Fermé depuis octobre 2023 pour raisons de sécurité, le pont Papu (rue Papu) va être déconstruit puis remplacé par une passerelle dédiée aux piétons et aux cyclistes. Coût annoncé : 1,6 million d’euros. La Ville de Rennes et Rennes Métropole promettent un ouvrage plus accessible (PMR) et un rétablissement de la liaison de quartier à l’été 2028, avec un objectif de fréquentation d’environ 2 500 piétons et 435 vélos par jour à terme.
Pourquoi le pont Papu est remplacé
Le pont Papu, reconstruit en 1949 sur les appuis d’un ancien pont à voutains bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale, présente des défauts structurels qui ne permettent pas d’envisager une remise en service. Une expertise technique réalisée en 2023 a confirmé l’ampleur de la dégradation. Rennes Métropole a donc interdit toute circulation des vélos et des piétons sur et sous le pont afin de garantir la sécurité. La circulation motorisée y était déjà interdite depuis 2018.
Ce que prévoit le projet
Selon le communiqué de la Ville et de Rennes Métropole, l’opération se décompose en deux temps : déconstruction de l’ouvrage existant, puis pose d’une nouvelle passerelle et aménagement des abords.
- Une passerelle de 38,2 m de long et 5,5 m de large, avec double sens vélos et double sens piétons, installée sur les appuis existants.
- Aménagement paysager des abords, avec végétalisation et plantation d’arbres dans l’axe de la rue Papu.
- Mobilier urbain pour favoriser l’appropriation de l’espace public.
- Rénovation de l’éclairage public entre la rue Frédéric-Sacher et la rue de Lorgeril.
- Désimperméabilisation des sols.

Concertation : riverains associés depuis fin 2023
La Ville indique que les riverains sont associés au dossier depuis fin 2023. Une réunion publique en février 2025 a présenté plusieurs scénarios « avec ou sans nouvelle passerelle », et des solutions transitoires pour la période 2025-2027 (végétalisation des abords tout en préservant la possibilité d’un franchissement ultérieur). Une étude à moyen terme a ensuite évalué faisabilité, budget et calendrier. Le projet de passerelle a été validé puis présenté aux habitants en juin 2025.
Un chantier sous fortes contraintes réglementaires et environnementales
Les études, engagées depuis 2024 et annoncées jusqu’au printemps 2026, doivent intégrer plusieurs contraintes : périmètre protégé au titre des monuments historiques (avis de l’Architecte des Bâtiments de France), zone de présomption de prescriptions archéologiques (DRAC et INRAP), diagnostic pyrotechnique lié aux bombardements de 1944, et éventuelles opérations de déminage/dépollution.
La proximité de l’Ille implique également une déclaration au titre de la Loi sur l’Eau et un diagnostic faune/flore sur quatre saisons. Le projet doit respecter un espace boisé classé, protéger les arbres et prévoir des mesures compensatoires (exemple cité : nichoirs à chiroptères). Enfin, la présence d’une voie échelle pour l’accès des pompiers et de nombreux réseaux aux abords impose des aménagements spécifiques et des dévoiements préalables.
Calendrier annoncé
- Fin 2024 – printemps 2026 : études, diagnostics, dévoiement des réseaux
- Septembre – automne 2026 : déconstruction du pont et sécurisation provisoire des abords
- Printemps 2026 – été 2027 : études de conception de la passerelle, notification des marchés
- Hiver 2027 / printemps 2028 : préfabrication en usine
- Printemps / été 2028 : travaux sur site (reprise des appuis, pose, aménagements paysagers)
- Été 2028 : mise en service (ouverture au public possible)
- Fin 2028 : plantations et fin de chantier
Repères
- Ouvrage actuel : pont reconstruit en 1949 (sur appuis d’un pont plus ancien), circulation motorisée interdite depuis 2018
- Fermeture totale : octobre 2023 (piétons et vélos interdits sur et sous le pont)
- Nouvel ouvrage : passerelle 38,2 m × 5,5 m, double sens piétons et vélos
- Budget annoncé : 1,6 M€
- Objectif de fréquentation à terme : env. 2 500 piétons et 435 vélos par jour
- Ouverture visée : été 2028
Ce que dit l’opposition : « un dossier emblématique d’un défaut d’anticipation »
Dans une intervention attribuée à Charles Compagnon, conseiller municipal et président du groupe Libres d’Agir pour Rennes (intervention au conseil municipal le 26 janvier 2026), l’opposition dit soutenir la création de la passerelle « a minima », tout en accusant la majorité d’avoir laissé se dégrader l’ouvrage et d’avoir tardé à reconnaître la possibilité d’un franchissement.
« Ce dossier […] est emblématique de la manière dont la majorité municipale a gouverné Rennes pendant tout le mandat : le laisser-aller, la contrainte, la solution au rabais. […] Gouverner, c’est prévoir. »
L’élu évoque des alertes anciennes sur l’état du pont, critique une phase où « rien n’était faisable » selon lui, puis une décision finale jugée insuffisamment ambitieuse. Il affirme enfin que la passerelle doit davantage à la mobilisation des habitants (collectif, pétition, demandes répétées) qu’à la méthode municipale.
Au plan politique, le dossier met donc en scène deux récits opposés : d’un côté, une collectivité qui insiste sur la sécurité, la concertation et les contraintes réglementaires ; de l’autre, une opposition qui lit dans l’affaire un symbole de défaut d’entretien, d’anticipation et de décision tardive sous pression citoyenne.
