Le clocher de la chapelle de la Madeleine à Malestroit, dans le Morbihan, s’est écroulé vendredi 23 janvier 2026.
L’accès aux vestiges de la chapelle étant interdit depuis six mois avec l’installation d’un périmètre sécurisé, la chute du clocher n’a fait aucune victime et aucun dégât…


Au cours de l’été 2025, la municipalité avait constaté que le linteau en bois était en train de pourrir, certainement en raison des traitements qui lui ont été appliqués il y a quatre décennies en arrière. La déconstruction du clocher était donc prévue avant sa chute, l’entreprise chargée des travaux devait intervenir courant janvier 2026. Mais l’intervention a été retardée par les intempéries de ce début d’année : la neige, la tempête puis les inondations ces derniers jours. La chute du clocher entraîne un retard dans le chantier, qui devrait reprendre au mois de février. Le maire de Malestroit, Bruno Gicquello, a indiqué que les travaux de déconstruction du clocher vont désormais être accélérés.
Une reconstruction fidèle de la chapelle de la Madeleine de Malestroit est prévue dans les années à venir. Elle sera facilitée grâce à la photogrammétrie par drone, qui avait été réalisée en décembre dernier ; l’édifice historique a été entièrement documenté en 3D afin qu’il soit reconstruit à l’identique. Cette préparation préventive constitue aujourd’hui un atout majeur : la mémoire numérique du clocher est intacte, ce qui permettra plus tard de le remonter pierre par pierre avec une parfaite exactitude.

Histoire de la chapelle de la Madeleine
Sur le site de la chapelle de la Madeleine se trouvait autrefois une léproserie. En 1129, le lieu devient le prieuré de l’abbaye de Marmoutiers, qui sera agrandie au XVe siècle. C’est en ce lieu pendant la Guerre de Cent ans que le 19 janvier 1343, les diplomates du roi de France Philippe VI de Valois (1293-1350) et ceux du roi Edouard III d’Angleterre (1312-1377) signent la célèbre Trêve de Malestroit, afin de mettre fin à la Guerre de Succession de Bretagne ; Après la signature de cette trêve, le souverain anglais et ses troupes quittent la Bretagne pour l’Angleterre…

Au XVIe siècle, le prieuré de La Madeleine de Rochefort lui est associé. Ce dernier prieuré porte alors le nom de : La Madeleine de La Montjoie.
La chapelle de la Madeleine se dégrade progressivement à partir de la fin du XVIIe siècle et, un siècle plus tard, elle souffre en plus de violents combats au cours de la Révolution française, notamment lors d’un affrontement entre des soldats républicains et un groupe de Chouans le 4 janvier 1795.

La chapelle est désaffectée en 1870, puis détruite par un incendie en 1880. Les vitraux des XVe et XVIIe siècles, qui racontent la vie de sainte Marie-Madeleine, sont mis à l’abri dans le grenier du presbytère, car la chapelle tombe en ruine. En 1889, l’écrivain Emile Zola achète les vitraux aux couleurs rouge, jaune et bleu, pour orner les fenêtres de son cabinet de travail. À la mort de l’écrivain, les vitraux sont achetés aux Etats Unis, d’abord par un musée, puis par une école privée de New York, et la France perd leur trace. C’est sans compter avec Lionel Burgun, guide-conférencier à la maison Zola qui les retrouve en 2023 dans ladite école…
Les ruines de la chapelle font l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques le 20 décembre 1934.

