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UNIDIVERSLE MÉDIAVERS CULTUREL

H+ La Trame, III, 65 à 71 : Batteries sur pattes et fascisme métabolique

Chapitre 65 — 47e jour — La faute de Pierre

Martine regarde en boucle pour la huitième fois le discours de Pierre à l’ONU. Elle met la vidéo en pause sur l’image d’un visage bon, fatigué, paternel. Elle le regarde longtemps. Elle lâche un rire sec, sans joie, qui ressemble à une gorge qu’on racle avant de vomir.

— Il aurait pourtant été si simple de préciser notre nombre, murmure-t-elle. « Les pythas sont un bon million sur Terre, environ un million cent mille. » Cela aurait suffi. Cela aurait été si simple, si facile, si honnête…

Sa secrétaire, debout près de la porte, ne répond pas.

Martine se redresse dans son lit. Ses mains tremblent moins. Son visage, lui, a changé de matière.

— Depuis le premier jour, les profanes nous imaginent partout. Infiltrés comme des communistes dans leurs gouvernements, leurs écoles, leurs hôpitaux. Ils croient que nous sommes des dizaines de millions, des centaines de millions, une espèce différente cachée parmi eux, en attente de siphonner leur énergie. Et Pierre le sait. Il savait qu’il suffisait de dire la vérité. Un million pour neuf milliards de terriens. Un pytha pour huit mille ordinaires. Une poussière. Un détail.

Martine avale sa salive. Elle se tourne vers sa secrétaire avec un léger sourire, le doigt levé comme une maîtresse d’école :

— Mais il ne l’a pas dit. Pourquoi ? Pourquoi il ne l’a pas dit, à ton avis ?

Un silence avant que sa secrétaire ne réponde :

— Pierre a parlé de sagesse, de coopération, de confiance, d’ONU, de médecine, d’ouverture. Il a volontairement laissé un silence que chacun a rempli de sa peur. Il a laissé naître et circuler la suspicion qu’une armée invisible était en embuscade. Il a laissé les États hésiter, les foules délirer, Bloc9 recruter. Il a permis au mensonge de grossir. Pourquoi ? Parce qu’il voulait garder de la majesté, du mystère, de l’autorité. Parce que derrière l’apparence du Grand-Maître aux allures de gentil grand-père, Pierre est un arriviste dévoré d’orgueil qui a pensé tirer parti de la situation afin d’entrer dans la cour des grands chefs mondiaux.

Elle se tait. Martine semble vaciller un instant avant de lui répondre :

— Et mon épouse est morte dans ce silence… Et nos enfants sont morts par son orgueil…

Elle ferme ses yeux embués.

— Pierre n’a pas tué Bina. Non, il n’a pas tenu le couteau, il n’a pas ouvert la porte aux salauds du Bloc9. Ce n’est pas lui qui a gravé le 9 sur son front. Mais il a offert aux tueurs d’Ezekiel l’obscurité dont ils avaient besoin. Cette ordure de Pierre est tout aussi responsable de la mort de ma famille.

Elle rouvre les yeux.

— Je vais donc lui rendre la lumière.


 
Chapitre 66 — 48e jour — Le pacte de Martine

L’aurore zébrée d’or et de rouge étend ses rayons sur Zurich quand la vidéo de Martine tombe comme un couperet.

Elle a envoyé le lien à toutes les rédactions internationales. Quelques minutes suffisent pour que les serveurs saturent, tant le contenu se propage à grande vitesse. Dans une courte vidéo, Martine apparaît, le visage blême et sec, où la douleur s’est coulée en glace dure. Sa voix tranche comme un métal froid :

— Salut les followers du monde entier ! Je viens seulement de comprendre que le monde moderne comprenait mieux les listes que les tragédies… Vous en voulez ? Alors voilà la nôtre.

(Derrière elle, un écran déroule des visages. En rouge s’impriment noms et identités de membres de Bloc9 et autres activistes numériques, hackers, prêcheurs de haine anti-pythas.)

