Après 18 mois de fermeture pour travaux de restauration, le musée de la Vie Romantique, au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes dans le 9e arrondissement, s’apprête à rouvrir ses portes avec une exposition dédiée à Paul Huet (1803-1869) et visible jusqu’au 31 août 2026.
Quoi de plus romantique que d’avoir choisi le jour de la Saint Valentin, le 14 février 2026, pour sa réouverture ? Fermé depuis le 16 septembre 2024, le musée a bénéficié d’une rénovation ambitieuse et s’apprête à célébrer sa réouverture avec une première exposition temporaire.



Ses façades, classées Monuments Historiques depuis 1956, ont été restaurées en restant fidèle au style de 1830. Les intérieurs ont été soignés et font du musée un lieu à la fois élégant et raffiné. Le parcours de visite a été repensé pour être plus clair et plus accessible. Des améliorations portent aussi sur une signalétique modernisée, à l’intérieur comme à l’extérieur ; elles facilitent la circulation ; l’accessibilité a été renforcée pour les personnes à mobilité réduite ; et des dispositifs immersifs permettent de découvrir la maison à travers musique et littérature…
Le charme romantique a toujours fait la renommée du lieu. C’est pourquoi le public découvrira un parcours permanent enrichi, qui met en avant les artistes romantiques qui ont fréquenté ce pavillon au XIXe siècle. Les œuvres littéraires et la musique d’époque recréeront l’atmosphère unique de cette maison d’artiste.

Quant au choix de la Saint-Valentin pour la réouverture du musée, il n’est pas anodin, ni celui de la première exposition temporaire avec le peintre Paul Huet, car l’artiste est un précurseur du paysage romantique.
Paul Huet aime peindre des ciels et des paysages qui reflètent les émotions humaines à la fois lumineuses et tourmentées. Ses œuvres seront mises en dialogue avec celles des peintres : Théodore Rousseau (1812-1867), d’Eugène Delacroix (1798-1863), de Paul Flandrin (1811-1902) et de Gustave Courbet (1819-1877), pour offrir une plongée complète dans le romantisme pictural.


Le Musée de la Vie Romantique est l’ancienne demeure du peintre hollandais Ary Scheffer (1795-1858), qui arrive à Paris en 1811.
Dès 1822, le peintre Ary Scheffer affirme sa réussite en devenant le professeur de dessin des enfants du duc d’Orléans. Il s’installe en juillet 1830, rue Chaptal dans le quartier de la Nouvelle Athènes, très à la mode à cette époque ! Ary Scheffer fait construire sa demeure et en fait une maison caractéristique de l’époque de la Restauration ; elle comporte deux étages d’habitation surélevés sous un toit à l’italienne. Dans le jardin courent rapidement des treilles et des glycines. En face de sa maison, le peintre fait construire deux ateliers avec verrière : l’un à usage de salon, l’autre d’atelier de travail.




Ary Scheffer devient le digne représentant de l’école romantique et reçoit le tout-Paris artistique et intellectuel. Sa demeure va connaître pendant trois décennies une intense activité artistique, politique et littéraire. En 1848, Ary Scheffer abrite également dans son atelier une partie des collections de la famille du roi Louis-Philippe, au moment où celle-ci quitte la France pour l’exil.
Dix ans plus tard, au décès du peintre le 15 juin 1858, sa fille unique, Cornélia Scheffer épouse Marjolin (1830-1899), hérite du site et préserve le cadre où travaillait son père ; également artiste, elle est dessinatrice et sculptrice. Avec son époux, le docteur en médecine, pédiatre et chirurgien des hôpitaux René Marjolin, elle reçoit rue Chaptal des personnalités comme le peintre Henri Martin (1860-1943), le romancier Ivan Tourgueniev (1818-1883), le compositeur Charles Gounod (1818-1893), etc.

Les ateliers de peintures deviennent un hôpital de secours pendant le conflit avec la Prusse en 1870-71 ; ils servent ensuite de salles d’exposition aux principales œuvres d’Ary Scheffer…
En 1899, à la mort de Cornélia Scheffer-Marjolin le 20 décembre, les peintures de son père reviennent à sa ville natale, à Dordrecht aux Pays-Bas, et elle légue une série de portraits à l’Etat français, visible à Versailles (78). C’est Noémi Renan-Psichari, une petite-nièce de Scheffer qui hérite de sa propriété de la rue Chaptal.
En 1956, la demeure devient propriété de l’Etat, qui confie la gestion de l’immeuble à la ville de Paris et qui ouvre une annexe du musée Carnavalet, baptisée Musée Renan-Scheffer.



Le musée prend en 1987 le nom de musée de la Vie romantique.
Le musée de la Vie romantique séduit par son jardin romantique et son salon de thé bucolique. Le musée offre une expérience unique où se côtoient l’art, la musique et la littérature. Parmi les musées gratuits de Paris, il occupe une place à part. Véritable havre de paix, il a accueilli la femme de lettres George Sand ( 1804-1876), le compositeur Frédéric Chopin (1810-1849) et le peintre Eugène Delacroix, au cours du XIXe siècle.
Infos pratiques :
Musée de la Vie Romantique – 16, rue Chaptal, 9e arrondissement, Paris.
Gratuit pour tout public
Ouvert tous les jours, du mardi au dimanche : de 10 h à 18 h – Fermeture le lundi
Exposition des œuvres du peintre Paul Huet, du 14 février au 31 août 2026
