L’intersyndicale du CHU de Rennes annonce le dépôt d’un préavis de grève à compter du jeudi 22 janvier 2026, dans un contexte qu’elle qualifie de « catastrophique » pour la prise en charge des patients aux urgences. Un rassemblement est appelé le même jour à 15 h, place de la Mairie de Rennes, afin de soutenir les soignants et, plus largement, « la santé sur tout le territoire ».
Dans un communiqué, l’intersyndicale décrit une situation d’engorgement durable des urgences, qu’elle ne présente plus comme un épisode hivernal ponctuel mais comme une organisation devenue structurelle. Elle avance notamment que le service, pensé pour 150 passages par jour, en accueille aujourd’hui environ 250 en moyenne, avec des pics à 280 patients quotidiens. Elle alerte aussi sur des patients hospitalisés qui restent « plusieurs jours » sur des brancards faute de lits disponibles dans l’établissement.
Entre causes conjoncturelles et crise structurelle
L’intersyndicale met en cause un empilement de facteurs. D’un côté, l’hiver concentre des tensions connues au plan sanitaire avec des épidémies saisonnières qui reviennent chaque année. De l’autre, une bonne partie du corps hospitalier estime que la saturation actuelle tient surtout à une crise plus profonde qui est liée au manque de lits d’hospitalisation et à une pénurie de moyens qui touche l’ensemble de la chaîne de santé.
Si certains préférèrent mettre en avant des explications comme la grève des médecins libéraux et les épidémies hivernales, il apparait que ces éléments ne peuvent pas, à eux seuls, rendre compte d’une tension devenue permanente. Au plan syndical, le diagnostic est clair : la difficulté majeure serait « connue depuis des années » et renverrait à la diminution du nombre de lits et à l’épuisement des équipes, bien au-delà des seules urgences.
Ce que demande l’intersyndicale
Les revendications mises en avant visent à la fois des capacités d’accueil et des renforts humains avec la vision que l’engorgement des urgences se résout d’abord en amont et en aval, c’est-à-dire par des lits disponibles et des équipes suffisantes pour accueillir et orienter les patients. D’où :
- Ouverture de 50 lits regroupés dans de « vraies unités de soins », dans des locaux disponibles, avec personnel médical et paramédical ainsi qu’une logistique jugée adéquate, « immédiatement et de façon pérenne », afin d’éviter le recours à des lits supplémentaires dispersés (lits HET ou chambres doublées) et de désengorger les urgences.
- Renforts aux urgences avec 2 postes infirmiers et 2 postes d’aides-soignants supplémentaires.
- Renforts au SAMU avec 15 postes supplémentaires d’assistant(s) de régulation médicale, annoncés « 24 h/24 » afin de faire face à la hausse des appels.
Un appel à la Ville de Rennes
L’intersyndicale indique avoir demandé un rendez-vous à Nathalie Appéré, maire de Rennes, durant le créneau du rassemblement. Cette démarche illustre une volonté de porter la question au-delà du seul établissement, dans un débat plus large sur l’accès aux soins et la capacité du service public hospitalier à tenir sa mission au quotidien.
Informations pratiques
- Préavis de grève : à partir du jeudi 22 janvier 2026 (CHU de Rennes)
- Rassemblement : jeudi 22 janvier 2026, 15 h
- Lieu : place de la Mairie, Rennes