Martine ne cille pas, les yeux rivés à la caméra :

— Une église de tarés accuse les pythas d’être des monstres. C’est une appréciation bien subjective. Regardez nos sociétés : combien de monstres dans les prisons, les gouvernements, les marchés financiers, les industries ?

La vérité est que nous sommes en présence de la modification d’une situation préexistante. Avant, nous vivions tous ensemble et vous ne le saviez pas ; maintenant, doués et non-doués sont invités à vivre ensemble en pleine conscience et dans un respect mutuel. N’oubliez jamais que votre enfant sera peut-être pytha…

Le monde met à notre disposition des ressources, énergétiques notamment, sans lesquelles nous vivrions plus ou moins bien, plus ou moins mal. La peur que certains ressentent à l’égard des pythas découle en réalité de l’incertitude liée à la gestion future de ces ressources. Comme dans tout écosystème, pour le pérenniser, il faut un équilibre. Que chacun y trouve son compte. Dans cet esprit, je vous parle en femme pragmatique et vous propose un contrat gagnant-gagnant entre nous tous et nos gouvernements.

Je propose que soient mis à disposition des pythas les individus que nos sociétés considèrent comme un poids : prisonniers condamnés à de très lourdes peines, tueurs récidivistes, violeurs, criminels sexuels, pédocriminels, trafiquants d’êtres humains, profils psychiatriques jugés définitivement dangereux par les juridictions compétentes. Nos sociétés les entretiennent à grands frais. Nous vous proposons d’en alléger les systèmes carcéraux et sociaux. Nous puiserons leur énergie pour la recycler, puis ils seront incinérés. Qu’ils considèrent cela comme un don ultime : peut-être que leur sacrifice ne sera pas vain et que leur réincarnation sera moins mauvaise.

Je sais, ma proposition peut paraître abrupte, crue, brutale. Mais réfléchissez bien : nos sociétés craquent de partout, et les prisons ont un taux d’occupation indigne. Les pythagoriciens proposent de les fluidifier comme nous fluidifions les flux énergétiques individuels. Autrement dit : une baisse drastique du coût de la gestion de la criminalité et des problèmes sociaux et médicaux.

Médicaux ? Oui, car en plus d’assurer le prélèvement énergétique de ces monstres et ennemis sociaux qui nous pourrissent l’existence, ce qui nous maintiendra en bonne forme, nous vous proposons d’offrir proportionnellement un don gratuit aux profanes honnêtes et respectueux des lois qui en feront la demande. Ainsi, au sein des États contractants, tout homme ou femme profane qui le souhaite recevra une fois par mois gratuitement un soin énergétique par un pytha opérant sous contrôle médical officiel. Un véritable suivi énergétique personnalisé qui l’aidera à maintenir son état de santé au plus haut, à ralentir son vieillissement et, donc, à profiter au mieux de son existence.

Pour ceux qui accepteront, ce complément de soin leur assurera d’être en meilleure santé, donc de jouir, en meilleure forme, d’une longévité accrue — dix, vingt, trente ans supplémentaires ? Bref, on élimine des ordures, les hommes bons vivent plus longtemps, et toute la société se porte mieux.

En plus d’une espérance de vie accrue pour tous, pythas et ordinaires, mains dans la main, nous bâtirons ensemble une société plus stable, avec un système médical et social performant, un écosystème heureux.

Bien sûr, il y a une condition sine qua non à l’instauration de ce pacte dans chaque pays qui le décidera : que les membres criminels du Bloc9 soient arrêtés, jugés par les tribunaux et condamnés à la peine capitale. Des pythas encadrés par mes soins seront chargés de l’exécuter. Tant que leurs diffamations et leur chaos empoisonneront l’opinion, aucun accord ne sera possible. Tant que les éléments radicaux du Bloc9 et ce fou d’Ezekiel pourchasseront les personnes douées de la Lyre, la violence régnera, les pythas se défendront et le chaos augmentera. Donc j’en appelle à la sagesse de chaque gouvernement afin de faire le bon choix.

