En 2026, les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA) donnent rendez-vous au public du mardi 7 au dimanche 12 avril autour du thème Cœurs à l’ouvrage.
Manifestation majeure consacrée aux métiers d’art en Europe, les JEMA invitent le public à aller à la rencontre de celles et ceux qui façonnent, restaurent, transmettent et réinventent les savoir-faire. Portée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, cette 20e édition met en lumière la dimension collective de ces métiers, les synergies entre création et patrimoine, mais aussi l’ancrage territorial de pratiques qui font dialoguer la main, la matière et le temps.
Portes ouvertes d’ateliers, démonstrations, visites, conférences, rencontres avec des artisans, établissements de formation et lieux patrimoniaux rythment ainsi cette semaine singulière. D’un bout à l’autre du territoire, et bien au-delà des frontières françaises, les JEMA rappellent que les métiers d’art ne relèvent pas seulement d’un héritage à conserver, mais d’un monde vivant, en mouvement, capable de répondre aux sensibilités et aux usages contemporains.
La France compte plus de 120 000 entreprises relevant des métiers d’art. Pour les jeunes générations comme pour le grand public, ces journées constituent une occasion précieuse de découvrir la richesse d’un secteur où se croisent l’excellence technique, l’intelligence de la matière, le goût de la transmission et l’invention formelle.
Les JEMA s’adressent à tous les publics : amateurs, curieux, collectionneurs, étudiants, familles, passionnés de patrimoine ou de création contemporaine. Une précision utile toutefois : si l’esprit de la manifestation est celui de l’ouverture la plus large, certains lieux partenaires conservent leurs propres conditions d’accès, avec parfois réservation obligatoire ou billetterie spécifique.
Notre sélection à Paris
Le Panthéon propose aux visiteurs de découvrir les secrets de ses peintures restaurées au cours d’un échange privilégié avec celles qui redonnent vie au patrimoine. Après un commentaire historique assuré par une animatrice du patrimoine, les participants rencontrent deux restauratrices d’œuvres d’art. Une manière particulièrement juste d’entrer dans les coulisses d’un monument que l’on regarde souvent sans imaginer la somme de gestes patients qu’il exige.
Mercredi 8 avril 2026 à 14h30 — place du Panthéon, Paris 5e

Le Palais Galliera, avec l’exposition Tisser, broder, sublimer. Les savoir-faire de la mode, déploie l’une des programmations les plus raffinées de cette édition parisienne. En partenariat avec l’Institut pour les Savoir-Faire Français, le musée propose plusieurs rendez-vous d’exception avec des brodeurs, créateurs textiles, plumassiers, modistes, ainsi qu’une table ronde et une nocturne. L’ensemble donne à voir ce que la mode doit aux mains, à la patience, à la recherche du détail et à l’alliance subtile entre artisanat et invention.
10, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, Paris 16e

L’église Saint-Eustache propose deux visites exceptionnelles de 45 minutes pour découvrir son grand orgue de l’intérieur, au plus près de l’instrument. Accompagné par l’un de ses organistes titulaires, Thomas Ospital, le public accède au cœur d’un des orgues les plus impressionnants de France. L’expérience promet moins une simple visite qu’une immersion dans l’architecture sonore d’un monument.
Jeudi 9 avril 2026 à 12h puis à 13h — 146, rue Rambuteau, Paris 1er

L’Hôtel de la Marine invite le public à découvrir la lustrerie, cet art délicat de la création et de la restauration des lustres et luminaires. La visite guidée ouvre les portes des appartements du XVIIIe siècle, des salons d’apparat du XIXe siècle et de l’atelier de restauration de lustres de la maison Mathieu Lustrerie. À travers cette plongée dans les arts décoratifs, c’est tout un rapport français à la lumière, au décor et au prestige intérieur qui se laisse entrevoir.
Samedi 11 et dimanche 12 avril 2026 à 11h30 et 15h — 2, place de la Concorde, Paris 8e

Le musée Bourdelle propose, en partenariat avec la maison de mode suédoise HODAKOVA, deux ateliers et une conférence. Ce dialogue entre création contemporaine et savoir-faire textile entre en résonance avec l’exposition Magdalena Abakanowicz. La trame de l’existence, consacrée à l’artiste polonaise qui donna une puissance monumentale à des matériaux pauvres ou récupérés : sacs de jute, fibres, crin de cheval, cordages. Ici, les métiers d’art rencontrent une pensée de la transformation et du recyclage qui parle pleinement à notre époque.
Samedi 11 avril 2026 à 11h, 14h et 16h — 18, rue Antoine-Bourdelle, Paris 15e

Les rendez-vous en Île-de-France
À Versailles, le château met à l’honneur les jeunes talents de l’artisanat français et les métiers qui ont contribué, au fil des siècles, à faire du domaine un chef-d’œuvre total. Sculpteurs, peintres, marbriers, ébénistes, tapissiers et restaurateurs y apparaissent non comme de simples exécutants, mais comme les continuateurs d’un langage esthétique. La visite guidée offre ainsi une lecture précieuse du château par ses métiers invisibles.
Visite guidée — Les métiers d’art à Versailles : mardi 7 avril à 10h15 et 15h15 ; mercredi 8 avril à 10h15 et 15h15 ; jeudi 9 avril à 10h30

Une région à l’honneur, un pays invité
La région mise à l’honneur pour cette édition 2026 est le Centre-Val de Loire. Ce choix n’a rien d’anodin : il souligne la densité patrimoniale, artisanale et paysagère d’un territoire où les métiers d’art dialoguent naturellement avec les châteaux, les villes d’histoire, les traditions décoratives et les savoir-faire liés au bâti comme à l’objet.
La région Centre-Val de Loire déploie ainsi une programmation ambitieuse dans plusieurs lieux emblématiques de son patrimoine :
- le Parvis des Métiers à Bourges (18),
- la collégiale Saint-André à Chartres (28),
- le château d’Ars à Lourouer-Saint-Laurent (36),
- l’ancienne exploitation viticole de Dierre (37),
- l’Hôtel Groslot et l’Hôtel Tassin de Moncourt à Orléans (45),
- le château de Chambord (41).
Quant au pays mis à l’honneur, il s’agit de la Belgique. Une manière d’inscrire plus nettement encore les JEMA dans leur vocation européenne, en rappelant que l’excellence artisanale ne connaît pas de frontière étanche, mais circule de territoire en territoire, de tradition en tradition, dans un même attachement aux gestes, aux matières et à la transmission.
Les métiers d’art au présent
À rebours d’une vision muséale ou figée, les métiers d’art apparaissent aujourd’hui comme un espace où se croisent l’héritage, l’expérimentation, l’écologie de la réparation, le goût du bel usage et le désir de durer. Les JEMA 2026, avec leur mot d’ordre Cœurs à l’ouvrage, rappellent au fond une chose simple et précieuse : derrière chaque œuvre, chaque objet, chaque décor restauré ou réinventé, il y a une intelligence de la main et une éthique de l’attention.
