Sa remarquable façade Art Nouveau est reconnaissable dans la capitale. Le Palais de la femme (Paris 11e), dédié à l’accueil et la protection des femmes, fête en 2026 son siècle d’existence. Aujourd’hui, il affirme plus que jamais son rôle de repère, de soutien et de reconstruction, au service d’une société plus juste et inclusive.
Dans un monde en constante évolution, le Palais de la Femme est resté fidèle à sa mission fondatrice de 1926 : offrir un refuge digne, un accompagnement humain et des perspectives d’avenir à celles que la vie a fragilisées. Depuis 100 ans, le Palais de la femme s’adapte aux réalités sociales de notre époque pour répondre aux urgences quotidiennes, sans jamais renoncer à ses valeurs d’accueil, de respect et de solidarité. Depuis 1926, quelque 30 000 femmes ont trouvé refuge au Palais de la femme, à Paris. Les travailleuses venues de province ont peu à peu cédé leur place à des dames en situation de grande précarité.

Histoire du Palais de la femme
Le bâtiment de 13 000 M2, est construit style art nouveau en 1910 pour accueillir des travailleurs célibataires. Il accueille jusqu’à 750 hommes venus de province, venus chercher un emploi. Cependant quatorze ans plus tard, il se vide de ses clients, qui sont envoyés au front.
Après la Première Guerre mondiale, 600 000 veuves de guerre se retrouvent seules en 1918 ; les hommes : les maris, les pères, et les frères sont morts au front. Les femmes montent à Paris pour survivre. Hélas, Paris est souvent juste une promesse, sans garantie et sans adresse…

Le site est transformé en 1926 ; il devient le Palais de la Femme, un centre d’accueil pour femmes en situation de précarité grâce à la militante sociale Blanche Peyron (1867-1933), qui fait campagne pour lever des fonds. Blanche Peyron bénéficie du soutien de la princesse de Polignac, alias Winnaretta Singer (1865-1945), Américaine et héritière des machines à coudre de la célèbre marque Singer ; Blanche Peyron est également aidée par le réseau protestant, et aussi par d’autres donateurs anonymes…


Géré par l’Armée du Salut, le Palais de la Femme propose : des hébergements accessibles sans garant masculin ; une adresse quand la ville rend la femme invisible ; un accompagnement social et des services d’insertion ; et une protection concrète pour les femmes que la République ont oublié. Dès lors, le Palais de la femme accueille des femmes dans des situations de grande précarité, parfois accompagnées d’enfants, le temps de s’en sortir et d’être à nouveau autonomes.
Aujourd’hui, le Palais de la femme est géré par Christophe Piedra, joue encore un rôle essentiel dans la lutte contre l’exclusion et accueille 400 femmes en difficulté, avec ou sans enfants. Mémoire d’un siècle d’engagement social dans un bâtiment magnifique chargé d’histoire, le Palais de la femme est la promesse d’un avenir qui continue d’innover pour répondre aux besoins d’un monde qui change…

Pour embellir la structure, les 90 salariés du Palais de la femme peuvent notamment compter sur l’association Garidell 14, qui propose régulièrement des expositions d’œuvres réalisées par des femmes street artistes. La salle Joséphine Baker était autrefois la salle qui recevait le public ; aujourd’hui, elle est destinée à la location. Dans cette grande pièce surmontée d’une verrière, la faïence, deux vaisseliers et de la vaisselle datent des années 1920, et témoignent de l’histoire du site, comme les pianos, les vitraux, les tableaux et les mosaïques du rez-de-chaussée .

De nos jours, le Palais de la femme s’ouvre sur l’extérieur, une manière de renouer avec une vie normale. La salle de sport, les expositions, dont celle en cours de préparation sur les métiers du personnel du palais, y contribuent. Des associations disposent de créneaux, en échange de quoi elles s’engagent à accueillir des résidentes pendant leurs cours. Le centre d’hébergement d’urgence dispose également d’une crèche mixte de quarante berceaux. Certains sont occupés par des enfants logés sur place, d’autres par des enfants résidant dans le 11e arrondissement.
Les nouveautés du Palais de la femme en 2026
– Un salon de thé éphémère ouvrira ses portes au niveau de l’accueil, du 9 au 29 juin 2026. Le projet prévoit quarante places assises, un service au comptoir et la possibilité d’emporter des pâtisseries. Le service sera assuré par des officiers de l’Armée du Salut. Si le concept marche, l’expérience sera prolongée
– Le Palais de la femme sera ouvert au public à l’occasion des Journées européennes du matrimoine, les 19 et 20 septembre 2026
– D’autres projets sont bien engagés, comme la bande dessinée Blanche, une victorieuse – Naissance d’une armée contre la misère, réalisée gratuitement par l’école des Gobelins. Elle retracera la jeunesse de Blanche Peyron, à l’origine du Palais de la femme. L’album sortira aux éditions Bibli’O, à découvrir à l’occasion des 100 ans du Palais de la femme, en octobre 2026.


– Le Palais de la femme gérera bientôt le foyer de Nazareth, situé dans le 15e arrondissement au numéro 101 de la rue Olivier de Serre.
– L’équipe du Palais de la femme porte également un projet de centre d’hébergement d’urgence à Neuilly-Seine dans les Hauts-de-Seine, au sein de l’enceinte de la congrégation des sœurs hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve. L’ouverture est prévue pour le début du deuxième semestre de 2026. Il disposera d’une soixantaine de places pour des femmes avec enfants…
Infos pratiques
Palais de la femme – 94, rue de Charonne – Paris 11e –
Contact : 01 46 59 30 00
Heures d’ouverture :
Pour les personnes qui travaillent : de 9h à 20h, sinon la résidence est ouverte : une justification de visite vous sera alors demandée à l’accueil.