C’est à nous tous de décider : voulons-nous que l’instabilité actuelle devienne un chaos, ou voulons-nous l’organisation efficace de nos ressources vitales, qui offre stabilité, sécurité et longévité à toutes les personnes qui le souhaitent, profanes et pythas ? Voulons-nous bâtir ensemble et en toute transparence une société meilleure ?

Martine marque une pause, son regard se durcit.

— Merci à tous de votre attention. Je me tiens à votre disposition et j’espère que nous vieillirons tous ensemble et longtemps. Quant à l’évêque de l’Église des Imbéciles Artificiels, je vais me charger personnellement de sa longévité.

(La vidéo s’arrête net après moins de dix minutes sur l’image d’une grande famille heureuse avec des enfants de différentes couleurs de peau ; l’un d’eux, handicapé, compose avec ses doigts le V de la victoire. Tous renvoient une image de bonheur.)

Alors, le monde vacille. Du côté des profanes, les commentaires favorables ou défavorables pleuvent. Du côté des pythas, ceux qui ont regardé la vidéo ont tout de suite compris la portée du geste. Martine ne propose pas seulement un pacte : elle trace une frontière nouvelle. Pour certains pythas, sa proposition constitue tout ce qu’ils haïssent : un chantage, une domination, une pratique interdite et condamnable qui va faire exploser l’Ordre ; pour d’autres, un contrat historique, une transaction de survie mutuelle, un pacte profitable à tous, l’assurance d’un open bar sept jours sur sept, non seulement pour les pythasangs, mais pour tous les pythas qui décideront de le devenir en toute légalité. Ce que promeut Martine, c’est la reconnaissance institutionnelle d’une pratique absolument contraire à l’esprit de Pythagore et formellement proscrite par son Ordre, autrement dit l’Art énergétique affranchi de la sagesse de Pythagore et de Theano.

À Samos, Pierre est blême. Déjà, deux de ses quatre Cavaliers s’équipent tandis que le réseau de renseignement de la Gendarmerie s’active. Mission : trouver et ramener Martine à Samos — pieds et mains liés, s’il le faut.

Chapitre 67 — 49e jour — Deal faustien

[Le Monde — édition spéciale]

« 2,8 milliards de vues en moins de 20 heures. Martine Rothblatt propose aux États un pacte carcéral, médical et énergétique sans précédent. »

Sous-titre :

« Débarrasser les sociétés de leurs criminels irrécupérables, offrir aux citoyens ordinaires un suivi de longévité, légaliser partiellement les pythasangs : deal faustien ou révolution sanitaire ? »

#CleanTheFuture #LongLifeWithoutBurden #MartineDeal #EnergyJustice #NoMorePythablood #RightToRefuse

C’est la jeunesse qui réagit le plus vite. Mais, cette fois, elle n’est pas seule.

Dans les premières heures, les réseaux explosent en deux directions contraires. D’un côté, l’horreur morale, les mèmes vampiriques, les appels à refuser toute « société de prélèvement ». De l’autre, un enthousiasme pragmatique, joyeux, parfois cynique, parfois sincèrement bouleversé par la perspective d’une médecine énergétique accessible à tous les profanes sans frais.

Sur TikTok, des adolescents masqués en vampires frappent un mannequin à l’effigie de Martine. Des influenceurs bien-être lui opposent leurs jus verts et leurs cristaux sous #ShareOurEnergy. Un youtubeur santé déballe un faux « Martine Pack », perfusion lumineuse censée prolonger la vie en recyclant l’énergie des criminels.

La plaisanterie horrifie les uns et amuse les autres. Elle résume surtout l’époque. Car le discours de Martine ne touche pas seulement les foules : il traverse les États.


 
Chapitre 68 — 50e jour — L’hypothèse de travail

À Washington, des conseillers républicains relisent aussitôt les chiffres du système pénitentiaire américain. Plus de deux millions de personnes incarcérées. Des coûts astronomiques, des prisons saturées. Des criminels sexuels, des tueurs récidivistes, des trafiquants d’êtres humains, des condamnés à perpétuité dont personne ne sait plus que faire sinon les nourrir, les surveiller, les médicaliser, les enterrer longtemps après leur disparition sociale.

