Paris. La chapelle de la médaille miraculeuse a accueilli trois millions de visiteurs en une année

12341
médaille miraculeuse paris chapelle

La chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse, située rue du Bac dans le 7e arrondissement, est à peine visible depuis la rue. Elle a connu un record de fréquentation en 2025, attirant des visiteurs du monde entier, venus découvrir la Médaille miraculeuse et l’histoire de Catherine Labouré.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse (rue du Bac) a compté parmi les lieux les plus fréquentés de la capitale en 2025 : Français, Italiens, Espagnols, Brésiliens, Mexicains, Guatémaltèques, Philippins, et tant d’autres visiteurs venus de partout, franchissent le porche de la rue du Bac qui mène à la chapelle. Certains sont munis de sacs et de valises pour ressortir du lieu de recueillement avec des médailles miraculeuses, afin de les distribuer à leurs familles, à leurs amis et à leurs proches au retour du voyage. En une dizaine d’années, la fréquentation a doublé et, en 2025, elle atteint un niveau comparable à celui de certains grands sites culturels parisiens.

médaille miraculeuse

Catherine Labouré est née le 2 mai 1806 à Fain-lès-Moutiers, en Côte-d’Or, au sein d’une famille de paysans bourguignons. Elle est la huitième de la fratrie du couple Madeleine et Pierre Labouré. Après la mort de sa mère et dès l’âge de douze ans, elle s’occupe du ménage, de la cuisine et des animaux de la ferme. Catherine Labouré est sérieuse, modeste, mûrie par l’épreuve et les responsabilités. Elle ne peut pas aller régulièrement à l’école et n’apprendra à lire et à écrire que plus tard. Elle s’éveille à la vocation religieuse, tout comme sa sœur Marie-Louise, déjà entrée dans la communauté des Filles de la Charité. La jeune Catherine doit cependant affronter le refus de son père, qui préférerait la marier, et attendre l’âge de 23 ans pour entrer à son tour en 1830. Elle visite alors les malades et apporte secours aux pauvres…

médaille miraculeuse

En avril 1830, Catherine arrive à la maison mère des Filles de la Charité, rue du Bac, pour son noviciat. Dans la nuit du 18 juillet 1830, elle est réveillée par un enfant, tout de blanc vêtu, qui lui dit : Ma sœur, venez à la chapelle. La Sainte Vierge vous attend. En arrivant à la chapelle, Catherine Labouré entend le froissement d’une robe de soie près d’elle. La Sainte Vierge, resplendissante, est là. Des rayons de lumière sortent de ses mains ouvertes et éclairent le globe sur lequel elle se tient. Elle parle à la religieuse pendant deux heures.

médaille miraculeuse

Le 27 novembre suivant, pendant l’oraison du soir, sœur Catherine voit apparaître un tableau représentant la Sainte Vierge qui tend les bras vers elle ; il sort de ses mains des rayons de lumière d’un éclat ravissant. Autour du tableau, sœur Catherine lit l’invocation suivante en caractères d’or : Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

La Vierge confie alors une mission à la religieuse, qui fait part de son apparition à son confesseur, le père Aladel : la Vierge demande de faire frapper et répandre une médaille à son effigie, portant l’invocation : Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous…

médaille miraculeuse

La requête est approuvée et les médailles sont frappées. Les 1500 premiers exemplaires de la médaille sont livrés le 30 juin 1832. Rapidement, les récits de grâces et de guérisons se multiplient, et dès février 1834, la Médaille est couramment qualifiée de miraculeuse.

Des récits de guérisons arrivent des États-Unis, de Pologne, de Chine, de Russie : des aveugles recouvrent la vue, des boiteux marchent, et les pauvres sont évangélisés. La Médaille devient la Bible des pauvres, et le signe de la présence de Marie…

En 1870-1871, comme tous les Parisiens, sainte Catherine vit la famine occasionnée par le siège de Paris par les troupes prussiennes, puis les troubles de la Commune, au cours de laquelle des révolutionnaires viennent demander des médailles au couvent.

Le 31 décembre 1876 en soirée, après avoir récité les prières des agonisants avec sa communauté, Catherine Labouré semble s’assoupir. En fait, elle vient de s’éteindre sans bruit ; elle meurt comme elle a vécu, restée toujours discrète sur ses visions. D’ailleurs, elle disait d’elle : Je n’ai été qu’un instrument. Ce n’est pas pour moi que la Sainte Vierge est apparue, mais pour que l’on ne puisse pas douter d’elle…

Quelques jours seulement après la mort de sœur Catherine, la foule se presse devant son cercueil avant son inhumation. Une femme y approche son fils de douze ans, infirme de naissance ; soudain l’enfant se lève sur ses jambes. C’est le premier miracle directement attribué à sœur Catherine.

Une demande de béatification de Catherine Labouré est ouverte en avril 1896. Son corps est exhumé le 21 mars 1933 ; retrouvé en parfait état, il est nettoyé et habillé en religieuse, puis installé dans une châsse en bronze doré devant l’autel de la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse.

médaille miraculeuse

Catherine Labouré est béatifiée le 28 mai 1933 et canonisée le 27 juillet 1947.

Le grand magasin Le Bon Marché et la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse, situés face à face rue du Bac à Paris, restent liés par un événement survenu le 22 novembre 1915.

médaille miraculeuse

Ce jour-là en fin de matinée, une ambulance militaire installée dans l’annexe du Bon Marché est victime d’une explosion, suivie d’un incendie. Le feu prend dans les sous-sols, dans une zone technique liée aux installations du bâtiment. L’alerte est donnée et les sapeurs-pompiers interviennent pour contenir le sinistre.

médaille miraculeuse

Dans l’après-midi, malgré les efforts, l’incendie connaît une reprise et le quartier retient son souffle. Le couvent des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul est menacé. Malgré les injonctions des pompiers, les Filles de la Charité refusent d’évacuer les bâtiments, confiantes en la protection de la Vierge ; chapelets en mains, elles demeurent calmes, alors que les structures proches de la chapelle sont menacées par le brasier.

L’extinction se poursuit toute la nuit ; maîtrisé dans la soirée, le feu est définitivement éteint le lendemain matin. L’événement nourrit alors, dans la mémoire des lieux, l’idée d’une protection providentielle.

L’annexe sinistrée sera reconstruite au début des années 1920 dans un style Art déco et réinaugurée en 1923.

médaille miraculeuse
le grand magasin aujourd’hui

Depuis le 8 décembre 2024, des reliques ayant appartenu à sainte Catherine reposent dans le nouvel autel de Notre-Dame de Paris.

En ce mois de janvier 2026, la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse est fermée trois semaines pour cause de travaux d’entretien, selon le calendrier annuel habituel.

Chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse – 140, rue du Bac, 7e arrondissement de Paris

Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale à Paris et dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.