leur énergie à “tenir” des situations complexes, avec la crainte que l’épuisement professionnel ne devienne la norme. « On ne peut pas enseigner correctement quand on manque d’accompagnement, de soutien spécialisé et de moyens », résume en substance l’appel intersyndical.
Ce que demandent syndicats et parents
Les revendications s’organisent autour de quatre axes :
- Renforcer immédiatement les moyens AESH afin de répondre aux besoins notifiés (accompagnements réellement assurés, pas seulement “théoriques”).
- Développer les ressources spécialisées (dont les RASED) et améliorer l’accès aux dispositifs adaptés lorsque l’école ordinaire ne peut pas, seule, répondre à certaines situations.
- Obtenir des moyens d’enseignement à la hauteur : la question de la dotation du département et des postes dans les écoles est explicitement posée.
- Engager un plan d’urgence pour la santé mentale des élèves et des personnels, face à la montée des difficultés et au stress accumulé.
Une mobilisation à Rennes : rassemblement et assemblée générale
Les organisations annoncent un rassemblement mardi 27 janvier 2026 à 10 h 30 devant le Rectorat à Rennes, suivi d’une assemblée générale à 12 h 30 à l’Hôtel Pasteur. Elles évoquent par ailleurs la possibilité de poursuivre la mobilisation : une déclaration d’intention de grève est évoquée pour la période du 27 janvier au 13 février pour les personnels souhaitant se tenir prêts à d’autres journées d’action.
Ce qui change pour les parents mardi (Rennes)
Les perturbations varient selon les communes. À Rennes, la Ville a publié un point de situation pour le mardi 27 janvier 2026 (écoles, restauration, périscolaire, service minimum d’accueil).
- Fermetures annoncées : 1 élémentaire (Simone-Veil) et 3 maternelles (Élise et Célestin-Freinet, Louise-Michel, Pascal-Lafaye).
- Restauration scolaire : repas maintenu dans 31 écoles ; restauration fermée dans 40 écoles ; pique-nique demandé dans 17 écoles.
- Périscolaire : accueil du matin fermé dans 41 écoles ; accueil du soir fermé dans 20 écoles ; étude fermée dans 23 écoles.
- Service minimum d’accueil (SMA) : annoncé dans 8 écoles (détails et liste dans la communication municipale).
Conseil pratique : vérifiez le message de votre école (direction / ENT / affichage) et la communication de votre mairie pour connaître la situation exacte de votre établissement.
Repères chiffrés
- Date : mardi 27 janvier 2026.
- Organisations : 6 syndicats (FSU-SNUipp, SE-UNSA, CGT Éduc’action, SUD Éducation, Sgen-CFDT, SNUDI-FO) + FCPE 35.
- Mobilisation à Rennes : rassemblement à 10 h 30 devant le Rectorat ; assemblée générale à 12 h 30 à l’Hôtel Pasteur.
- Élèves en attente d’AESH : environ 1 500 selon une estimation relayée par des organisations signataires (ordre de grandeur avancé dans leurs communications).
- Perspective de suite : intention de pouvoir reconduire sur la période du 27 janvier au 13 février (déclarations d’intention de grève évoquées).