Un sénateur du Texas lâche, micro coupé mais capté par une caméra :

« If she can empty death row and give health care to good Americans, people will listen. »

En Chine, les analystes du Parti étudient le discours avec une rapidité froide. L’expression « transformation des charges sociales en ressources collectives » apparaît dans plusieurs notes internes. Les criminels irrécupérables, les traîtres idéologiques, les profils dangereux, les démocrates subversifs, les esprits religieux, les masses carcérales invisibles des provinces : Martine offre une traduction énergétique de ce que certains régimes pensent déjà sans le dire.

À Moscou, des commentateurs proches du Kremlin parlent d’une « solution réaliste à la décadence pénale occidentale ». Le mot « recyclage » revient, avec cette précision toute postsoviétique de brutalité abstraite.

Dans des pays musulmans, on évoque discrètement la possibilité d’un programme réservé aux condamnés pour crimes graves, sous habillage religieux de purification islamique. Les juristes sont convoqués, les théologiens aussi. Personne ne veut être le premier à dire oui. Personne ne veut non plus être le dernier à comprendre l’intérêt du pacte.

Dans des régimes plus ouvertement despotiques, le raisonnement est encore plus simple : si Martine obtient une reconnaissance internationale, alors le pouvoir disposera d’un instrument supplémentaire pour faire disparaître légalement des êtres déjà déclarés indésirables. Il suffira de bien définir « l’indésirable »…

C’est en Europe que la fracture se voit le mieux. Les gouvernements condamnent officiellement, presque d’une seule voix, la « peine de mort énergétique », comme toute peine de mort infligée à des êtres humains, fussent-ils des criminels récidivistes condamnés à perpétuité. Les communiqués invoquent la dignité humaine, l’interdiction des traitements inhumains, la mémoire des totalitarismes, la pente eugéniste, l’impossibilité de transformer une peine de prison en peine énergétique.

Officiellement, le pacte est obscène. Officieusement, il devient une hypothèse de travail.

Chapitre 69 — 51e jour — Maturité du clivage

Dans les sondages instantanés, les sociétés se clivent. En Suède, 34 % des personnes interrogées se disent favorables à « l’ouverture d’un débat encadré » si le dispositif ne concerne que les criminels condamnés à la perpétuité réelle incompressible. En Italie, 41 % y voient une « hypothèse choquante mais à examiner ». En Hongrie, en Pologne, en Serbie, certains responsables politiques dénoncent l’hypocrisie des élites occidentales : « Elles préfèrent entretenir des monstres à vie plutôt que protéger les familles honnêtes. »

En Allemagne, les plateaux de télévision virent au combat moral. Un philosophe évoque « le retour de la logique sacrificielle sous forme médico-administrative ». Une ancienne ministre rétorque : « Et que faisons-nous déjà, sinon sacrifier des milliards pour maintenir en vie ceux qui ont détruit des vies ? »

À Dallas, un pasteur évangélique hurle en chaire :

— Martine est la nouvelle Eve, tentatrice du sang, serpent de la longévité, grande marchande de corps damnés !

Ses fidèles hésitent entre l’effroi, l’adhésion et la convoitise. Car le pasteur, à la fin du sermon, ajoute malgré lui :

— Bien sûr, si l’on pouvait soigner nos anciens sans toucher aux innocents, il faudrait prier. Beaucoup prier.

À Barcelone, Recife, Dakar, Montréal, Katmandou, des cortèges s’illuminent de flambeaux. Des jeunes et des moins jeunes clament :

« Plus d’énergie, plus de vie ! »

« Les bons sur Terre, les monstres au cimetière ! »

« Long life for the decent ! »

Bannières blanches frappées d’un cercle violet. Des enfants sur les épaules brandissent #LongLifeTogether, sans comprendre que le slogan vient de changer de sens.

À Berlin, sur l’Alexanderplatz, deux mille artistes s’allongent simultanément et miment un don d’énergie. Au bout de trois minutes, ils se relèvent en silence avec des pancartes : « Aucun corps n’est une ressource. » La performance, filmée par drones, devient virale sous #EnergyGift puis #EnergyRefusal.

