Rennes Métropole. Un Mois des femmes riche en rencontres (programme)…

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journee femme mars

À Rennes et dans sa métropole, la Journée internationale des droits des femmes ne tient pas en une seule date.

En 2026, la mobilisation s’étire sur plusieurs semaines, avec une programmation municipale et associative qui se concentre du 8 au 21 mars et s’ouvre dès jeudi 5 mars avec des rendez-vous publics, des expositions, des projections, des ateliers, des spectacles, des formations et des temps de débat. Une manière de faire résonner des luttes anciennes, d’éclairer les combats d’aujourd’hui, et de donner une place concrète aux paroles, aux récits et aux corps.

« Sans les femmes, le monde s’arrête. »

Programme 2026, quelques temps forts à Rennes

Voici une sélection de rendez-vous repères. Pour le détail complet, un lien vers la programmation officielle est indiqué plus bas.

  • Jeudi 5 mars 2026 – Festival VISIBLES (Le Triangle) : soirée de témoignages et récits de vie, de 19h45 à 22h15. L’événement met en avant des parcours de femmes et des outils concrets pour gagner en visibilité.
  • Vendredi 6 mars 2026 – Cérémonie d’ouverture (Hôtel de Ville, Grand Salon) : rendez-vous à 18h, sur inscription. La cérémonie met à l’honneur l’association Du féminisme à Rennes autour de la sortie du documentaire Nous les caissières, sur la grève de 1975 chez Mammouth, aujourd’hui Carrefour Alma.
  • Du vendredi 6 au vendredi 20 mars 2026 – Exposition « Fièr·e·s, l’expo » (Maison de quartier La Bellangerais) : une proposition de l’Imprimerie nocturne dans le cadre du mois des droits des femmes, avec vernissage mardi 10 mars à 18h.
  • Mercredi 11 mars 2026 – « Nous n’étions pas des Bécassines » (La Maison Bleue) : projection-débat à 18h30. Un documentaire de Thierry Compain, suivi d’un échange, sur les trajectoires de jeunes Bretonnes employées comme domestiques dans le Paris des années 1950.
  • Du jeudi 12 au dimanche 22 mars 2026 – Festival Ré·Elles (principalement aux Champs Libres) : le festival de cinéma documentaire dédié aux droits des femmes et aux minorités de genre revient à Rennes pour sa 23e édition, avec projections et rencontres.

La programmation complète (Ville de Rennes / Rennes Métropole) est à retrouver via la page d’actualité et les agendas en ligne.

Lire la présentation et accéder aux liens de programmation

Infos pratiques sur la cérémonie d’ouverture du 6 mars

Coup de projecteur sur la manifestation du 8 mars dernier :

Le départ de cortège s’est effectué pour la première fois de Villejean à 12 h, une première qui donne un peu plus de visibilité aux femmes de quartier comme le souligne le collectif KUNDE, faire ensemble à Villejean. Il a ensuite rejoint République où le rassemblement s’est fait de plus en plus important. Entre les deux bouches de métro, les organisateur.rice.s s’occupent des derniers préparatifs : un petit groupe colle des feuilles de papier au sol. Sur chacune d’elles est inscrit le nom d’une femme décédée, son âge ainsi que la raison de son décès… En 2020, 90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Cette tradition dans les manifestations féministes rend hommage à toutes ces femmes disparues injustement. Un devoir de mémoire qui renforce le combat de chaque personne présente. 

À 14h, l’assemblée semble en ébullition, prête à faire entendre sa voix, à juste titre, pandémie ou pas. 

Après les prises de parole des collectifs et les témoignages, le cortège de tête de la manifestation en mixité choisie (c’est-à-dire sans homme) a pris la direction de place de Bretagne. Sous un ciel bleu printanier, plusieurs centaines de personnes se sont mises en marche sous un tonnerre de slogans, parmi lesquels : « Le patriarcat ne tombera pas tout seul, organisons-nous pour lui péter la gueule » , « agresseur, à ton tour d’avoir peur ». Après « Un violador eres tu » en introduction musicale, l’hymne féministe a laissé la place à une musique joyeuse et dansante aux paroles entraînantes et diaboliquement féminines : Britney Spears, Rihanna, Yelle, Beyoncé, etc. L’enthousiasme et la combativité qui émanent de l’assemblée stimulent et les revendications criées donnent l’impression qu’elles pourraient braver l’impossible et briser toutes les chaînes. Ce sentiment de sororité n’a pas faibli, au contraire, jusqu’à l’arrivée à l’esplanade Charles de Gaulle.

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Les droits des femmes se sont construits en abordant des questions traditionnellement reléguées à l’espace privé : la maîtrise des naissances, le droit à disposer de son corps, la garde des enfants, la reconnaissance du travail des femmes, la lutte contre les violences faites aux femmes, etc. Le combat pour l’égalité a permis de légitimer des sujets ignorés — ou inconnus — par les politiques publiques. Ainsi l’association HF Bretagne (créée en 2013 dans le but d’agir dans le sens de l’égalité hommes/femmes dans les milieux culturels) révèle que :
– 20 % des spectacles sont dirigés par des femmes.
– 16 % des textes et musiques que nous entendons portent la signature de femmes.
– 30 % des structures culturelles ont à leur tête une femme.
Encore plus énervant : la part féminine des diplômées d’écoles d’art est de 70 % en 2015 alors qu’elles sont seulement 30 % à être exposées.

Rendons grâce à la ville de Rennes d’avoir impulsé la création du premier bureau des temps qui travaille sur l’articulation des temps — personnel, familial, professionnel, social et civique… Des changements concrets ont ainsi pu voir le jour, par exemple pour les agents d’entretien — principalement des femmes — dont les horaires de travail ont été réaménagés en journée.

Cet engagement de Rennes en faveur de l’égalité a été reconnu par l’attribution, en 2000, de l’Olympe d’Or, puis du Label Égalité professionnelle, délivré en 2008 par l’AFNOR et reconduit en 2011. En 2006, la Ville a également signé la Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans les collectivités locales. Suite à la mutualisation d’un certain nombre de services, la Ville de Rennes et Rennes Métropole ont candidaté ensemble à la procédure de labellisation et obtenu, le 1er décembre 2014, le label Égalité professionnelle, certification de l’AFNOR.

« Qui va garder les enfants ? » s’inquiétait Laurent Fabius. La question va être brûlante dans de nombreux foyers, tant sont nombreux les débats, expositions, projections de documentaires et autres rencontres sur le thème de l’égalité des femmes et des hommes que proposent désormais chaque année cette belle journée d’affirmation des droits et de l’égalité.