À Tokyo, des étudiants distribuent des tracts en forme de pommes d’or avec l’inscription :

« Énergie partagée = jeunesse prolongée. »

Au verso, une petite phrase ajoute :

« Mais qui décide de la maturité du fruit ? »

Chapitre 70 — 52e jour — Les batteries sur pattes

Dans les prisons américaines, russes, chinoises, brésiliennes, iraniennes, turques, des rumeurs courent parmi les détenus. Des condamnés à mort hurlent qu’ils refusent « d’être sacrifiés aux vampires ». D’autres demandent à signer tout de suite un protocole qui leur garantirait une réincarnation meilleure ou, simplement, une attente raccourcie de leur exécution. Dans plusieurs établissements, des mutineries éclatent. À Huntsville, un détenu grave sur le mur de sa cellule : « Better the needle than the witch. » À São Paulo, des prisonniers crient toute la nuit : « Nous ne sommes pas des batteries sur pattes. »

Dans les quartiers les plus pauvres des villes de l’hémisphère Sud, la proposition de Martine rencontre un écho brutal. Des mères épuisées par la violence mafieuse osent déclarer devant les caméras : « S’ils peuvent guérir nos enfants avec ceux qui les tuent, pourquoi pas ?… » Des retraités sans accès aux soins, des familles ruinées par les hôpitaux, des habitants de Port-au-Prince, de Lagos, de Manille ou de Recife posent la même question : « Pourquoi les riches bénéficieraient-ils des soins énergétiques et pas nous ? »

Chapitre 71 — 53e jour — Fascisme métabolique

Des porte-paroles d’États favorables aux pythas évoquent « une opportunité historique à coconstruire », « une couverture médicale complémentaire universelle », « une nouvelle justice réparatrice appliquée à l’ultracrime ».

Un diplomate africain parle d’un « transfert de coût et de vitalité ». Un ministre sud-américain, froidement direct, résume devant ses conseillers :

— Elle nous propose de vider les prisons les plus dangereuses et de soigner gratuitement nos électeurs. C’est monstrueux. Donc politiquement puissant.

L’OMS, prudente jusqu’à l’absurde, publie un communiqué évoquant « une possibilité théorique de médecine énergétique complémentaire dans un cadre strict garantissant le consentement, la non-marchandisation du corps, l’égalité d’accès, l’absence de coercition et la séparation absolue entre politique pénale et protocole de soin ».

Les esprits forts remarquent que cette séparation est précisément ce que Martine vient d’abolir…

En contrepoint, les opposants parlent de « manœuvre vampirique », d’« esclavage énergétique », d’« asservissement du parc humain par des mutants », de « retour du sacrifice humain sous gestion technocratique ».

Les mots fusent : « vampirisme » ; « peine de mort énergétique » ; « médecine cannibale » ; « biopolitique totale » ; « optimisation carcérale » ; « fascisme métabolique ».

Un expert en éthique médicale tranche sur une chaîne publique néerlandaise :

— Cessons d’admirer ces pythagoriciens. Ce ne sont pas des surhommes, mais des malades mentaux atteints de mutatiovampiricus. Des désaxés.

En coulisses, le même expert concède pourtant à une conseillère ministérielle :

— Dès lors que leurs soins fonctionnent vraiment, ce qui semble bien être le cas, aucun système de santé ne pourra les ignorer. Aucun. La seule question est de savoir qui paiera, qui recevra, et qui sera siphonné…


H+ La Trame est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou situations réelles doit être comprise comme un effet de recomposition imaginaire et non une description fondée sur l’existence réelle d’éléments du parc humain.

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Nicolas Roberti

L’auteur

Nicolas Roberti

Nicolas Roberti est passionné par toutes les formes d'expression culturelle. Docteur de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il étudie les interactions entre conceptions spirituelles univoques du monde et pratiques idéologiques totalitaires. Conscient d’une crise dangereuse de la démocratie, il a créé en 2011 le magazine Unidivers, dont il dirige la rédaction, au profit de la nécessaire refondation d’un en-commun démocratique inclusif, solidaire et heureux.